Jouet, Jules, Marie, François

Biographie


Né le 12 floréal an V (bien le 12 floréal an V dans son acte de naissance ; mais par erreur le 13 floréal an V in Archives nationales F/1dIII/34) (1er mai 1797) à Mer (Loir-et-Cher), fils de Jouet, Charles, Julien, receveur de la Régie nationale à Mer, et de Motte, Anne, son épouse. Ancien sous-officier, ancien aide garde-magasin comptable dans les subsistances militaires en Catalogne (aux émoluments de deux mille francs) jusqu’en 1824, devenu écrivain (matelassier dans le rapport de Sensier, tailleur sur les listes du Constitutionnel mais bien écrivain in Archives nationales F/1dIII/34). Il fut blessé, le 29 juillet, de plusieurs contusions à la jambe, à l’épaule droite et aux reins, par un obusier qu’il venait de prendre rue Saint-Honoré près la rue de l’Echelle, et qui lui versa dessus lorsque les combattants qui l’avaient rejoints voulurent le transporter dans la rue de Richelieu. Il fut soigné par le docteur Piron Sampigny, qui lui délivra le certificat suivant : « Je, soussigné, docteur en médecine, ancien médecin ordinaires des camps et armées, médecin du bureau de charité du (ancien) IIe arrondissement, chevalier de la Légion d’honneur, certifie que M. Jouet, Jules, Marie, François, âgé de trente-quatre ans, matelassier, demeurant rue Rochechouart n° 14, a eu tout le dos contus avec excoriations et ecchymoses ainsi que les jambes, que les contusions du dos et de la jambe gauche se sont assez promptement dissipées mais que la jambe droite ayant été plus violemment froissée il s’y est formé à la partie antérieure illisible un abcès considérable avec escarre de la partie de la peau contuse, que cet abcès ouvert a laissé une plaie avec perte de substance, plaie qui suppure maintenant et dont la cicatrisation se fera encore attendre je présume quinze à vingt jours au moins. Cet accident a eu lieu, au rapport du malade, le 29 juillet dernier rue Saint-Honoré ; à l’instant où ce blessé cherchait à s’emparer d’un obusier, il fut renversé par l’affût et tout l’appareil de la machine roula sur son corps. » Signé, le 18 août 1830 : Piron-Sampigny, J. Sa famille reçut un secours de quatre-vingts francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il sollicita un emploi d’inspecteur de la salubrité publique, de garde général forestier, d’inspecteur de police ou de préposé dans la douane (partie dans laquelle il avait déjà servi au Havre) de Paris. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier était ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions et attestons véritable que le sieur Jouet […] a montré le zèle le plus actif dans les journées des 27, 28 et 29 juillet dernier pour la défense de nos libertés soit en coopérant aux barricades soit par son intrépidité à l’attaque et prise du Louvre le 29 ; qu’il s’est trouvé rue Saint-Honoré, où il s’est emparé le premier d’un obusier, que, pour sauver et conserver cette pièce, il l’a traînée avec plusieurs de ses concitoyens rue de Richelieu, où par le trop de précipitation et le danger imminent où il se trouvait il fut bousculé et renversé sous l’affût qui lui passa sur les deux jambes et sur les reins ; qu’il fut transféré dans une maison rue de Richelieu, d’où on le transporta à son domicile, où il a reçu les soins du docteur Piron Sampigny ; que ce blessé est encore alité et qu’il lui est impossible de se livrer à aucun travail vu la plaie qui existe sur la jambe droite. » Signé le 7 septembre 1830 : Rogge, Augustin ; Parpalex ; femme Lefevre ; femme Lefort. Le deuxième était ainsi rédigé : « J’atteste que le sieur Jouet, J. M. F., s’est employé aux barricades du faubourg Montmartre dans la matinée du 29 juillet. » Signé : Bourgeron. Guillot, J. M., demeurant 1, rue de la Tour-d’Auvergne, attesta l’avoir vu « porté par quatre hommes sur un brancard […] venant de la rue de Richelieu ». Noillet, demeurant 12, rue de Richelieu, certifia avoir vu Jouet « renversé sous l’obusier qui lui a passé sur le corps, en face de ma maison, rue Richelieu, n° 12, au moment où il traînait cette pièce ». Couet, qui demeurait dans la même maison que Jouet certifia qu’il l’avait vu « rapporté chez lui sur un brancard, dans un état de souffrances extraordinaires » et certifia de plus que depuis qu’il était dans cette maison, il lui avait toujours connu une bonne conduite. Un certificat attestant qu’il s’était toujours bien comporté lui fut délivré par le commissaire de police, sur l’attestation de Mahuel, Jean, Auguste, boulanger, demeurant 7, rue Coquenard, et Proule, Hippolyte, traiteur, demeurant 9, rue Coquenard. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Son dossier est annoté de l’observation suivante : « Jouet s’est distingué particulièrement dans la rue de Richelieu et rue Saint-Honoré, où il se trouvait parmi ceux qui ont pris la pièce de canon. Il fut blessé grièvement par la roue de cette pièce, ayant été renversé par des individus qui cherchaient à monter dessus. C’est un jeune homme plein d’intelligence, qui serait placé très bien comme garde forestier. Il sait parfaitement lire et écrire. » Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 20 janvier 1831, la conclusion suivante : « A été atteint dans les journées de Juillet de blessures par contusions à plusieurs parties du corps et notamment à la partie antérieure et inférieure de la jambe droite, à l’épaule du même côté, cicatrisées sans difficultés et sans douleurs dans les mouvements. » Il fut admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés et reçut une indemnité de six cents francs versés sur deux ans (son dossier est marqué comme blessé de la 1re classe, donc indemnité de trois cents francs sur un an, il est pourtant bien dans la 2e classe sur le Bulletin des lois et sur la couverture de son dossier aux AN et sur les listes in Archives nationales F/1dIII/34) (sur la comptabilité de la Commission du [ancien] IIe arrondissement, il est indiqué comme ayant reçu deux cent soixante-quinze francs de la Commission de la mairie du [ancien] IIIe arrondissement). Il reçut (sous le nom de Jonet, Marie, François, Jules), à titre de blessé de la 2e catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il avait apostillé, le 7 septembre 1830, ainsi une lettre de Mezerette, René, François, pour constater sa conduite pendant les combats de Juillet : « Je, soussigné, atteste véritable que le sieur Mezette (sic) s’est trouvé à la prise du Louvre le 29 juillet, qu’il a fait preuve de courage et qu’il failli succomber, s’étant exposé plusieurs fois. » Il signa, le 25 août 1830, le certificat suivant en faveur de Biourd, Etienne, François, Victor : « Nous, soussignés, citoyens habitants de Paris, certifions et attestons qu’il est à notre connaissance que le sieur Billour, François, Victor, Etienne (sic), […] s’est bien conduit dans les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, qu’il a combattu pendant ces trois jours dans les rangs du peuple et que son dévouement pour la cause nationale est manifeste. » Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé, puis 6, rue Dalayrac. Il demeurait 14, rue Rochechouart en 1830-1831 (par erreur 14, rue Coquenard dans le rapport de Sensier). Premier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 28 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 31 ; Rapport de M. Sensier, ancien notaire, commissaire du IIe arrondissement chargé de constater le nombre des victimes et les faits mémorables des glorieuses journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, Paris, imprimerie de Ambr. Firmin Didot, 24, rue Jacob, 1830, p. 22, 33 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du IIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 69 (sous le nom de Jonet, Marie, François, Jules) ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 13 novembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement et par la caisse municipale, pendant le mois de novembre ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/44 in dossier Biourd ; Archives nationales F/1dIII/59 ; Archives nationales F/1dIII/66 in dossier Ménard ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IIe arrondissement, blessés de 2e classe 2e catégorie (sous le nom de Jonet, Marie, François, Jules) ; Archives de la préfecture de police AA 395 ; Archives de la préfecture de police AA 402 in dossier Mezerette, René, François.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.