Jullian
Biographie
Ancien militaire, établi marchand de nouveautés 8, passage Véro-Dodat. Le manuscrit de Victor Crochon rapporte ainsi son activité pendant les journées de Juillet : « Le jeudi 29, vers les 8 heures du matin, M. Jullian, qui s’était aperçu, la veille, que plusieurs blessés, même parmi les habitants, restaient assez longtemps sans recevoir aucun secours, eut l’heureuse idée de former une ambulance. Cet ancien militaire, maintenant marchand de nouveautés passage Véro-Dodat n° 8, commença à faire une quête à cinq sous par personne parmi les locataires du passage. Pendant qu’accompagnés de quelques voisins il allait acheter de la paille pour la déposer dans les cours de la maison n° 29, rue Grenelle-Saint-Honoré, Mme Jullian et ses demoiselles, auxquelles se joignirent plusieurs dames du passage, s’empressèrent de couper des bandes et de faire de la charpie. Monsieur Setier offrit d’imprimer gratuitement les affiches pour prévenir le public que des secours seraient donnés aux blessés dans cette maison. Elles furent posées dans les endroits où le danger était le plus imminent. MM. Chapuis (voir Chapuis, Michel, Marie ) (en note : capitaine de la vieille armée, il avait accompagné Napoléon à l’île d’Elbe, il est maintenant chef de la maison Canson d’Annonay. C’est un des anciens officiers qui ont montré le plus de courage et de dévouement à la cause nationale ; il a été décoré de la Croix de Juillet) et Jullian en placardèrent plusieurs sur la place même du Palais-Royal et dans les rues adjacentes, où une vive fusillade était engagée entre les citoyens et les troupes royalistes. 130 blessés furent transportés en peu de temps dans cette ambulance si promptement improvisée. Parmi eux se trouvaient plusieurs soldats de la garde, Français et Suisses. Dans la crainte que leur présence ne produisît une impression trop pénible sur les patriotes que leurs camarades avaient mutilés, on ne les laissait entrer qu’après leur avoir coupé les moustaches et retiré leur uniforme. Du reste on prodiguait à ses victimes de l’obéissance passive les mêmes soins, les mêmes attentions qu’aux défenseurs des lois. M. Degas (en note : M. Degas, dont le patriotisme était depuis longtemps éprouvé, fut quelques jours après nommé capitaine dans la garde nationale) ancien militaire et garde national depuis la première organisation de cette milice citoyenne, établit un contrôle pour donner tous les renseignements utiles aux familles des blessés. M. Jeanne père fut dépositaire du restant de la première souscription, ainsi que de toutes les sommes reçues depuis, et qui, dans l’espace de trois jours, s’élevaient à environ six mille francs. » Sétier (voir ce nom), secrétaire de l’ambulance du 29, rue de Grenelle-Saint-Honoré, relatait ainsi la participation de Jullian au fonctionnement de celle-ci : « M. Jullian qui, en faisant une quête pour les premiers frais d’établissement, a donné l’idée de la souscription, et était bien éloigné de se douter que l’ambulance à la formation de laquelle il travaillait, allait, dans quelques instants, recevoir son frère, M. Camille Jullian (voir Julian, Camille), blessé au
poignet à la prise du Palais-Royal, en combattant à côté de M. Chapuis. » Le Courrier français, 3 août 1830 ; La Liberté reconquise ou histoire complète et détaillée de la révolution de Paris en juillet 1830, J.-B. Ambs, troisième édition revue et corrigée, Paris, Terry jeune, libraire, Palais-Royal, galerie de Valois, n° 185, 1830, p. 255 (sous le nom de Jullion) ; Bibliothèque historique de la Ville de Paris, manuscrits, 8-ms-1025, ouvrage de Victor Crochon, f° 853-855 ; Ambulance de la rue de Grenelle-Saint-Honoré, n° 29, et souscription pour les blessés de la journée du 29 juillet. Rapport du secrétaire, présenté à la commission de l’ambulance et soumis à l’autorité municipale, imprimerie de Sétier, s.d. p. 3.