Jouffroit, Charles, Aimé
Biographie
Né le 25 novembre 1803 (mais le 24 novembre 1803 une fois sur deux in Archives nationales F/1dIII/36, in Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension et in Tableau général et alphabétique des pensions inscrites) à Paris (ancien) VIe arrondissement. Horloger. Il reçut deux blessures par arme à feu, à l’avant-bras droit et à la cuisse, le 28 juillet place de l’Hôtel de ville. Il était porteur du certificat médical suivant : « Je, soussigné, docteur médecin et chirurgien militaire, atteste que depuis le 29 juillet dernier je donne des soins à M. Jouffroit, horloger, demeurant rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie n° 2. Cet homme m’a dit avoir été blessé la veille en combattant à la place de l’Hôtel de ville ; un pansement provisoire avait été fait. Cet homme a été atteint par une balle de la partie supérieure et interne de la cuisse droite à la partie postérieure et externe du même membre. Enfin, la même balle a traversé la face dorsale de l’avant-bras droit à son insertion avec le carpe. Les téguments et peut-être le ligament annulaire de l’articulation ont été lésés. Jusqu’au 10 août, l’état du malade était assez satisfaisant mais depuis ce jour de nouveaux accidents inflammatoires sont survenus. Il est probable cependant que ces accidents ne seront pas de longue durée et que la guérison ne sera retardée que de quelques jours. Je crois important de dire que le malade ne pourra de longtemps encore reprendre ses occupations. » Signé, le 12 août 1830 : Jermont, médecin, demeurant 45, rue Vieille-du-Temple. Marié, père de famille, sa mère à charge, il reçut (sous le nom de Joufroy) un secours de cent trente francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 28 avril 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, de blessures par arme à feu et la même balle à l’avant-bras et à la cuisse du côté droit ; celle de la main de sa partie externe vers la face postérieure du poignet, en traversant l’extrémité inférieure du radius, celle de la cuisse, de sa partie supérieure et interne vers sa partie externe ; blessures guéries mais avec des difficultés et des douleurs qui ont entraîné une incapacité durable mais incomplète, ce qui doit le faire ranger dans la 3e classe des blessés. » Il fut admis dans la 3e classe des blessés et pensionné de trois cents francs (sous les prénoms de Charles, René sur les listes du Moniteur universel). Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé, puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet et une place. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, propriétaires, marchands et bourgeois domiciliés à Paris, attestons pour rendre hommage à la vérité, connaître parfaitement le sieur Charles, Aimé Jouffroit, horloger, demeurant rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie n° 2. Il a été, le 28 juillet dernier, entre 10 et 11 heures du matin à la place de l’Hôtel-de-Ville, où l’un de nous (M. Etienne) l’a vu armé d’un sabre seulement à la main commander une vingtaine de braves avec lesquels ils s’emparèrent du poste de l’Hôtel-de-Ville et firent ôter le drapeau blanc. De là, le sieur Jouffroit se rendit à l’église Saint-Gervais ; il y sonna le tocsin partie du manuscrit abîmée en laissant un de nous. partie du manuscrit abîmée [il était alors avec Paut, N.D.A.] accompagné toujours des volontaires ils désarmèrent le poste du marché Saint-Jean, occupé par la troupe de ligne. De là, il se rendit à la neuvième mairie ; il y trouva M. Cagé (voir sans doute Cagé, François, Emmanuel), officier de la garde nationale, l’un de nous, qui a engagé le tambour Férandier aîné à battre le rappel depuis la rue de Jouy jusqu’aux Célestins et de cette caserne à la mairie, en descendant par la rue Saint-Antoine, où M. Cagé est resté et d’où le sieur Jouffroit est allé rue Pavée au Marais pour engager M. Patry, l’un de nous, à laisser venir ses ouvriers, ce qui n’a pas eu lieu. Le sieur Jouffroit, à 5 heures du soir, a rejoint sa demeure ; il a voulu au-devant de la maison construire une barricade ; les voisins s’y étant opposés, en présence de MM. Lassenay, et Dulud, l’un de nous, il en est reparti et gagna la rue de la Mortellerie, où il fut atteint de deux coups de feu, vers 7 heures du soir. Enfin, que le sieur Jouffroit a été relevé et conduit chez l’un de nous, M. Dubrujeaud, susdite rue de la Mortellerie, où il y a resté jusqu’au lendemain et d’où il fut transporté à son domicile. En foi de quoi, nous lui avons délivré avec plaisir le présent certificat, tant pour lui marquer notre estime que pour lui servir et valoir ce qu’il appartiendra. » Signé, le 25 février 1831 : Etienne, demeurant 15, rue Pavée ; Patry, demeurant 15, rue Pavée ; Cagé (voir sans doute Cagé, François, Emmanuel), lieutenant de chasseurs à la 1re compagnie du 2e bataillon de la IXe légion de la garde nationale, qui ajoutait Je puis rendre hommage à la vérité de l’action du rappel battu par Férendier aîné tambour ; moi j’étais à la tête des cinq ou six hommes dont M. Jouffroit était avec son sabre il était midi le 28 juillet 1830 ; Paut ; Lassenay, marchand de vins, demeurant 37, rue Vieille-du-Temple ; Dulud, marchand boucher, demeurant 38, rue Vieille-du-Temple ; Mansais (voir Mansais, Jean-François), capitaine en second des voltigeurs de la VIIe légion de la garde nationale, demeurant 44, rue Vieille-du-Temple ; Jermond, médecin, demeurant rue Vieille-du-Temple, qui certifiait l’avoir soigné jusqu’à la cicatrisation complète de ses blessures. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le nommé Charles, Aimé Jouffroit, horloger, a été blessé en face de chez moi à 6 heures et demie du soir. On l’a monté chez moi. Je lui ai donné les soins nécessaires pendant l’espace de treize heures. J’ai prêté la main pour le transporter chez lui, le matin à 7 heures, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie n° 2. » Signé le 7 avril 1831 : Dubrujeaud, logeur, demeurant 130, rue de la Mortellerie. Il déposa un brevet d’invention, le 22 mai 1858, à la préfecture de la Seine, pour des perfectionnements dans la construction des cadrans d’horloge. Il demeurait 2, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie en 1830-1831. Premier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 29 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 31 (sous le seul nom de Jouffroy) ; Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 77 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août (une fois sous le nom de Jouffroit, Charles, Aimé, une autre fois sous celui de Jouffroy, Charles, Aimé) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/59 ; Archives nationales F/1dIII/82, un état imprimé comprenant les noms et les secours ou pensions distribués aux veuves, orphelins, ascendants ou blessés du seul (ancien) VIIe arrondissement, p. 8-9 état des pensionnaires et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIe arrondissement, blessés de 3e classe (sous le nom de Jouffroy, Charles, Aimé) ; Archives de la préfecture de police AA 395 (aussi sous le nom de Jouffroy, Charles, Aimé) ; Bulletin des lois n° 785, IXe série, tome XV, Paris, Imprimerie impériale, 1860, p. 314.