Jouvenel, Arnauld, Victor, Menin

Biographie


Né vers 1771. Professeur d’escrime et maître d’écriture (mais journalier in Archives nationales F/1dIII/82 dans létat imprimé, peu fiable). Il fut renversé à terre par une décharge d’arme à feu reçue dans la jambe droite puis foulé aux sabots des chevaux, le 28 juillet sur le boulevard du Temple. Des certificats médicaux successifs constatèrent l’aggravation de son état de santé. Le premier certificat médical, ainsi rédigé : « Je, soussigné, docteur en médecine, certifie avoir visité le 28 juillet dernier, M. Victor Jouvenel, âgé de cinquante-neuf ans, demeurant rue du Temple n° 26. Il me dit avoir été renversé par une charge de cavalerie et avoir été foulé aux pieds des chevaux. Je le trouvais les cuisses et les jambes couvertes de contusions, plusieurs égratignures à ces parties et une plaie à la jambe droite résultant d’un coup de pied de cheval. Les mouvements de cette jambe étaient impossibles. Je lui pratiquais les soins nécessaires et aujourd’hui, 11 août, la plaie n’est pas encore fermée et les mouvements du membre droit, quoique moins gênés, ne permettent pas encore au malade de quitter le lit. » Signé, le 11 août 1830 : Audibert, médecin, demeurant 38, rue Michel-le-Comte. Le 17 août suivant le docteur Audibert précisait : « Aujourd’hui 17 août, M. Jouvenel ne peut encore rester sur son séant et à plus forte raison quitter le lit, vu la force des contusions. Cet état peut durer encore assez longtemps. » Le 24 août suivant le docteur Audibert, en reprenant les constatations de son certificat du 11 août, rajoutait : « […] Aujourd’hui, 24 août, le malade éprouve de grandes douleurs dans la cuisse et la jambe droite et les mouvements de cette partie, quoique moins gênés ne permettront pas de longtemps au malade de quitter le lit. » Ce dernier certificat était revêtu des signatures de : Nodiot ; Lemoine ; Langlois ; Duval, propriétaire, demeurant 26-28, rue du Temple ; Pierre ; Cotteret ; Gex ; Lebrun ; Bargibant ; Bertrand ; Lesieur, capitaine de la IXe légion ; Godeby ; Weber. Le 17 septembre, toujours du docteur Audibert : « L’articulation de la hanche droite du sieur Jouvenel est toujours dans le même état. De plus il s’est déclaré aujourd’hui et hier un vomissement de sang abondant, qui nécessitera peut-être l’emploi d’une saignée. » Le 27 septembre, le même docteur Audibert faisait les constatations suivantes : « L’état de la cuisse est toujours le même. Il est survenu, il y a quelques jours, une hémorragie de poitrine extrêmement abondante, qui a mis le malade à deux doigts de sa perte et qui n’a cédé qu’à trois saignées très abondantes ; hémorragies probablement le résultat d’une des fortes contusions qu’il avait reçues sur tout le corps le 28 juillet lorsqu’il avait été renversé par les chevaux des gendarmes. » Et le 19 octobre : « Le malade a toujours la fièvre et une diarrhée qui ne le quitte pas depuis un mois. La cuisse va un peu mieux mais le malade est dans un état de faiblesse qui ne lui permet pas de quitter le lit. » Le 29 novembre : « L’état de santé de M. Jouvenel continue à n’être pas satisfaisant. La cuisse et la jambe droite sont le siège d’un œdème considérable qui occupe aussi la main et le poignet droit. Les douleurs du membre droit, qui avaient cessé, ont reparu avec plus de violence. La diarrhée est toujours continue, ainsi que la fièvre, et le malade ne peut supporter aucun aliment. Dans cet état, résultant évidemment des blessures qu’il a reçues le 29 juillet dernier, je pense que les secours destinés au soulagement des blessés ne doivent pas encore lui être retirés ; d’ailleurs les ressources du malade ne lui permettent nullement d’employer les moyens curatifs nécessaires. » Signé, le 29 novembre 1830 : Audibert, médecin. Il mourut des suites de ses blessures le 29 décembre suivant. Il fut enterré au cimetière du Père-Lachaise. Il avait reçu un secours de soixante-dix francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Le 9 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIe arrondissement, comparurent : Mausais, Jean-François, administrateur du bureau de charité du (ancien) VIIe arrondissement, demeurant 44, rue Vieille-du-Temple ; Duval, Jean, Charles, propriétaire, demeurant 26, rue du Temple. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Jouvenel, Arnauld, Victor, Menin et savoir qu’il « a été blessé d’un coup de fusil à la jambe droite, le 28 juillet dernier sur les 11 heures, sur le boulevard du Temple ; qu’il fut transporté à son domicile sur les midi sur un brancard par quatre personnes ; que depuis ce jour jusqu’au 29 décembre dernier, jour de son décès, il a constamment gardé le lit ». Il laissait une veuve, Eloy, Marie, Catherine, Rosalie, née le 26 juin 1777 à Abbeville (Somme), fille de Eloy, Jacques, Philippe et de Devaux, Marie, Marguerite, Catherine, couturière, veuve en premières noces de Moulin, Jacques, sans enfant, qui dégagea divers objets du mont-de-piété pour une somme totale de cinquante-cinq francs en 1831. Elle fut par la suite pensionnée (sous le nom de Eloi, Marie, Catherine sur les listes du Bulletin des lois). Le 24 juillet 1840, les restes de Jouvenel (sous le nom de Journel, Harnault, Victor, Menir dans le procès-verbal dexhumation in Archives de la préfecture de police AA 420) furent exhumés du terrain situé au cimetière du Père-Lachaise, où ils avaient été placés, puis renfermés avec ceux de quatre-vingt-sept autres victimes dans quatre sarcophages, afin d’être transférés dans le caveau prévu à cet effet sous la colonne de Juillet, construite place de la Bastille, pour honorer la mémoire de tous ceux qui moururent en combattant pour les libertés publiques. Jouvenel, Arnauld demeurait 26, rue du Temple ; sa veuve toujours à la même adresse en 1831. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 53 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) ; Archives nationales F/1dIII/59 ; Archives nationales F/1dIII/82, un état imprimé comprenant les noms et les secours ou pensions distribués aux veuves, orphelins, ascendants ou blessés du seul (ancien) VIIe arrondissement p. 2-3 état des veuves et p. 2-3 état des blessés non classés et de la 1re classe et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIe arrondissement, veuves ; Archives de la préfecture de police AA 420.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.