Jouvente, Jean

Biographie


Né le 27 avril 1807 à Anglards-de-Salers (Cantal). Porteur d’eau. Il fut grièvement blessé d’un coup de biscayen reçu dans le genou gauche, alors qu’il combattait le 28 juillet rue du Temple. Amputé au niveau de la cuisse, il mourut des suites de sa blessure le 9 août à l’hôpital Saint-Louis. Le docteur Lemaistre, Florian (voir ce nom), dans une note envoyée au maire concernant plusieurs blessés qu’il avait soignés depuis le 27 juillet, donnait les renseignements suivants le concernant : « A été blessé sous mes yeux, dans la rue du Temple, d’un coup de mitraille à la cuisse gauche. Sur l’instant même. J’ai concouru, avec un confrère, à lui donner les premiers soins, à l’hôtel Boufflers, enclos du Temple. Depuis, il a été transporté à Saint-Louis et amputé dans la salle Saint-Augustin. » Son frère, Pierre, reçut un secours de francs, le 16 août, un secours de dix-huit francs, le 14 septembre, à la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Le 1er mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIe arrondissement, comparurent : Dessmont, Pierre, porteur d’eau, demeurant 6, rue Aumaire ; Jouvente, Antoine, porteur d’eau, demeurant 3, rue Frépillon ; Baduel, Jean, charbonnier, demeurant 10, rue du Petit-Thouars. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Jouvente, Jean et l’avoir « vu le 28 juillet dernier, rue du Temple, combattant contre les ennemis de la liberté et qu’il a reçu un coup de biscayen au genou, lequel lui a causé la mort au bout de treize jours ». Il était célibataire. Il laissait des parents : les époux Jouvente, Pierre, Pignolet, né le 7 août 1774 à Anglard (Cantal), et Rondil, Françoise, née le 3 mai 1778 à Anglard. Un certificat médical, signé du docteur Baduel, médecin en chef de l’hôpital civil et militaire de Saint-Flour, attestait que Jouvente, Pierre était « atteint depuis de longues années de douleurs rhumatismales dues aux travaux, aux intempéries des saisons auxquels ledit Jouvente s’est livré dans les voyages annuels entrepris hors du pays pour gagner sa vie, douleurs qui parcourent successivement toutes les parties du corps et se portent principalement à la poitrine et à l’estomac, douleurs souvent compliquées d’une tumeur goutteuse qui fixée sur l’estomac a fait craindre plusieurs fois pour ses jours. Les accidents sont tellement graves qu’ils mettent Jouvente hors d’état de pouvoir travailler et ont tellement altéré sa santé qu’il paraît déjà avoir atteint une vieillesse prématurée. Nous estimons en conséquence que Pierre Jouvente est hors d’état de pouvoir se livrer à ses travaux agricoles et que la privation de son fils, tué dans les journées de Juillet, lui devient par-là très pénible ». Un certificat médical, signé du même docteur Baduel, attestait que Rondil, Françoise était « atteinte d’une diathèse scorbutique qui prive souvent ladite Jouvente de l’usage de ses membres, par suite de douleurs ostéocopes contusives qu’elle éprouve. Cette diathèse s’est également portée sur la bouche, a détruit une partie de la dentition par suite de fluxion sur cette partie. La santé de cette femme a été gravement altérée en outre par l’obligation où elle a été de nourrir une nombreuse famille et par le travail auquel elle a été obligée de se livrer pour aider son mari et le remplacer dans ses absences annuelles loin du pays, absences de neuf mois, pendant lequel temps la femme Jouvente était obligée de faire tous les travaux agricoles et de se livrer aux soins de son ménage. Ce qui fait que ladite femme a été épuisée par ses travaux et se trouve dans un état qui ne lui permet plus le travail qui serait encore indispensable pour le soutien de son mari infirme ». Les parents furent pensionnés de deux cents francs. Les parents s’étaient mariés le 14 pluviôse an XII à Anglard ; sur l’acte de mariage, Jouvente, Pierre est indiqué comme le fils de feu Jouvente, Jean, cultivateur, et de Douce, Simone ; Rondil, Françoise est indiquée comme fille de Rondil, Pierre et de feue Esbrat, Jeanne. Jouvente, Jean demeurait 24, rue aux Ours, chez Jouve, Jean, porteur d’eau ; Son frère, Pierre, aussi 24, rue aux Ours en 1831 ; ses parents, à Anglard en 1831. Le nom de Jouvente (J. Jouvente) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 77 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, II, état de blessés, registre des différents hôpitaux où ont été soignés les blessés et aussi Note exposant les noms des blessés soignés par le docteur Lemaistre, Florian, depuis le 27 juillet 1830 (24 blessés) (sous le nom de Jouvient), idem Etat nominatif des père et mère des citoyens tués en juillet 1830 au-dessus de soixante ans, idem même référence III, Enregistrement des bons délivrés par MM. les membres de la Commission des blessés, contenant autorisation de délivrer des secours aux veuves, orphelins et blessés, sur le fonds de dix mille francs reçu à cet effet de la préfecture par M. Caius, maire du (ancien) VIe arrondissement et sur les souscriptions déposées entre les mains de M. Grondard, trésorier, idem même référence V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Compte général des dépenses de la Commission des récompenses nationales du 7 octobre 1830 au 31 octobre 1831 (ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/33 Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien VIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/59 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIe arrondissement, ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 82, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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