Labat, Eugène, Pierre, Auguste
Biographie
Né le 24 nivôse an V (7 ou 9 janvier 1797) à Agde (Hérault). Homme de lettres. Sa conduite était ainsi relatée dans la chronique de l’époque : « On croirait à peine qu’au milieu de la confusion qui a suivi la prise des Tuileries, on ait pu mettre les meubles et les objets précieux du château à l’abri de toute atteinte grave. Ce beau résultat, qu’on ne saurait assez apprécier, est dû particulièrement à M. Eugène Labat et à quelques gardes nationaux, parmi lesquels nous regrettons de ne pouvoir nommer que MM. Johner et Bardon, négociants, et M. Calamata, artiste romain. Les monuments les plus précieux ont été remis à M. de Cailleux, secrétaire-général du Musée. […] M. Labat, que son courage avait placé à la tête des assaillants, resta dans le château, ses pistolets à la main, jusqu’à neuf heures, et sauva ainsi, entre autres morceaux inestimables, une statue en argent massif d’Henri IV enfant, des camées magnifiques et beaucoup d’autres antiquités. » En octobre 1830, il faisait parvenir à la Commission des récompenses nationales, conjointement avec Bardon et Johner, une lettre dans laquelle ils sollicitaient la décoration de Juillet pour avoir organiser la conservation des objets précieux dans les appartements et le cabinet du roi : « Parmi les événements auxquels chacun de nous a pris part durant les trois grandes journées nous ne citerons que celui qui nous fut commun et dont aucun autre en peut revendiquer le mérite. Tandis que le château des Tuileries était envahi de tous côtés et que des désordres, inséparables d’un pareil mouvement, se manifestaient sur plusieurs points, tout à-coup l'ordre fut établi, organisé, dans les appartements de l’ex-roi, et les objets précieux qu’ils renfermaient purent être conservés intacts. Ce résultat fut notre ouvrage, il inutile d’ajouter qu’il ne fut point obtenu sans dangers.
»Arrivés parmi les premiers assaillants, après avoir repoussé nos adversaires, une autre lutte commença, alors moins brillante mais peut-être non moins honorable que la première. Loin de nous la pensée de jeter la moindre défaveur sur la conduite des héros de cette journée, mais ils étaient vainqueurs, exaspérés par une sanglante résistance, et les passions que nous eûmes à réprimer ne sont pas celles qu’il est plus aisé de contenir. Nous y réussîmes pourtant malgré des difficultés sans cesse renaissantes depuis midi et demi jusqu’à 8 heures du soir, époque à laquelle les objets les plus précieux furent remis par nous entre les mains de monsieur de Cailleux, secrétaire général du musée, que nous avions fait appeler.
»Tels sont les faits que nous prenons la liberté de vous soumettre. Ils ont été consignés dans plusieurs journaux du 4 août ; succinctement exposés ici, ils ne peuvent que gagner aux investigations dont ils seront l’objet et nous ne craignons pas qu’on puisse en nier l’exactitude. Mais de ce qu’ils sont avérés et incontestables doit-on en conclure qu’ils donnent à leurs auteurs le droit de prétendre aux distinctions promises ? C’est ce qu’il ne nous appartient pas de décider. La Commission seule est juge de leurs mérites et nous avons trop la conviction de son impartiale justice pour ne pas nous soumettre d’avance à la décision qu’elle croira devoir prendre à notre égard. » La lettre était apostillée d’une recommandation du général Pajol, pour avoir permis « de sauver les objets les plus précieux du palais des Tuileries ». Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Son nom est, comme décoré de la Croix de Juillet, sur une liste de décorés sur laquelle devait être choisie une députation de vingt-quatre décorés de la Croix de Juillet et de vingt-quatre décorés de la médaille de Juillet pour assister, à la Bastille, aux cérémonies qui devaient marquer le premier anniversaire de la révolution de Juillet. