Jue, ou Juë, ou Jüe, Edouard, Stanislas
Biographie
Né le 19 frimaire an IV (10 décembre 1795 sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 mais le 19 frimaire an X in Archives nationales F/1dIII/36 ; mais bien le 19 frimaire an IV in Archives nationales F/1dIII/38 A) au Havre (Seine-Maritime), fils de Juë, Jean, Antoine, Joseph, courtier, et de Caulier, Jeanne, Françoise. Ebéniste-menuisier. Il fut blessé, le 28 juillet, d’un coup de feu reçu au talon, rue Saint-Martin. Il reçut un secours de quatre-vingt-dix francs en août et un autre de soixante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Le 7 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIIe arrondissement, comparurent : Sénéca, Achille, Henry (voir ce nom), ébéniste, demeurant 68, rue de Charenton ; Goubet, Nicolas, Joseph (voir ce nom), peintre en bâtiments, demeurant 55, rue de Charonne ; Motteau, Cyriaque (voir Motteau, Michel, Cyriaque), élève en médecine, demeurant 3, impasse Guéménée. Ils attestèrent parfaitement connaître Jue, Edouard « et savoir qu’il a été blessé par un coup de feu à la jambe le 28 juillet 1830 ». Le 7 avril 1831, devant le maire du (ancien) VIIIe arrondissement, comparurent : Goubet, Nicolas, Joseph (voir ce nom), peintre en bâtiments, demeurant 55, rue de Charonne ; Brunet, Jean (voir ce nom), facteur à la poste aux lettres, demeurant 105, rue de Charonne. Ils attestèrent parfaitement connaître Jue, Edouard « et savoir qu’il a à sa charge sa fille et son épouse et que sa position domestique n’est rien moins qu’heureuse ». Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 12 février 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu, au pied droit, de la partie externe du talon vers sa partie postérieure, après avoir traversé le calcanéum, cicatrisée avec quelques difficultés et gêne dans les mouvements. » Il fut admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement, et reçut une indemnité de six cents francs versés sur deux ans (sous le nom de Jüe, Edouard, Stanislas sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/36 et sous celui de Jué sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Il reçut (sous le nom de Jue, Edouard, Stanislas), à titre de blessé de la 2e catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de six cents francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il comparut, le 7 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIIe arrondissement, pour attester parfaitement connaître Goubet, Nicolas, Joseph « et savoir qu’il a été blessé le 28 juillet 1830 place de l’Hôtel-de-Ville et le lendemain 29, rue Saint-Honoré ». Il comparut, le 7 avril 1831, devant le maire du (ancien) VIIIe arrondissement, pour attester parfaitement connaître Goubet, Nicolas, Joseph « et savoir qu’il a à sa charge sa femme et trois enfants en bas âge et que sa position de fortune est malheureuse ». Il comparut le 25 mai 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIIe arrondissement, pour attester connaître parfaitement Guérin, Nicolas, Joseph et « savoir qu’il a été blessé le 28 juillet 1830, rue du Faubourg-Saint-Antoine n° 80, par suite d’une tuile ». Il comparut, le 7 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIIe arrondissement, pour attester parfaitement connaître Motteau, Michel, Cyriaque « et savoir qu’il a été blessé dans les journées de Juillet ». Il comparut, le 7 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIIe arrondissement, pour attester parfaitement connaître Sénéca, Achille, Henry et « savoir qu’il a été blessé de sept coups de sabre, au bras gauche et sur la tête, le 28 juillet rue Saint-Paul ». Il comparut, le 12 avril 1831, devant le maire du (ancien) VIIIe arrondissement, pour attester connaître Wiesser, Louis, Antoine et savoir qu’il était « sans fortune et n’a pour vivre que le produit de son travail ». Il apostilla ainsi la demande présentée au roi, le 27 août 1831, par Cayrol, Pierre afin d’obtenir la Croix de Juillet en remplacement de la simple médaille qu’il avait reçue : « Nous, soussignés, décorés de Juillet, déclarons que le nommé Cayrol a vaillamment combattu avec nous dans les journées de Juillet et nous supplions Sa Majesté d’avoir la bonté de lui accorder la décoration qu’il réclame et qui est due à la pureté de son patriotisme et à son dévouement à Sa Majesté. » Il comparut, le 7 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIIe arrondissement, pour attester avoir parfaitement connu Brunet, Jean, « facteur à la poste aux lettres (sic), demeurant rue Charonne n° 105, et savoir qu’il a été blessé le 28 juillet 1830 ». Il signa la lettre de Vautrin, François, Casimir, adressée au préfet de la Seine en 1831, pour tenter de faire rétablir sa véritable identité, quand les journaux publièrent sa nomination de médaillé sous le nom et prénoms de Vautrin, Louis, François. Il fut cité (sous le nom de Jeu, Edouard) à comparaître (mais sans qu’on sache si c’était à charge ou à décharge), le 30 novembre 1830, dans le procès intenté contre Buchoz-Hilton, qui se présentait comme colonel du régiment des volontaires de la charte, et qui était accusé d’avoir exciter des troubles et d’avoir revêtu illégalement l’uniforme de colonel. Il reçut un secours de cinquante francs en 1849, à titre de médaillé de Juillet. Il avait épousé, le 26 octobre 1824 à la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement de Paris, Mercier, Agathe, revendeuse, née à Paris le 3 germinal an XII (24 mars 1804), elle-même fille de Mercier, Nicolas, Marie et de Prudhomme, Marie-Louise son épouse, et dont il avait une fille, Suzanne, Louise, née le 13 juillet 1826 à Paris (ancien) VIIIe arrondissement. Il demeurait 20, rue Saint-Bernard-Saint-Antoine en 1830-1831 mais 9, rue Sainte-Marguerite en 1831 in Archives nationales F/1dIII/36 et in F/9/1156 in dossier Vautrin, François, Casimir ; mais bien 20, rue Saint-Bernard in Archives nationales F/1dIII/38 A ; le 9, rue Sainte-Marguerite est rayé pour laisser la place au 60, rue Saint-Germain-l’Auxerrois in Archives de Paris VD3 1-2 ; 25, rue des Filles-Dieu en 1849. Premier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 29 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 31 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du VIIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 80 ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement (1830-1849), paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste de blessés de 2e classe), avec une indemnité de six cents francs ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 couverture du dossier de Nuret, Joseph ; Archives de Paris VD6 471 n° 5, liste des décorés de Juillet auprès du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 43 (couverture du dossier Diguet, Victor) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement comprenant les arrérages à partir du 1er août ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIIIe arrondissement (sous le nom de Jue, Edouard, Stanislas) ; Archives nationales F/1dIII/48 in dossier Cayrol, Pierre ; Archives nationales F/1dIII/47 in dossier Brunet, Jean ; Archives nationales F/1dIII/57 in dossier Goubet, Nicolas, Joseph (il semble bien signer Juë) ; Archives nationales F/1dIII/57 in dossier Guérin, Nicolas, Joseph idem F/1dIII/59 ; Archives nationales F/1dIII/68 in dossier Motteau, Michel, Cyriaque ; Archives nationales F/1dIII/75 in dossier Sénéca, Achille, Henry ; Archives nationales F/1dIII/78 in dossier Wiesser, Louis, Antoine ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) VIIIe arrondissement, blessés de la 2e catégorie de la 2e classe ; Archives nationales F/9/1156 in dossier Vautrin, Louis, François ; Archives nationales BB 18 1189 (A7 4347) in dossier Buchoz-Hilton ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes.