Jollivet, François

Biographie


Il sollicita un grade de sous-lieutenant dans l’infanterie, alors que, depuis quatre ans, il était officier auxiliaire dans la Marine. « Au moment où on y connut les ordonnances, mille cinq cents citoyens se réunirent et se présentèrent devant l’arsenal afin de l’enlever et d’y saisir les armes. François Jollivet était aux premiers rangs. Des troubles avaient éclaté à Vitré et à Redon, et il y fut envoyé avec un détachement pour comprimer les efforts des carlistes. Un général manquait aux citoyens armés, Jollivet alla chercher dès le 29 juillet, à quinze lieues de Rennes, au centre de la chouannerie, le général Bigarré, qui, la nuit, à la tête du mouvement, détermina la garnison à se soumettre et empêcha l’effusion du sang. » Le député de l’Ille-et-Vilaine Bernard de Rennes apostilla la demande, jugeant Jollivet « digne, sous tous les rapports, et par sa conduite et par son courage, d’obtenir la faveur qui est réclamée pour lui ». Dans sa réunion du 9 décembre 1831, la commission décida, après délibération, qu’à Rennes « les constitutionnels, en très grand nombre tinrent une conduite également noble et honorable, qu’ils organisèrent une subite résistance, qu’ils étaient prêts à combattre pour la soutenir mais que les circonstances n’ont pas exigé ce combat de leur résolution, que signaler honorablement quelques citoyens en particulier ne paraît pas chose convenable lorsqu’en si grand nombre ils ont rivalisé de dévouement et de courage » et qu’il n’y avait pas lieu de décerner de récompense nationale dans le département d’Ille-et-Vilaine. Il signa le certificat suivant en faveur de Langallier, Henry : « A été un des premiers comme étranger, dans la journée du 31 juillet, à s’enrôler dans les rangs de la garde nationale où il faisait partie de la 3e compagnie de cette garde établie à Rennes pour la défense de la patrie. Le 1er août, il s’est emparé du courrier pour connaître le résultat des dépêches dont il était porteur. Le 2 du même mois, il a planté, le premier, l’étendard national à 8 heures du matin à l’hôtel du Commerce de cette ville et l’a gardé les armes à la main à la porte du susdit hôtel. Le même jour, l’étendard ne flottait pas au palais, il est allé avec M. Rob, habitant de cette ville, le planter sur le monument de cette dite place. Il a arrêté à 8 heures et demie avec M. Besnard, sergent major de la 3e compagnie de ladite garde nationale, un gendarme porteur de dépêches à l’adresse de M. le préfet. Il a été conduit par ces mêmes personnes au poste du palais à M. Marets, capitaine-commandant ledit poste. Dans la même soirée, il a également arrêté un individu porteur de pistolets armés, lequel individu a déclaré qu’il devait se servir de ces dites armes contre les Français. A l’instant même, M. Langallier d’accord avec monsieur Roussel et Obissacq, tous deux habitants de cette ville, se sont emparés de l’individu, l’ont désarmé et conduit au poste du palais, où il fut visité. Après quoi on trouva sur lui un paquet de cartouches. Le 3 août ledit sieur Langallier, d’accord avec plusieurs habitants de cette ville et des voyageurs de commerce, ont fait faire un étendard national avec l’intention de le placer sur hôtel de la préfecture. N’ayant pu exécuter leur projet, tel qu’ils le désiraient, ils sont allés le déposer entre les mains de M. Moliets officier de la garde nationale, qui se trouvait de service et qui le lendemain le rendit à ses messieurs. D’après la demande qui leur a été faite de ce dépôt sacré par les sous-officiers du 32e régiment d’infanterie de ligne en garnison dans cette place et d’après le serment qu’ils leur ont fait de le défendre jusqu’à la dernière goutte de leur sang, le sieur Langallier, conjointement avec les défenseurs de nos libertés et comme ancien militaire, l’a remis entre les mains du plus ancien sous-officier de ce dit régiment avec les honneurs militaires et, lui à leur tête, accompagné de ses compatriotes, l’ont conduit à leur caserne, après les protestations d’amitié et de patriotisme, l’ont planté sur la porte d’entrée, en leur renouvelant le serment qui leur avait été déjà fait de le défendre comme étant le plus bel apanage de nos libertés. Après avoir fait battre un ban, les gardes nationaux qui l’ont accompagné ainsi que les sous-officiers se sont séparés et promis une union éternelle. » Il était le frère du député Thomas, Marie, Adolphe Jollivet. Il demeurait à Rennes en 1830. Archives nationales F/1dIII/79, dossier Ille-et-Vilaine.

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