Jodot, Henriette, épouse Winkelmans
Biographie
Née à Paris, épouse de Winkelmans, Daniel, tailleur. Elle donna des soins à l’ambulance de la rue Saint-Marc. Elle ne fit aucune demande devant la Commission des récompenses nationales. Elle déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Le 14 septembre 1831, elle adressait la lettre suivante à cette Commission : « Dans le nombre des récompenses que vous avez décernées vous avez reconnu que plusieurs y avaient des droits ; quoique tardivement je vienne me mettre au nombre des personnes de mon sexe qui ont obtenu des décorations, je n’en viens pas moins avec confiance vous mettre sous les yeux les titres qui justifient mes droits à l’obtention d’une décoration. Le certificat ci-joint n’est qu’une preuve bien mince en raison de celles qu’il m’eût été facile de vous fournir mais je serais heureuse que vous fissiez prendre des renseignements dans le quartier que j’habitais lors des événements de Juillet, ils ne vous laisseraient aucun doute sur la conduite que j’ai tenue envers les blessés. » Elle joignait deux certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, déclare qu’ayant combattu dans les journées de juillet 1830, je fus blessé à la cuisse d’une balle venant du 53e de ligne, place des Victoires et de là transporté par ordre de M. Daguerre (voir Daguerre, Jean-Jacques), médecin à l’ambulance de la rue Saint-Marc n° 10, maison de M. There, que je dois mon rétablissement à Mme Henriette Jodot, femme Winkelmans, qu’elle n’a cessé de me prodiguer les soins les plus assidus ainsi qu’à tous les patriotes qui se trouvaient dans ladite maison. C’est pour quoi et sur sa demande que je m’empresse de lui donner le présent certificat, en reconnaissance de ses soins et pour lui servir et valoir ce que de droit. » Signé, le 14 septembre 1831 : Marie, Charles (voir Marie, Charles, Ambroise), décoré de Juillet. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, déclare que Mme Henriette Jodot, femme Winkelmans, marchand tailleur, demeurant à Paris, rue Marsollier n° 11, a, dans les journées de juillet 1830, prodigué aux blessés de l’ambulance de la rue Saint-Marc n° 10, les soins les plus généreux. J’affirme en outre que je suis persuadé que c’est à son extrême sollicitude que le nommé Charles (voir plus haut), menuisier, décoré de Juillet, rue de Gramont n° 10, doit d’avoir conservé la vie. » Signé, le 1er juillet 1831 : Daguerre, J.-J. (voir Daguerre, Jean-Jacques), décoré de Juillet. De la même manière, son mari était porteur de plusieurs certificats attestant la conduite qu’il avait tenue pendant les journées de Juillet. Elle demeurait 11, rue Marsollier, près le théâtre de l’Opéra-Comique en 1831. Archives de la préfecture de police AA 417.