Justinard, Nicolas, Christophe
Biographie
Négociant ou marchand de vins sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39. « Ses affaires l’ayant amené à Paris dans le mois de juillet, il saisit avec joie l’occasion de donner des preuves de son dévouement à sa patrie, en combattant partout pendant les trois journées, notamment à la prise du Louvre. […] A l’attaque du Louvre, le soussigné allait recevoir l’arme d’un garde royal qui se rendait à lui et au moment même ce malheureux garde fut blessé à l’épaule. Ce fut alors que l’exposant se retira. Emmenant son prisonnier blessé, il le conduisit à sa pension chez M. Damême, rue Jean-Jacques-Rousseau, n° 20. Là, on lui prodigua tous les soins qu’exigeait son état. L’exposant lui donna de ses habits pour le déguiser et enfin le rendit à sa famille et à ses enfants. » Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier, signé du garde royal qu’il avait sauvé, Sadler, demeurant 5, rue de Londres dans le quartier de la Chaussée-d’Antin, et ainsi rédigé : « Je serais le plus ingrat des hommes si je ne vous offrisse ici les témoignages de ma juste reconnaissance, vous étant redevable de la vie, premièrement en me sauvant de la bagarre dans laquelle sans votre secours je terminais immanquablement ma carrière. Vous daignâtes me transformer en me revêtissant d’un habit bourgeois et pansâtes mes blessures, qui vous parurent dangereuses. Non, le plus ingrat des hommes ne pourrait oublier un service de cette nature. Je n’ai pu jusqu’à ce moment m’acquitter d’un devoir sacré par l’impossibilité où je suis jusqu’ici d’écrire par les douleurs aiguës que je ressens de mes blessures reçues à l’instant de l’attaque du Louvre. Vous eûtes la bonté de me remettre entre les mains de mon épouse. Que serai-je encore devenu après tant de soins que vous daignâtes m’accorder si vous n’eussiez couronné tous ces actes de bonté en me rendant à mon épouse, qui était bien éloignée de prévoir ma position. Mon regret est de ne pouvoir aujourd’hui vous témoigner de vive voix combien je suis sensible à vos bontés. J’ai l’honneur d’être avec le plus profond respect et une reconnaissance à toute épreuve, etc. » Le deuxième, signé le 18 décembre 1830 de Disse Bellure, demeurant 32, rue de Poitou et ainsi rédigé : « Je, soussigné, déclare et atteste que M. Justinard, négociant à Tonnerre, présent à Paris les 27, 28 et 29 juillet dernier, s’est trouvé avec moi dans diverses de ces mémorables journées, notamment le 29 à la prise du Louvre, où il a fait preuve d’un grand courage en se portant en avant, fit un prisonnier, qui fut blessé d’un coup de feu à l’épaule gauche, auquel il prodigua les plus grands soins et ce n’est pas sans avoir couru les plus grands dangers qu’il parvint à le sauver. » Le troisième, signé le 11 janvier 1831, de Lhomme, lieutenant au 17e léger à Belfort, et ainsi rédigé : « Je, soussigné, lieutenant au 17e régiment d’infanterie légère, certifie à qui il appartiendra que le sieur Justinard, Nicolas, Christophe, s’est comporté dans les journées des 27, 28 et 29 juillet dernier à Paris comme un brave citoyen, qu’il s’est fait remarquer par sa conduite d’une manière qui doit lui assurer l’estime de tous les braves qui ont combattu pour la cause sacrée de la liberté et l’amitié de tous ceux qui le connaissent. J’ai eu l’occasion de le remarquer à la Bourse, au Louvre et dans différents autres endroits. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses d’examen nationales du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il était voltigeur dans la garde nationale de Tonnerre en 1830. Il donnait comme adresse à Paris 2, passage Saint-Roch chez M. Philippe en 1830-1831 ; il demeurait 11, rue d’Orléans à Tonnerre (Yonne) en 1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement. il y a sur Internet, un Justinard, Nicolas, Christophe, (1796-1858), soldat de l’Empire, médaillé de Sainte-Hélène, demeurant à Epineuil canton de Tonnerre (Yonne).