Juery, Jean-Baptiste, Eugène, dit Cul-de-jatte

Biographie


Né le deuxième jour complémentaire de l’an VIII (14 septembre 1800) à Saint-Flour (Cantal), fils de Pierre, Dominique et de Beraud, Marie. Entré au service au 3e bataillon colonial le 29 juillet 1816, incorporé au 2e bataillon d’Afrique le 1er juin 1819, passé à la Légion de la Gironde le 4 mars 1820, arrivé au 19e de ligne le 4 mars 1820, congédié par libération le 31 décembre 1822. Fabricant de socles et de verroteries. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il sollicita d’abord d’être admis à l’hôtel des Invalides, à titre de blessé de juin 1832. Il avait, en effet, été laissé pour mort, le 6 juin au soir, sur la barricade Saint-Mery, lorsqu’elle avait été enlevée à la baïonnette par le 42e régiment de ligne ; il avait eu, sous l’écroulement de la barricade, les deux jambes fracturées, la main droite ouverte, la tête cassée en plusieurs endroits et le corps criblé de blessures. Il donnait ainsi les explications suivantes : « […] Admis depuis 1828 à l’hospice des Incurables hommes, malgré ses infirmités il n’avait pas craint en 1830 de faire le coup de feu aux barricades de la porte Saint-Denis, de se présenter à l’Hôtel de ville le 4 août réclamer auprès du partie du manuscrit brûlée un drapeau national, que le directeur de la maison, véritable despote, ne voulait pas partie du manuscrit brûlée sur notre établissement et croyant avoir des droits à réclamer contre partie du manuscrit brûlée de ce dit directeur [pour se venger de petites réclamations que Juery avait fait à l’Hôtel de ville, expliquait-il dans une autre lettre, N.D.A.] qui s’était porté contre moi à des violences extrêmement partie du manuscrit brûlée avaient nécessité de ma part des actes d’insubordination, je fus par décision du Conseil des hospices civils de Paris, envoyé en exil en 1831 pendant partie du manuscrit brûlée à l’hospice de la vieillesse hommes (Bicêtre), en qualité de mauvaise tête. Ce fut pendant cet exil que survint l’enterrement du général Lamarque et, en combattant à Saint-Mery, sous les yeux des citoyens Schirman, Canville, Cros et autres, que je ne connaissais pas qui la plupart restèrent sur la place, je fus criblé de blessures et partie du manuscrit brûlée pour mort au milieu de la barricade. Ce n’est que quelques jours après partie du manuscrit brûlée la connaissance me fut revenue et que je me vis dans une mansarde de la partie du manuscrit brûlée n° 30, rue Saint-Martin. Plus tard, j’appris que cette maison avait été occupée par un sieur Blanc, quincaillier, chez qui les insurgés avaient pris partie du manuscrit brûlée. C’est là ou j’ai reçu les premiers soins du docteur Lisfranc et d’une bonne femme, qui me soigna comme son fils. Pour éviter les tracasseries de la police et ne pas figurer au drame partie du manuscrit brûlée joué quelque temps après à la Chambre des pairs, dès que je pus supporter partie du manuscrit brûlée voiture, on me fit porter nuitamment pour Saint-Mandé, pour de là être dirigé partie du manuscrit brûlée de mes amis dans le département de l’Aisne. Souvent j’ai été contraint de changer de lieu de retraite et sous de faux noms. Et ce ne fut qu’en 1833 que j’ai pu réintégrer avec grand-peine l’hospice des Incurables hommes. Par ma fuite précipitée, par l’état dans lequel mes blessures m’avaient laissé (je ne peux plus marcher), mon établissement de fabricant de socles et de verreries a été culbuté, l’avenir de mes enfants, brisé. Pour comble d’infortune, le sieur Dessauret, député de Saint-Flour, partie du manuscrit brûlée (sans doute conseiller) d’Etat en service ordinaire et extraordinaire auprès de l’ex-roi, partie du manuscrit brûlée cousin germain, est venu à bout de me faire déshériter par partie du manuscrit brûlée à cause de mes idées républicaines et de la conduite que j’avais tenue partie du manuscrit brûlée […]. » Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Nous, maire de la commune de Villers-en-Prayère […], certifie que le citoyen Juery, mariée dans cette commune, son épouse y demeurant, a un enfant légitime de quinze mois et deux autres enfants orphelins adoptifs, une fille âgée de neuf ans et un garçon âgé de huit ans, tous dénommés ci-dessus (?), demeurant dans cette commune chez leur grand-père, qui n’ayant aucun moyen de pouvoir subvenir à leur existence […]. » Signé, le 6 avril 1848 ; le maire de Villers-en-Prayère. Par lettre en date du 16 juin 1848, son admission aux Invalides lui fut refusé parce que n’étant pas un ancien militaire jouissant d’une pension de retraite. Il sollicita alors un moyen d’existence, soit une pension, soit un bureau de poste dans des départements de l’Oise ou de la Marne, soit un emploi de fontainier à Paris, à la porte Saint-Denis, ou rue Saint-Jacques, ou au Louvre, ou à la Boule-Rouge. Il fut recommandé à l’unanimité par la Commission pour obtenir la pension maximale, ce qui n’eut sans doute aucun effet, les travaux de cette Commission n’ayant été suivis d’aucun effet. En avril 1849, « dans la plus affreuse misère », il continuait de solliciter un secours. Il demeurait 154, rue du Faubourg-Saint-Martin, chez M. Vignes, distillateur, en avril 1849 ; à Villers-en-Prayère (Aisne), chez M. Carbonnier, son beau-père en 1849. Archives de la préfecture de police AA 395.

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