Joffrès, Pierre, Didier

Biographie


Né le 23 mai 1777 (ou 1799 in Archives de Paris VD6 3 et surtout in Archives nationales F/1dIII/39) à Foix (Ariège). Avocat, ayant prêté serment le 16 décembre 1822. La Gazette des tribunaux, en date des 26, 27, 28, 29, 30, 31 juillet et 1er août 1830, relatait ainsi sur sa participation aux combats : « Parmi les combattants, de toutes les conditions se trouvait une foule d’avocats, les uns armés de fusils, les autres de sabres ou de pistolets, et leur présence attestait assez qu’en France, tout citoyen est soldat, quand il s’agit de défendre les libertés publiques. Je voudrais pourvoir nommer ici tous ceux qu’on a rencontrés dans les rassemblements, et qui, par leur courage, par leur activité, par l’énergie de leurs exhortations ont puissamment concouru, soit à remporter la victoire, soit à empêcher qu’elle fût souillée d’aucun excès. Ma mémoire ne saurait y suffire ; mais dès présent je puis citer les noms de […] M. Joffrès. » On trouve cette lettre qu’il adressait, le 31 juillet, à un destinataire dont le nom ne nous est pas parvenu, ainsi rédigée : « Monsieur. Hier, il a été mis une somme de deux mille francs à ma disposition pour le bataillon de volontaires que j’ai rassemblé. Je me suis présenté devant l’Hôtel de ville à midi, ainsi que je vous l’avais annoncé. Mes hommes demandaient des comestibles, je leur en ai fait fournir par M. Duval, place de l’Odéon. Que faire de mes hommes ? Ils demandent des armes, plus de la moitié sont armés. Nous avons rendez-vous place de l’Odéon à 6 heures. J’attends vos ordres. Le commandant du bataillon. » Il signa, le 20 août 1830, mais comme avocat, le certificat suivant en faveur de Petit, Jean-Baptiste : « Nous, élèves de l’Ecole polytechnique, commandant les compagnies des braves citoyens qui, le 29 au matin, se sont formés en colonne sur la place de l’Odéon pour se porter sur la caserne des Suisses rue de Babylone et s’en rendre maîtres, certifions à qui il appartiendra que M. Petit, ancien sous-officier au 12e léger, est un des citoyens qui avec sa troupe occupaient déjà le Louvre et les Tuileries au moment où nous y arrivâmes ; que c’est d’après son zèle et au milieu du péril que nous avons fait cesser le feu qui déjà se dirigeait sur le château, ignorant entièrement que nos frères de la journée du 29 nous y avaient précédés. Certifions en outre que M. Petit depuis le 29 au soir jusqu’au jour de la transfération de l’état-major général la rue du Mont-Blanc, n’a cessé s’y soutenir sa constance patriotique pour le triomphe de la cause de la liberté et de l’ordre public. » Parmi les pièces que Floriot, Pierre, Nicolas, Marie joignait, à l’exposé de sa propre conduite pendant les combats de Juillet, se trouvait un extrait d’un ouvrage intitulé Les Braves recommandés à la postérité, publié dans les premiers jours d’août 1830 (pas trouvé sur internet) et qui reprenait la participation de plusieurs avocats, dont Joffrès : « Toutes les classes de citoyens se sont distinguées dans les trois immortelles journées de Juillet. Le barreau, peu familiarisé avec l’art de la guerre, a fourni ses héros. Parmi les avocats qui se sont distingués, la notoriété publique signale MM. Guinard et Boinvilliers à l’attaque du Louvre, Joffrès à la caserne de Babylone, Petitjean, qui, le premier, a arboré le drapeau tricolore sur les tours Notre-Dame, Floriot au pont d’Arcole et à la Grève, Delair à la place de la Bourse et plusieurs autres dont les noms nous échappent et qui feront l’objet de notices supplémentaires. » Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement (sous le nom de Joffris, Pierre, Didier sur les listes du Moniteur universel). Il délivra le certificat suivant en faveur de Defry, Alexandre, Raoul (voir ce nom) : « Je certifie avoir vu M. Defry sous les armes dans les journées de Juillet et qu’il a pris une part active à notre glorieuse révolution. » Il signa le certificat suivant en faveur de Seguin, Onésime, Edouard : « Nous, soussignés, certifions que M. Onésime, Edouard Seguin (de Clamecy, département de la Nièvre) élève de rhétorique au collège Saint-Louis, a combattu pour la liberté pendant les belles journées du 28 et 29 juillet 1830, notamment à la Grève et à la caserne des Suisses rue de Babylone, et qu’il a, jusqu’au parfait rétablissement de l’ordre, contribué, par un service non interrompu comme garde national, à organiser la victoire. » Il fut cité comme pouvant donner des preuves de la participation de Cousinard, Eugène (voir ce nom) aux combats de Juillet. Il signa, le 11 août 1831, le certificat suivant en faveur de Rouot de Marange, Louis, Jean et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je, soussigné, certifie que le sieur Rouot de Marange était du nombre des citoyens qui le 29 juillet 1830 s’attelèrent à la pièce de canon que j’avais conduite sur la place de l’Odéon ; qu’il vint avec nous à l’attaque de la caserne de Babylone, où il se conduisit en brave. Je dois ajouter que dans le trajet il fut renversé par le contrecoup du timon de la pièce, en lui faisant franchir une barricade. » Il prêta, le 27 mai 1831, son serment de décoré de la Croix de Juillet, nécessaire pour pouvoir retirer cette dernière ainsi que le brevet qui l’accompagnait, à la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Joffrès reçut, comme décoré de la Croix de Juillet, non blessé, la somme de vingt-cinq francs auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution. Il fit partie des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIe arrondissement, choisis pour composer la délégation de décorés présente à la cérémonie d’inauguration de la colonne de la Bastille. Il apostilla, comme un des vice-présidents du club des décorés de Juillet, la demande présentée, le 20 juin 1848 auprès de la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, par Séonnet, Fulbert, pour obtenir un emploi dans une des propriétés nationales. Il demeurait 75, rue Saint-André-des-Arts en 1829-1831 ; 29, rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois en 1835. La Gazette des tribunaux, 26, 27, 28, 29, 30, 31 juillet et 1er août 1830 ; Tableau dramatique de la justice au XIXe siècle, tome Ier, chez Surcy et Camus, Paris, 1847, p. 236 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Tableau des avocats à la cour royale de Paris, chez Mme Ve Delaguette, imprimeur de l’ordre des avocats, 22, rue Saint-Merry, Paris, 1829, p. 38 ; Almanach des 25000 adresses des principaux habitants de Paris pour lannée 1835, contenant les noms et demeures de tout ce que Paris renferme de personnes distinguées par leur rang ou par leurs fonctions… 21e édition, Dulac, Paris, chez Panckoucke éditeurs ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 91 in dossier Seguin, Onésime, Edouard ; Archives de Paris VD6 631 n° 1, mairie du (ancien) XIe arrondissement, état nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet non blessés, auxquels il a été payé une gratification de vingt-cinq francs, idem dossier Defry, Alexandre, Raoul ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, liste des décorés de la Croix de Juillet dans le (ancien) XIe arrondissement qui ont prêté le serment prescrit par l’ordonnance, députation de la Bastille, idem cahier vert des prestations de serment ; Archives de Paris VK3 19, Mairie du (ancien) XIe arrondissement de Paris, état des citoyens décorés de la Croix de Juillet non blessés auxquels il a été payé une gratification de vingt-cinq francs ; Archives de Paris VK3 29, séance du 14 avril 1831 le billet au sujet de Cousinard, Eugène ; Archives de Paris NAms 153 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/71 in dossier Petit, Jean-Baptiste ; Archives nationales F/1dIII/75 in dossier Séonnet, Fulbert ; Archives nationales F/1dIII/88 in dossier Floriot, Pierre, Nicolas, Marie ; Archives de la préfecture de police AA 412 in dossier Rouot de Marange, Louis, Jean.

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