Labrunie, Gérard, dit Nerval

Biographie


« Ne sachant pas tirer, Gérard n’a pas fait le coup de feu ; il travaillait à la construction des barricades, transportait des munitions, aidait à évacuer les blessés ou les morts. » La Revue du dix-neuvième siècle évoque cette confidence de Nerval sur les combats de Juillet : « Après quelques coups de feu, le poste de la place Saint-Michel se rendit à nous. » Il fut inquiété dans la conspiration des Prouvaires en 1831. Nullement impliqué dans celle-ci, il passait par-là, la nuit pendant qu’elle éclata, braillant à tue-tête avec des camarades de bamboche et fut arrêté par les patrouilles de police. Il fut incarcéré quelque temps à Sainte-Pélagie avant que d’être reconnu innocent. Ce fut l’occasion pour lui de fréquenter les républicains emprisonnés et de raconter, plus tard, quelques scènes pittoresques de la vie des prisonniers. Il se lia particulièrement avec Evariste Galois, alors que celui-ci était arrêté une nouvelle fois, mais pour une affaire de manifestation séditieuse. A sa libération, il accompagna son ami jusqu’à la porte de la prison ; ils échangèrent leurs adresses et s’embrassèrent. Ils ne devaient cependant jamais se revoir. Nerval ne participa ni aux émeutes de 1832 ni à celles de 1834. Quant à l’émeute de 1839 : « C’est peut-être là que Gérard, qui a vécu [rue Saint-Martin] plus ou moins jusqu’à l’âge de vingt-six ans et qui y retourne sans cesse, a pris l’émeute en dégoût. Celle du 12 mai 1839, qui s’est déroulée alors qu’il se trouvait encore à Paris, et qui a dû le faire trembler pour la sécurité de son père, enfermé dans son appartement au-dessus des dernières barricades, n’a pu que lui sembler sans objet ; inutile […] Cependant, à Vienne, Gérard semble se vautrer dans le reniement, se détacher même de l’idéal de liberté qu’il voyait dans une vie affranchie des règles et des conventions : “Je suis le commensal le plus fréquent de l’ambassade. Hier soir, après dîner, nous avons joué des proverbes. Mme Pleyel et le maréchal [Marmont, qui dirigea la répression en juillet 1830] sont venus dans la soirée ; c’était charmant.” » P. 155-156. Gérard de Nerval et Louis-Philippe, Gilbert Rouger, Mercure de France, mai 55. Il se tint à l’écart de la révolution de Février. Ses amitiés avec de nombreux socialistes lui feront obtenir une mission culturelle en Allemagne, dont il différera le départ. Il ne prit non plus aucune part à l’insurrection de juin 1848. Par contre, l’émeute du 13 juin 1849, attira davantage son attention, plusieurs de ses amis y étant mêlés, dont Tessier-Dumotay, le librettiste. Nerval, Petits Châteaux de Bohême ; Ecrivains et artistes en 1830, dans la revue Romantisme, Revue du dix-neuvième siècle, 1983, p. 170. Dans Archives nationales F/1dIV/L/1, la demande de Légion d’honneur est sans doute celle de son oncle, Labrunie, Alexandre, linger, 127, rue Montmartre.

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