Lacheaux, Etienne, Rose

Biographie


Né le 26 septembre 1808 à Paris. Serrurier en voitures. Il sortit de son domicile, le 28 juillet vers 10 heures du matin, armé d’un fusil de munition, pour se diriger vers le tourniquet Saint-Jean, où l’on se battait. Il fut tué de plusieurs balles, vers 16 heures au même tourniquet Saint-Jean. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Il était célibataire. Il laissait une mère, Ravier, Marie, Françoise, Josèphe, née le 30 mai 1788 à Paris, qui avait été abandonnée depuis quatre ans par son mari, Lacheaux, Pierre, né le 28 novembre 1770 (mais le 22 novembre 1770 in Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831) à Gergy (Saône-et-Loire), en 1826 avec ses six enfants, et dont Etienne était l’aîné et le soutien. La mère présenta le certificat suivant : « Je certifie que le nommé Etienne, Rose Lacheaux demeurait chez moi au moment des affaires de Paris, qu’il en est sorti le 28 juillet, armé d’un fusil de munition et qu’il n’est pas reparu ; qu’il laisse sa mère, chargée de famille. » Signé, le 26 septembre 1830 : Dantigny, logeur, demeurant 19, rue Maubuée. Suivaient les signatures de : Gillet ; Coral. La mère reçut un secours (sous le nom de Sachaut ou Lachaut, demeurant 22, cul-de-sac du Bon-Puit) de cent vingt francs en août et (sous le nom de Lachaux) de quatre-vingts francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Peu après la mort de son fils, la mère tomba malade et, dans une misère totale, dut aller à l’hospice Saint-Louis, implorant des secours de la part des autorités : « Pardonnez la liberté que je prends de vous écrire. C’est la plus grande nécessité qui m’y force, étant obligée d’aller à l’hospice, je laisse quatre (trois dans une autre demande) petits enfants à mon fils qui est sans ouvrage [et âgé de 12 ans, N.D.A.]. Je les laisse sans un sou, sans bois, même sans pain. Je vous supplie, Monsieur, d’avoir l’humanité et la bonté de m’avancer deux mois pour que mes malheureux enfants ne meurent pas de faim pendant mon absence. Je vous aurai, Monsieur, une éternelle reconnaissance et nous ne cesserons de vous bénir. » Un peu plus tard, elle réitérait ainsi sa demande : « Une infortunée mère de trois enfants, dont l’aînée n’a pas encore douze ans, seule pour les nourrir, malade depuis plusieurs mois à l’hospice, mes enfants sont entre les mains de la personne qui vous remettra cette lettre, qui n’est pas plus avancé que moi, depuis trois semaines elle n’a reçu de la Commission que dix francs. Il est impossible que mes malheureux enfants vivent avec si peu de choses. Ils manquent de tout, même de pain. Je les recommande, monsieur, à votre humanité […]. » Elle reçut (sous le nom de Lachaut) un secours de dix francs, le 11 février 1831, un secours de dix francs, le 2 mars 1831, à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Elle reçut trois cent soixante francs auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Les époux Lacheaux, Pierre, né le 22 novembre 1770 (mais le 28 novembre 1770 in Archives nationales F/1dIII/82 dans l’état imprimé) à Gergy (Saône-et-Loire), et Ravier, Marie, Françoise, Josèphe, née le 30 mai 1788 à Paris, furent pensionnés de deux cents francs ; de la même manière les époux (sous les noms de Lachaut, Pierre, et Ravier, Marie, Françoise, Joséphine) reçurent, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Le nom de Lacheaux (E.-R. Lacheaux) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Lacheaux, Etienne, Rose demeurait 26, rue de la Chanvrerie en janvier 1830 ; 19, rue Maubuée en juillet 1830 (30, rue Traversine in Archives de Paris VD6 623 8) ; sa mère, même adresse en 1830 (mais 22, rue du Bon-Puis en 1830 deux fois in Archives nationales F/1dIII/37, bien 19, rue Maubuée in Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des ascendants des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet) ; son père, dans le faubourg Saint-Marceau en 1831. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 46 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 51 (sous le nom de Sachaut ou Lachaut, demeurant 22, cul-de-sac du Bon-Puit) ; Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 79 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 103 ; Archives de Paris VD6 623 n° 8, (ancien) XIIe arrondissement, liste des personnes tuées dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, ou mortes par suite de blessures reçues dans lesdites journées (sous le nom de Lachaut, Rose, Etienne) ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (sous le numéro 523 et le nom de femme Lachaut) ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement ; Archives de Paris VK3 36, liste de veuves, d’orphelins, d’ascendants de citoyens tués en juillet 1830 (ancien) XIIe arrondissement (une liste de morts de cet arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/33 Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien VIIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, liste d’ascendants (l’apostille suivante est inscrite en face de son nom : « N’a pas produit de lettre de pension ; a reçu trois cent soixante francs au [ancien] VIIe arrondissement ») sous le nom de Lachaud veuve et état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement (sous le nom de Lachaud veuve) ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/60 ; Archives nationales F/1dIII/82, un état imprimé comprenant les noms et les secours ou pensions distribués aux veuves, orphelins, ascendants ou blessés du seul (ancien) VIIe arrondissement, p. 6-7 état des ascendants aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIe arrondissement, ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 83, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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