Jullerot, Pierre, François

Biographie


Né vers 1807 ou 1810 à Paris. Commis voyageur. Son père, Jullerot, Bernard, fut tué dans les combats et lui-même participa à ces combats. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] XIIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la croix et un emploi dans les postes. Il adressa la lettre suivante à cette Commission : « J’ai l’honneur d’adresser à votre Commission les titres qui me donnent des droits aux récompenses nationales. Je joins premièrement un titre qui atteste la mort de mon père, tué le 28 juillet au pont d’Austerlitz pour la cause nationale ; deux injustices dont j’ai d’abord à me plaindre à cet égard c’est que non seulement je n’ai point été admis à la part des indemnités qui ont été versées au profit des ascendants et descendants des victimes de Juillet mais encore que le nom de mon père a été omis sur les tables du Panthéon, injustice que je ne puis qualifier que de mépris de la part de l’ancienne commission, pour la mémoire de mon père. Deuxièmement, je joins également un certificat attestant la conduite que j’ai tenu moi-même dans les journées de Juillet. Comme combattant et comme fils de victime, vous daignerez apprécier, messieurs, si j’ai quelque droit à la récompense nationale et vous réparerez, j’ose l’espérer, à mon égard, les torts bien connus de l’ancienne Commission des récompenses nationales. J’ai l’honneur... » Il joignait deux certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, maire et adjoints du (ancien) XIIe arrondissement, certifions que le sieur Jullerot, Bernard, âgé de soixante-quatre ans, a péri, victime de son dévouement à la cause nationale dans les grandes journées des 27, 28 et 29 juillet ; qu’il laisse deux fils, Jullerot, Louis, Bernard, âgé de trente-cinq ans, négociant, ancien officier et employé par ordre du gouvernement provisoire en qualité de chef de bataillon au commandement en chef des gardes nationales mobiles de Paris, et Jullerot, Pierre, François, âgé de vingt et un ans, qui tous deux se sont également distingués dans les immortelles journées. Le sieur Jullerot père était généralement estimé, ses sentiments à la bonne cause étaient connues, ses dernières paroles en mourant furent : Le duc dOrléans... La France sera donc enfin heureuse !!... Ses deux fils méritent la sollicitude du gouvernement et la reconnaissance de la patrie. » Signé, le 6 septembre 1831 : Salleron, maire du (ancien) XIIe arrondissement, qui ajoutait « Jatteste en mon particulier que le sieur Jullerot était un homme parfaitement estimable et que chez cest moi quil fut transporté lorsquil fut atteint du coup de feu dont il est mort » ; Bricogne, Augustin, adjoint ; Gerardin, docteur en médecine ; Delanneau (voir Delaneau, Regulus, Adolphe), chef de l’institut Sainte-Barbe ; Agier, député et colonel de la XIIe légion de la garde nationale, qui ajoutait son nom « avec la plus vive émotion […] en faveur d’un si brave homme, si regrettable et si regretté » ; Disdier, commissaire de police du quartier de l’Arsenal, qui tenait à donner le « témoignage de son estime particulière pour feu M. Jullerot, sa mort fut digne de sa vie » ; Thomas (voir Thomas, Louis, Guillaume), décoré de la médaille de Juillet ; Abraham (voir Abraham, Pierre), décoré de la Croix de Juillet ; Gaut illsible (voir peut-être Gau, François), décoré de la médaille de Juillet. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, habitants de la ville de Paris, certifions que le sieur Pierre, François Jullerot, âgé de vingt et un ans, demeurant 9, rue des Gobelins, a combattu pendant toutes les journées de 1830 avec un courage digne des plus grands éloges. Nous l’avons notamment vu toute la journée du 28 à l’Hôtel de ville, au faubourg Saint-Antoine et au pont d’Austerlitz, où il vit périr à ses côtés son brave père, percé de deux balles et le 29 à la prise du Louvre et des Tuileries, où il s’est fait constamment remarquer par son intrépidité. » Signé : Forthom, demeurant 24, rue de la Harpe illisible ; Vogt, capitaine ; Dubvielle illisible, demeurant 1, rue d’Ulm ; Pierre (voir sans doute Pierre, Louis, Eugène), décoré de la médaille de Juillet ; Delaune illisible, chef de bataillon ; Thomas (voir Thomas, Louis, Guillaume), décoré de la médaille de Juillet. En 1835, il était distillateur ou liquoriste et demeurait 2, rue de la Cerisaie selon l’Almanach des commerçants de Paris. En 1847, il était épicier en gros et demeurait 2, rue de la Cerisaie et 1, rue Lesdiguières. Il demeurait 9, rue des Gobelins en 1830-1831 ; 2, rue de la Cerisaie en 1831-1835. Archives de la préfecture de police AA 395 ; Almanach des commerçants de Paris, Cambon, Paris, 1835, p. 370 ; Annuaire général du commerce et de lindustrie, Firmin-Didot, 1847, p. 159. Lire Les Commencements dun empire, la prise dAlger de Esquer, Gabriel 1923, on parle dun Jullerot demeurant 2, rue de la Cerisaie pas sur Google books ; sans doute le même article dans la Revue africaine volume 59 p. 81.

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