Lachenay, Hippolyte
Biographie
Né vers 1791 à Passy, sans doute la commune qui deviendra un simple arrondissement parisien. Entré le 3 mai 1808, en qualité de fourrier à la légion portugaise, passé au 15e régiment d’infanterie légère le 25 novembre 181..., sergent le 13 avril 181..., sergent-major le 29 avril 181..., sous-lieutenant (sans confirmation) à la bataille de Fleurus en 1815, il fit les campagnes de 1809 en Autriche, de 1810 et 1811 en Allemagne, de 1812 en Russie, de 1813 et 1814, au 13e corps en Allemagne, de 1815 à la Grande Armée ; il fut blessé d’un coup de feu au cou à la bataille de Wagram, le 6 juillet 1809, d’un autre coup de feu au bras droit à la bataille de Smolensk le 17 août 1812, d’une balle qui lui traversa la cuisse le 7 septembre 1812 à la bataille de Mosaïck sur la Moscova, reçut une forte contusion le 16 juin 1815 à la bataille de Fleurus. Il était dans une liste de soldats susceptibles de recevoir la Légion d’honneur comme s’étant « fait remarquer en bien dans toutes les affaires, de ses chefs et des soldats ». Il était mécanicien en 1830. Il s’illustra à l’Arsenal, à la Grève, au Louvre et rue Saint-Honoré. Il fut blessé d’un coup de feu à la tête le 29 juillet devant le Louvre. Il reçut un secours de cinquante francs, le 7 octobre 1830, à la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Le ministère de l’Intérieur fit parvenir une pièce le concernant à la Commission des récompenses nationales. Il fut recommandé de la manière suivante par Guinard, A. (voir Guinard, Joseph, Auguste), commissaire de la Commission des récompenses nationales au directeur des travaux du Champ-de-Mars : « J’ai l’honneur de vous adresser M. Lachenay, directeur d’ateliers des Constructions mécaniques, ayant une longue expérience des ouvriers. Il se trouve maintenant dans la plus fâcheuse des positions, il est père d’un enfant de onze ans et porteur des meilleures recommandations. S’il vous était possible de l’employer dans vos travaux comme surveillant, en attendant le résultat de nos démarches auprès du préfet de police, vous rendriez service à un brave homme, qui a mérité tout l’intérêt de la Commission par son dévouement dans les journées de Juillet, où il a reçu une huitième blessure. J’espère que vous pourrez être utile à M. Lachenay, qui a fait toutes nos anciennes campagnes et a encore retrouvé pour combattre l’ennemi commun toute son ardeur […]. » Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé, puis 6, rue Dalayrac. Il joignait à son dossier plusieurs certificats. Le premier, la copie d’un certificat ainsi rédigé : « Nous, soussignés, propriétaires, négociants et gardes nationaux, certifions que M. H. Lachenay, ancien militaire, a été blessé, le 29 juillet devant le Louvre, qu’il était aussi à toutes les affaires de la grande semaine, qu’il a bien mérité de la patrie et que, par son zèle, son courage et son patriotisme, il s’est acquis notre estime et notre amitié. Nous lui avons fait le présent certificat comme preuve et pour lui servir devant toutes les autorités civiles ou militaires, auxquelles nous le recommandons de toutes nos forces. » Signé, le 1er août 1830 : Chauderon, propriétaire du susdit et garde national à la VIe légion ; Bellocq, ferblantier, sergent dans la garde nationale ; Bourdelet ; Censier ; Charles, Albert, ex-capitaine ; Laurent, mécanicien ; Card, épicier ; Strako, épicier. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Nous, François, Bonnaventure Haymonet, commissaire de police à Paris, quartier du Temple, certifions que le sieur Hipolyte Lachenay (sic), demeurant rue d’Angoulême n° 6, sur notre quartier et ci-devant rue Charlot n° 4, est de bonnes vie et mœurs, qu’il jouit de la considération et de l’estime de tous les gens de bien, que ses services, ses blessures, son dévouement et le patriotisme qu’il a montrés dans les jours mémorables de Juillet, où il a reçu une huitième blessure à l’attaque du Louvre, le mettent à même de jouir de tous les bienfaits du gouvernement, qu’il est père de famille et que, sous tous les rapports, toute bienveillance peut lui être accordée. Il est très bon citoyen et sa conduite civile est exempte de tout reproche. » Signé, le 27 juin 1831 : le commissaire de police du quartier du Temple : Haymonet, François, Bonaventure. Il était indiqué sur les fiches de la Commission comme sans fortune. Il était marié et père d’un enfant de onze ans en 1831. Il demeurait 4, rue Charlot en 1830 ; 6, rue d’Angoulême en 1831. Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, III, Enregistrement des bons délivrés par MM. les membres de la Commission des blessés, contenant autorisation de délivrer des secours aux veuves, orphelins et blessés, sur le fonds de dix mille francs reçu à cet effet de la préfecture par M. Caius, maire du (ancien) VIe arrondissement et sur les souscriptions déposées entre les mains de M. Grondard, trésorier ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 24 septembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales, idem envoi du 28 septembre 1830, idem envoi du 21 octobre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales ; Archives de la préfecture de police AA 396.