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1831, il était archiviste à la préfecture de police, après la révolution de Juillet. Il prêta son serment de décoré de la Croix de Juillet, à la mairie du (ancien) Xe arrondissement le 16 mai 1831, reçut sa croix le 21 juin et son brevet le 1er septembre 1831. On trouve dans son dossier de la Légion d’honneur, à la date du 14 août 1857, la lettre suivante adressée par le préfet de police au ministre de l’Intérieur : « Le préfet de police croit devoir insister très vivement pour que l’erreur ou le malentendu dont M. Labat est victime soit réparé. Le préfet de police a recueilli de la bouche même de M. le ministre le nom de M. Labat et il a cru d’autant plus à cette nomination que deux des nouveaux chevaliers, MM. Roy et Retourné, étaient inscrits sur la liste de présentation à la suite de M. Labat. Il s’est donc empressé de donner cette bonne nouvelle à ce digne fonctionnaire, qui a déjà reçu les félicitations de tous les employés de la préfecture, heureux de voir récompenser un de leurs plus chers collaborateurs. M. Labat porte même déjà le ruban de l’ordre. Il avait en effet le droit de croire que le décret de nomination avait été signé. M. le ministre comprendra combien il serait douloureux pour le préfet et pour M. Labat de renoncer à une espérance qu’ils croyaient réalisée. M. Labat a près de trente ans d’honorables services. Laborieux, très capable, riche d’une vaste érudition et surtout excessivement modeste, il a l’estime et l’affection de tous ceux qui le connaissent. Créateur et ordonnateur des archives et de la bibliothèque de la préfecture de police, il en a fait une des collections les plus curieuses et les plus remarquables qui existent et il donne journellement les indications les plus précieuses aux littérateurs et aux historiens qui s’adressent à lui. Son dévouement à la dynastie napoléonienne est connu de tous et date de loin. Nous en citerons un seul exemple. Il écrivit sous la Restauration un ouvrage très remarquable, qui lui valut plus tard son admission avec mention très honorable dans la Société des antiquaires de France. Sa fortune et son avenir paraissaient attachés au succès de cet ouvrage et comme son éditeur exigeait que son livre fût dédié au roi Charles X, M. Labat ne voulut pas signer l’ouvrage, qui parut sous le nom de son collaborateur. Ce n’est que quelques années plus tard, après la révolution de juillet, qu’il put recueillir le fruit de son travail. » On trouve sur internet la notice suivante le concernant : « Pierre-Auguste-Eugène dit Labat (Agde/Hérault, ? 1797 – Paris, 25 octobre 1867), archiviste et écrivain. Il fit des études de médecine puis vint à Paris où il fréquenta la société de la veuve de Condorcet jusqu’au décès de celle-ci (1822). Suite à la Révolution de 1830, il fut nommé archiviste de la Préfecture de police de Paris, poste qu’il conserva toute sa vie. Il a écrit, en collaboration avec Charles Desnoyers, des pièces de théâtre dont Richard Savage (1838) et La Vie d’un comédien (1841). Il est également l’auteur d’études dont Lafayette aux Etats-Unis (1826), Costumes, Meubles et Instruments relatifs aux arts industriels et économiques, aux mœurs et aux usages, ainsi qu’à la vie publique et privée des peuples de l’antiquité (1827), Hôtel de la Présidence, actuellement hôtel de la préfecture de police. Recherches historiques (1844). En collaboration avec Elouin et Adolphe Trébuchet, il signa un Nouveau Dictionnaire de police ou Recueil analytique et raisonné des lois, ordonnances, règlements et instructions concernant la police judiciaire et administrative en France, précédé d’une introduction historique sur la police depuis son origine jusqu’à nos jours (1835). Don Almanzor (Renaud de Vilbac, 1858) est son unique livret d’opéra-comique, écrit en collaboration avec Louis Ulbach. Sources: T.J. Walsh : Second Empire Opera ; BNF catalogue. » Labat demeurait 27, rue de Verneuil en 1830-1831. Le Constitutionnel, 4 août 1830 ; Le Temps, 6 août 1830 ; Les Barricades immortelles du peuple de Paris, relation historique, militaire, anecdotique des journées des 26, 27, 28 et 29 juillet 1830 et du voyage de Charles X jusqu’à son embarquement, par P. C., Paris, Leroi, 1830, p. 366-367 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris Vbis7K4 1, Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, Xe arrondissement ; Archives de Paris Vbis7K4 3 contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet du Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 281 n° 1 ; Archives de Paris VD6 524 n° 3 ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 (liste des décorés du Xe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales Récompenses honorifiques F/1dIV/L/1. Il n’est pas dans la base Léonore de la Légion d’honneur...