La Pillon, Pierre, Victor ou Lapillon, Pierre, Victor
Biographie
Né le 8 mars 1808 (bien le 8 mars 1808 dans son acte de naissance ; parfois mais par erreur le 9 mars 1808) Carentan (Manche), fils de Lapillon, Jean-Baptiste, louis (sic) et de Savie, Henriette, Sophie, son épouse. Ouvrier maçon. Très gravement blessé par une balle qui lui traversa le genou ou la cuisse gauche selon les sources, le 28 juillet, rue Montmartre, il fut pansé par le pharmacien Hermé, 11, rue des Martyrs, puis transporté à l’ambulance de la Bourse. Le National du 5 août 1830 rapportait à son sujet : « Pierre, Victor Pilon (sic), maçon, demeurant rue Saint-Georges, n° 33, a été blessé d’un coup de feu à la cuisse. Transporté à l’ambulance de la Bourse, il demandait hier ses habits pour aller à Rambouillet. » Le rapport de Sensier parle de lui en ces termes : « Cet homme, à la tête d’un peloton d’ouvriers, a constamment commandé le feu contre le 5e de ligne ; il a pris quatre fusils. Tout blessé qu’il était, il a été se battre dans la rue Mont-Blanc, et a concouru à la prise de la caserne de la rue de Clichy. Il était le soutien de sa mère, veuve avec trois enfants. » Il fut soigné à l’ambulance de la Bourse depuis le 30 juillet jusqu’au 30 août. Il était porteur du certificat suivant : « Je, soussigné, déclare avoir rencontré, le mercredi 28 juillet, le nommé Pilon (sic), Pierre, Victor. Je l’ai engagé à entrer chez moi pour lui donner les premiers soins, ayant reçu à la cuisse gauche près le genou une balle qui a traversé le gros des chairs. Déclare en outre l’avoir rencontré, malgré cette blessure, le jeudi 29, toujours les armes à la main et qu’il n’a cessé que lorsque la paix a été entièrement rétablie. » Signé, le 31 août 1830 : Lureau, A. demeurant 68, rue Saint-Lazare (ou Hureau, A. et alors voir Hureau, Antoine, Abel ?). Il reçut (sous le nom Pilon, Pierre, Victor) un secours de cent dix francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il reçut un total de cinq cent quinze francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il fut soigné à la Maison de convalescence de Saint-Cloud. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIe arrondissement. Sachant bien lire et écrire, « ne pouvant désormais se livrer à sa profession de maçon, qui exige d’être continuellement debout », il sollicita une place de garçon de bureau. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 25 janvier 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu à la cuisse gauche, de sa partie antérieure vers la postérieure, guérie mais avec quelques difficultés dans les mouvements ; affecté de hernie inguinale droite. » Il fut admis dans la 3e classe des blessés et pensionné de trois cents francs. Il lui fut accordé, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Soigné à l’ambulance de la Bourse, il se porta témoin devant la Commission des récompenses nationales de l’incident qui opposa Chèvre, Félix, Etienne (voir ce nom) à un homme, devenu subitement fou et qui voulait faire sauter un baril de poudre dans l’intérieur de la Bourse, où on confectionnait des cartouches et soignait des blessés. Soigné à la maison de convalescence de Saint-Cloud, il délivra le certificat suivant en faveur de Sevin, Jean-Baptiste : « Les blessés de Juillet, ne pouvant refuser leur témoignage pour un homme qui s’est montré, comme eux, digne de porter le nom français certifient que le nommé Jean-Baptiste Sevin, pendant les trois journées, n’a fait que des actions d’honneur. C’est un vrai citoyen, un ami de la liberté. Il les a ensuite servis à Saint-Cloud, avec tout le zèle qui l’anime pour les libérateurs de la France. » Il avait été dispensé du service militaire, come fils aîné de veuve. En 1832, le préfet de la Seine le signalait comme pensionné sous le nom de Pillon. Il demeurait 33, rue Saint-Georges en 1830-1831. Le National, 5 août 1830 ; Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 70 ; Rapport de M. Sensier, ancien notaire, commissaire du IIe arrondissement chargé de constater le nombre des victimes et les faits mémorables des glorieuses journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, Paris, imprimerie de Ambr. Firmin Didot, 24, rue Jacob, 1830, p. 36 : La Liberté reconquise ou histoire complète et détaillée de la révolution de Paris en juillet 1830, J.-B. Ambs, troisième édition revue et corrigée, Paris, Terry jeune, libraire, Palais-Royal, galerie de Valois, n° 185, 1830, p. 258 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 82 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 95 ; Archives de Paris VD6 172 n° 6, idem in dossier Chèvre, Félix, Etienne ; Archives de Paris VD6 173 n° 1, idem in dossier Sevin, Jean-Baptiste ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension (sous le nom de La Pillou, Pierre, Victor) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/61 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IIe arrondissement, blessés de 3e classe.