Jobet, Gervais, Jean, Louis
Biographie
Né le 30 germinal an IV à Lapenty (Manche). Marchand des quatre-saisons. Après s’être battu toute la journée du 27 juillet, il sortit de son domicile, le 28 juillet entre midi et 13 heures, pour porter secours aux combattants blessés suite à un engagement avec la garde royale sur le pont d’Arcole. Peu d’instants après, il fut blessé d’un coup de feu reçu dans les reins, rue Saint-Pierre-aux-Bœufs. Transporté à son domicile, il mourut peu après, des suites de sa blessure. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Le certificat suivant constatait les circonstances dans lesquelles Jobet avait été blessé : « Nous, soussignés, certifions et attestons qu’il est à notre connaissance que le sieur Gervais, Jean, Louis Jobet, marchand des quatre-saisons, demeurant rue Cocatrix n° 5, atteint d’un coup de feu par un soldat suisse le 28 juillet dernier vers 2 heures de l’après-midi, rue Saint-Pierre-aux-Bœufs et qu’il a expiré aussitôt et en notre présence. Nous certifions en outre qu’il laisse une femme (son épouse) avec trois enfants, dont l’aîné n’a que cinq ans et six mois, et que cette mère infortunée est dans une position des plus malheureuse. » Signé, le 11 août 1830 : Blanchefort (voir ce nom), demeurant 10, rue Cocatrix ; Pouillard, demeurant 3, rue Saint-Pierre-aux-Bœufs ; Carette, demeurant 2, rue Cocatrix ; Renard, fabricant de limes, demeurant 8, rue Cocatrix. Le 11 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Renard, Pierre, fabricant de limes, demeurant 8, rue Cocatrix ; Garnier, Claude, marchand de vin, demeurant 12, rue Cocatrix ; Coullié, Pierre, Marie (voir ce nom), menuisier en bâtiment, demeurant 8, rue Cocatrix ; Jossier, François, Nicolas, carreleur en bâtiment, demeurant 10, rue Cocatrix. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Jobet, Gervais, Jean, Louis, leur voisin, et savoir « que le 29 juillet dernier, entre midi et 1 heure le sieur Jobet est sorti de son domicile pour aller porter des secours aux personnes blessées qui avaient eu un engagement avec la garde royale sur le pont d’Arcole et que peu d’instants après sa sortie, ils ont vu les voisins le rapportant blessé, qu’ils ont de suite été à son domicile pour le voir et qu’en effet ils ont vu qu’il avait été blessé par une balle qui lui avait traversé les reins et lui est restée dans le corps et que, là, en leur présence, il a rendu le dernier soupir ». Il laissait une veuve, Merlin, Jacqueline, Françoise, née le 16 nivôse an III (5 janvier 1795) à Saint-Symphorien (Manche), marchande des quatre-saisons, qu’il avait épousée le 17 décembre 1818 à Saint-Symphorien (Manche) ; sur l’acte de mariage, Jobet, Gervais, Jean, Louis est indiqué comme le fils de feu Jobet, Joseph, François décédé à Lapenty (Manche) le 17 prairial an XII, et de Lagoqué, son épouse ; Merlin, Jacqueline, Françoise est indiquée comme la fille née posthume de feu Merlin, Jean, Philippe, décédé à Saint-Symphorien le 3 mai 1794, et de Leroi, Jacqueline, son épouse. Elle reçut un secours de quatre-vingt-cinq francs et un autre de cent quarante francs en août et un autre (sous le nom de Jobert) de cent dix francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel puis fut pensionnée de cinq cents francs, et trois enfants, qui furent pensionnés : Marie, Françoise, Anne, née le 3 novembre 1824 (par erreur le 4 novembre 1824 in Archives nationales F/1dIII/36 et in Archives nationales F/1dIII/38 B) à Saint-Symphorien, Julie, Françoise, née le 13 février 1827 à Paris, infirme, et qui mourut le 26 septembre 1830, François, Gervais, né le 5 avril 1828 (par erreur le 7 avril 1828 in Archives nationales F/1dIII/36 ; par erreur le 7 avril 1818 in Archives nationales F/1dIII/38 B) à Paris. Le conseil de famille des orphelins était composé de la mère et de Richard, Charles, teinturier en peaux, subrogé-tuteur, demeurant boulevard des Vertus à La Chapelle-Saint-Denis en 1831. Marie, Françoise, Anne fut d’abord confié aux seuls soins de sa mère, marchande et qui paraissait avoir « assez de fortune pour élever convenablement son enfant », puis, à partir du 10 janvier 1883 (parfois mais par erreur du 25 avril 1833), entra dans la pension de Ribes, 18, rue Geoffroy-Lasnier et reçut trois cents francs pour ses frais de trousseau ; la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait au ministre, en date du 2 avril 1833, les circonstances suivantes qui avaient marqué les débuts de l’installation de l’enfant dans la pension : « J’ai l’honneur de vous informer que la nommée Jobet, Marie, Françoise, Anne, orpheline de Juillet du (ancien) IXe arrondissement a été placée, sur la demande de sa mère, chez Mme Ribes, institutrice des orphelines de cet arrondissement. La demoiselle Jobet y est entrée le 10 janvier dernier et y est restée jusqu’au 20 dudit mois. Pendant ce temps, l’orpheline n’a témoigné aucune répugnance pour