Lapierre, Jean-François
Biographie
Né le 4 octobre 1804. Tourneur. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement, une gratification, en tant que décoré non blessé, de vingt-cinq francs en 1831. Il reçut, en tant que décoré non blessé et nécessiteux, un secours de vingt-cinq francs, sur les fonds de la Commission de la souscription nationale, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution de Juillet. Il reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement, une gratification, en tant que décoré non blessé, de cinq francs en 1834, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution de Juillet. Il fut arrêté le 11 juin 1839 pour intrigues politiques, détentions de munitions de guerre et fabrication d’une machine artisanale. La liste des arrêtés était ainsi constituée : Flotte, Benjamin, né vers 1813 à Cuers (Var), cuisinier, demeurant 6, rue de la Cossonnerie ; Genry ou Guery, Annibal, né vers 1811 à Angers (Maine-et-Loire), serrurier, demeurant 50, rue de Provence ; Lapierre, Jean-François, né vers 1803 à Paris, tourneur en cuivre, ayant refusé d’indiquer son domicile ; Menelotte, Jean-Baptiste, né vers 1789 à Dijon (Côte-d’Or), chaudronnier, demeurant 30, grand-rue aux Batignolles. Le préfet de police adressa, à cette occasion, la lettre suivante au procureur du roi : « J’étais informé depuis quelque temps (postérieurement aux 12 et 13 mai) qu’un certain nombre d’anarchistes s’occupaient de rechercher un moyen nouveau pour lancer dans une occasion de troubles une grande quantité de projectiles sur les troupes, à l’aide de quelque machine, qu’ils avaient déjà un appareil d’essai pour arriver à ce but et qu’ils se proposaient d’en faire d’un jour à l’autre l’épreuve dans les environs de Paris. J’appris que cette expérience devait être réalisée dans la soirée du 8 du courant par cinq ou six individus parmi lesquels on désignait nominativement les nommés Flotte et Lapierre ; on ajoutait que l’appareil d’essai avait été confectionné chez un sieur Ménelotte, chaudronnier aux Batignolles, et qu’il se trouvait chez le sieur Genry, serrurier, rue de Provence 50, où les susnommés et leurs acolytes devaient aller la prendre le 8 au soir. J’ai en conséquence établi sur ce point, avant-hier, une surveillance convenable. On y a vu, vers 9 heures et demie du soir, trois individus qui ont bientôt été rejoints par un quatrième entrer chez le marchand de vin au coin des rues de Provence et des Trois-Frères ; ils sortirent, se tinrent en groupe dans l’endroit le plus obscur de la rue, où un cinquième vint se réunir à eux. Ils se rendirent alors dans la maison du serrurier rue de Provence n° 50. Lorsqu’ils en sortirent, l’un d’eux tenait à la main un objet enveloppé, d’un assez gros volume. A ce moment, les agents de police se jetèrent sur eux et en arrêtèrent trois, parmi lesquels celui qui portait le paquet ; les deux autres prirent la fuite. Au moment où l’on opérait cette arrestation, une femme, que l’on croit être celle du serrurier, était à une fenêtre du premier étage, paraissant observer ce qui se passait. Elle s’écria : Il est arrêté ! et se retira en refermant la fenêtre. Les trois individus saisis ont été immédiatement amenés à ma préfecture, où un commissaire de police les a interrogés. Celui qui portait le paquet a déclaré être le sieur Flotte. L’objet qu’il cachait était un gros tube en fer battu, garni de clous rivés, ayant une lumière analogue à celle d’une arme à feu et paraissant avoir la même destination. Les deux autres inculpés ont donné sur leur individualité les indications suivantes : Gendry, Annibal, vingt-huit ans et demi, d’Angers, serrurier, rue de Provence 50, et Lapierre, Jean-François, trente ans, de Paris, tourneur. Il a refusé d’indiquer son domicile. L’un et l’autre ont prétendu ne pas connaître Flotte. Celui-ci n’a voulu donner aucune explication sur l’origine et la destination du tube, saisi entre ses mains. Des perquisitions ont été opérées dans les domiciles de Flotte et Gendry. Chez le premier, on n’a découvert qu’un petit fragment de lettre portant la signature de Gendry. Chez Gendry, on a saisi quelques papiers politiques dénotant ses opinions républicaines, et, sous la chaise sur laquelle la femme était assise et d’où elle n’a voulu se lever qu’après plusieurs sommations, était caché un paquet renfermant dix cartouches à balles, environ quatre onces de poudre de chasse et de guerre mélangées, vingt-neuf balles de calibre de guerre et un morceau d’amadou. Le mouchoir qui contenait ces objets est marqué des initiales L. B. Genry, Lapierre et Menelotte n’étaient pas encore notés aux archives politiques de ma préfecture. Quant au nommé Flotte, il est depuis longtemps bien connu pour un républicain fort dangereux, membre des sociétés secrètes. Il appartient à l’autorité judiciaire d’apprécier la direction et la suite qu’il y aurait lieu de donner à la traduction de ces inculpés. » Le sommier judiciaire indiquait qu’il avait déjà été, le 7 octobre 1813 pour attentat à la propriété et aux mœurs et libéré le 22 octobre suivant. Inculpé devant la Cour des pairs en 1839, suite au soulèvement des 12 et 13 mai, il fut acquitté. Il demeurait 15, rue Saint-Martin (mais 63, rue Meslay in Archives nationales F/1dIII/35 B et in Archives de Paris VD6 360 n° 5, V-VI etc.) en 1831 ; 14, rue du Faubourg-du-Temple en 1834 ; 34, rue du Faubourg-du-Temple en 1839. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIe arrondissement ; Archives de Paris VD 6 356 n° 6, Etat nominatif des décorés de Juillet qui ont pris part aux gratifications accordées à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet en 1831, 1833, 1834, 1835, 1836, Noms des décorés de Juillet non pensionnés entre lesquels ont été répartis les trois cent soixante-quatorze francs et quatre-vingt-dix centimes attribués au (ancien) VIe arrondissement par la lettre de M. le préfet de la Seine du 30 juillet 1834 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, I correspondance du préfet, enquêtes, liste nominative de MM. les décorés de Juillet non pensionnés entre lesquels ont été répartis les trois cent soixante-quatorze francs et quatre-vingt-dix centimes attribués au (ancien) VIe arrondissement par la lettre de M. le préfet de la Seine du 30 juillet 1834, idem même référence V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Etat des sommes payées par la Commission des récompenses nationales aux sous-lieutenants et aux décorés non blessés pour l’anniversaire de juillet 1830 du 8 octobre 1830 au 31 août 1831, idem Souscription nationale, secours accordés à l’occasion de l’anniversaire des journées de Juillet aux décorés de la croix ou de la médaille, non blessés et nécessiteux, lettre de M. le préfet du 25 juillet 1831 ; Archives de la préfecture de police AA 366, Condamnés politiques sous la Restauration qui résident à Paris, état des secours accordés pour le mois de septembre 1848 ; Archives de la préfecture de police AA 425, soulèvement républicain des 12 et 13 mai 1839 ; Cour des pairs, attentat des 12 et 13 mai 1839, imprimerie nationale, 1839.