Labrousse, Fabrice

Biographie


Né le 27 septembre 1803 (selon son dossier à la Légion d’honneur) à Cahors (Lot). Homme de lettres puis auteur dramatique. Il fit parvenir la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « Il a été déposé entre vos mains une liste de quelques citoyens qui, dans les journées de Juillet, furent réunis à l’Hôtel de ville, sous les ordres de M. le colonel Zimmer, et qui après avoir combattu avec honneur, continuèrent à servir la cause de la liberté, soit en remplissant des missions utiles et dangereuses soit en travaillant à l’organisation des forces de la capitale. Par une erreur que je dois relever, je n’ai pas été porté sur cette liste ; au moment où elle fut dressée, je me trouvais éloigné de Paris et chargé par M. Le général Lafayette d’une mission dans quelques départements du Midi. Je crois, messieurs, avoir des droits à votre bienveillance. J’ai combattu dans les trois journées rue Saint-Honoré, Boulevard Saint-Martin, place de Grève, au Louvre. Le jour où le général Lafayette se rendit à l’Hôtel de ville, je m’offris à aller, pendant la nuit, observer les troupes royales et je fis mon rapport après avoir visité Passy et Saint-Cloud. M. Zimmer, dont l’honorable témoignage ne manquera pas me confia différentes missions dont je m’acquittai à sa satisfaction. Le 1er août, lorsque le calme commença à s’établir, je me présentai à M. le général Lafayette et je lui offris de partir pour le Midi, d’aller dans quelques départements raconter ce qui venait de se passer à Paris, examiner l’état des esprits, enfin servir la cause nationale de tous mes moyens et selon les instructions qui me seraient données. Mes offres de service furent acceptées ; je voyageai sans discontinuer pendant vingt jours et je parcourus plusieurs départements. J’ai porté, le premier, les trois couleurs dans différentes villes où l’on était dans l’incertitude sur les événements de Juillet. Je citerai simplement Mautauban et c’est en dire assez. Si ce que j’ai fait mérite d’être récompensé, messieurs, je sollicite votre bienveillance et vous demande une récompense honorifique, telle que le gouvernement en accordera à ceux qui auront pris part à notre révolution. Cette récompense, qui me serait flatteuse, ferait la consolation et la joie de ma famille, persécutée pendant de longues années pour ses opinions constamment libérales. » Sa lettre était ainsi apostillée par le colonel Zimmer : « J’atteste que les faits énoncés dans cette lettre sont sincères et véritables, que M. Labrousse a montré beaucoup de zèle et de dévouement pour le triomphe de la cause nationale. Je le recommande vivement à la bienveillance de la Commission des récompenses. » Et de celle de Lafayette : « J’atteste la vérité des faits ci-dessus et recommande M. Fabrice Labrousse. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. On trouve sur son dossier l’observation suivante : « Mérite l’intérêt de la Commission. Ses services mentionnés en l’apostille de M. le colonel Zimmer ne se rapportent qu’à un temps postérieur au 29 juillet. La conduite de M. Labrousse pendant les trois jours ne paraît pas lui donner droit à une distinction honorifique. La commission ne saurait donc lui accorder une récompense réservée aux principaux acteurs de ces mémorables journées. On pourrait recommander M. Labrousse pour un emploi. » Il signa, le 23 août 1830, le certificat suivant en faveur de René, Jules, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je, soussigné, certifie avoir vu M. Jules René se conduire avec un courage remarquable à la place de Grève, le mercredi 28 juillet 1830. Je déclare en outre avoir appris par des personnes dignes de foi que M. René s’était trouvé à la prise de la caserne de Babylone, où il s’est distingué. » Dès 1850, il sollicita la décoration de la Légion d’honneur, avançant ainsi les droits qu’il pensait avoir : « […] Auteur dramatique, j’ai fait depuis vingt ans, au Cirque national, des pièces militaires qui ont perpétué chez le peuple la mémoire de Napoléon […]. » En 1852, il renouvelait sa demande : « […] Pendant vingt ans, j’ai consacré tous mes travaux littéraires à reproduire sur la scène les grandes pages de l’épopée napoléonienne. Le public n’a cessé de m’encourager et il m’a su gré de donner la forme saisissante du théâtre à des personnages et à des événements qui possèdent toute son admiration. Je citerai, parmi les ouvrages qui m’ont valu quelque popularité et des témoignages de sympathie dans les rangs de l’armée : Le Dernier Vœu de l’Empereur, La Ferme de Montmirail, Murat, La Croyance du soldat, le Prince Eugène et l’Impératrice Joséphine, l’Empire, Le Petit Tondu, Bonaparte ou les Premières Pages d’une grande histoire, Bonaparte en Egypte, aujourd’hui en représentation, etc. Ce cours d’histoire dramatisée a demandé des études persévérantes et j’y ai apporté des sentiments, des convictions qui éveillaient un écho dans l’âme des spectateurs. Je ne m’attribue pas personnellement les succès que j’ai obtenus ; je sais que je les dois aux noms illustres et aux faits mémorables que j’ai célébrés ; mais peut-être daignerez-vous remarquer que pendant longtemps j’ai marché dans la carrière littéraire en soldat fidèle et en vif du drapeau napoléonien. » Il fut fait chevalier de la Légion d’honneur par décret en date du 12 août 1853. Il mourut le 22 août 1876. Il demeurait 38, rue Basse-du-Rempart en 1830 (dans la lettre qu’il signe et aussi dans le certificat qu’il délivre à René, Jules) ; 15, bd Saint-Martin en 1850-1852 ; 13, rue de Sévigné en 1872. Archives de Paris VK3 47 ; Archives nationales Récompenses honorifiques F/1dIV/L/1 ; Archives nationales LH/1419/65 (repris dans la base numérique Leonore) ; Archives de la préfecture de police AA 410 in dossier René, Jules. Voir sans doute Labrousse, Jean-Baptiste, Fabrice ? Plusieurs Labrousse sont au moins parents ; ils habitent à la même adresse…

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