s’assujettir aux exercices et à l’ordre établi dans la maison. Sorite le dimanche 20 pour permission, mais sous condition de ne pas découcher, elle n’est rentrée que le lundi soir, en donnant des signes d’une violente exaspération ; elle a même simulé des attaques de nerf et a causé une violente émotion à ses compagnes. La mère, témoin de ces faits, a emmené sa fille, l’a gardée chez elle jusqu’à ce jour et s’oppose à ce qu’elle rentre à la pension. La Commission, après avoir entendu la dame Jobet, a cru apercevoir dans sa conduite des marques d’une faiblesse maternelle, à laquelle il pourrait être dangereux de céder. En conséquence, la Commission, considérant que son accession aux désirs de cette dame pourrait compromettre gravement l’avenir de sa fille, a ajourné sa décision jusqu’à la fin du mois de mars dernier, engageant la dame Jobet à employer jusque-là tous ses efforts pour vaincre une résistance qu’il est difficile de croire invincible de la part d’un enfant de huit ans. Comme madame Jobet prétend n’avoir obtenu aucun résultat à l’égard de sa fille, la Commission de mon arrondissement a pensé devoir vous informer de ce qui s’est passé et vous prie de lui faire connaître la marche qu’elle doit suivre dans cette circonstance. » Puis, quelque temps plus tard, la Commission donnait l’appréciation suivante : « […] Paraît beaucoup s’y plaire. J’ai tout lieu de penser que les scènes qui ont eu lieu ne se renouvelleront plus à l’avenir. Les diverses observations que j’ai faites d’accord avec les membres de la Commission municipale de mon arrondissement à la mère de cet enfant ont influé considérablement sur sa conduite. » En 1835-1836, l’enfant y était encore élève. François, Gervais toucha une pension annuelle de sept cents francs à partir de ses huit ans en 1835 et trois cents francs de frais de trousseau en 1836. Cette année-là, les renseignements le concernant le disaient d’un caractère doux mais que son instruction avait été négligée et qu’il ne connaissait pas encore ses lettres. En 1835-1836, il était élève dans la pension de Simonnet. En 1836, la veuve n’avait comme ressources que les cinq cents francs de sa pension de veuve d’un combattant de Juillet et soixante-quinze francs de rente provenant de la souscription nationale. Le nom de Jobet (G.-J.-L. Jobet) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Jobet demeurait 5, rue Cocatrix de 1822 à 1830 ; la veuve, 12, rue de la Vieille-Place-aux-Veaux en 1831 ; 7, rue de Perpignan en 1831 ; 35, rue du Faubourg-Saint-Jacques en 1836. Premier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 28, 29 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 31 (sous le nom de Jobert, Gervais veuve), 32 (sous le nom de Jobert, Jean-L.) ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 76 pour les enfants, p. 95 pour la veuve ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841 ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur l’exécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de l’ordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de l’Etat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 38-39 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831, par la mairie du (ancien) IXe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IXe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelins du (ancien) IXe arrondissement, orphelines du (ancien) IXe arrondissement, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) et état des orphelins de victimes de Juillet dont les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/1dIII/40 (orphelins de Juillet, année 1831, et aussi la même année sous le nom de Jobert, Louise, Julie ; année 1833, IXe arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés ; année 1838 IXe arrondissement ; année 1839 IXe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/48 in dossier Caurière, Jean ; Archives nationales F/1dIII/57 in dossier Grière ; Archives nationales F/1dIII/59 ; Archives nationales F/1dIII/61 in dossier Langlois ; Archives nationales F/1dIII/62 in dossier Lefort, Siagre, Emile ; Archives nationales F/1dIII/70 in dossier Passenaud ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) IXe arrondissement et (ancien) IIIe arrondissement (par négligence de classement) ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IXe arrondissement, veuves et orphelins et aussi Commission des récompenses nationales, état des orphelins de victimes de Juillet, dont il paraît que les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/15/2555, correspondance avec le deuxième bureau, années 1832-1833 et bulletin individuel de Marie-Françoise, Anne ; Archives nationales F/15/2557-2559 dossier (ancien) IXe arrondissement et aussi un état officiel des orphelins (ancien IXe arrondissement) et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 82, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.