Lacroix, Jean, Charles

Biographie


Né le 23 mars 1810 à Mâcon (Saône-et-Loire). Elève de l’Ecole polytechnique. La Gazette des écoles, rapporta à son sujet : « On nous signale la conduite brillante de M. Lacroix, élève de l’Ecole polytechnique, et celle de M. Gros, élève en médecine. Quoique blessé à la tête, le premier n’a cessé de combattre qu’après la retraite des troupes royales. » Le Constitutionnel, en date du 3 août 1830, rapportait à son sujet : « On nous signale la conduite brillante de M. Lacroix, élève de l’Ecole polytechnique. » Le Souvenir glorieux du Parisien de Prosper indique (sous le seul nom de Lacroix) à son sujet : « Ne cesse de combattre qu’après la retraite des troupes royales ». Il signa, dès le 7 août 1830 et avec Henriot (voir ce nom) et Liedot (voir Liedot, Antoine, Louis), autres élèves de l’Ecole polytechnique, le certificat suivant afin de faire connaître la conduite qu’avait tenue Mercier, Joséphine pendant les combats : « A une époque où l’on compte pour quelque chose la coopération de l’Ecole polytechnique au grand œuvre du rétablissement de nos libertés, il est de notre devoir, élèves de l’Ecole polytechnique, de signaler une personne qui y contribua plus assurément qu’aucun élève et plus peut-être que qui que ce soit. Dès la journée du 28 parut dans nos rangs un jeune homme annonçant une constitution faible, paraissant âgé de quinze à seize ans, parcourant les divers points de la mêlée au milieu des fusillades et prodiguant aux blessés les soins les plus empressés, au péril vingt fois répété de sa propre vie. Arraché de cette scène par une foule qui avait pitié de sa faiblesse, il s’arme d’un sabre et d’un coutelas et marche contre les ennemis du peuple : mais le peuple encore s’oppose à ses efforts et, malgré ses supplications, le dépouille de ses armes. Son patriotisme ne se refroidit pas pour cela. Il s’introduit dans les rangs ennemis, observe tout avec la feinte apparence de quelqu’un qui cherche un refuge, rapporte à son parti les renseignements qu’il a puisés et marche avec lui à la victoire. L’affaire de Babylone arrive ; ce fut lui qui, avant le feu, pénètre dans la caserne, vient rendre compte aux siens de ce qu’il a vu, engage l’affaire à leur tête, met le feu à la première botte de paille pour s’ouvrir une issue, lui qui, sans égard aux balles qui criblent ses victimes, s’empare des armes d’un garde suisse qu’il a vaincu, fouille la caserne jusqu’aux dernières retraites et ne se retire enfin qu’après d’être assuré lui-même que tout est évacué... Tant d’efforts étaient au-dessus de celui qui les avait tentés. Au sortir de la caserne, il tomba évanoui et les secours qu’on lui prodigua font reconnaître en lui une femme. Cette femme dont nous nous honorons de publier le nom est Mlle Joséphine Mercier, âgée de vingt-cinq ans, sage-femme reçue à la faculté de Paris, directrice du cours pratique d’accouchement de M. Velpeau, demeurant rue Monsieur-le-Prince n° 15. Son évanouissement ne ralentit pas son courage. Le vendredi 30, rendez-vous avait été donné aux hommes armés sur la place de la Bourse. Elle y fut des premiers et fit partie du détachement qu’on envoya aux Tuileries pour y protéger le poste en cas d’attaque. Elle demeura là deux jours et demi participant à toutes les patrouilles et à toutes les factions, admirée de tous mais ignorée de tous (deux de ses amis et un élève de l’Ecole polytechnique exceptés, sous la protection desquels elle s’était placée). Le dimanche 1er août, les choses étaient pacifiées ; il ne restait aucune apparence de danger, Mlle Joséphine Mercier se retira, après avoir toutefois obtenu la promesse qu’on la rappellerait à la première attaque. Cette attaque n’eut pas lieu. Elle se contenta alors, à la faveur du costume de son sexe, de s’introduire dans le fort de Vincennes et d’y observer ses moyens de défense. Telle fut pendant ces derniers jours et sous nos propres yeux la conduite de Mlle Joséphine Mercier. Etre utile à son pays, voilà le seul sentiment qui l’anime. Son courage, son instruction et les fonctions qu’elle remplit la mettent parfaitement à même d’arriver à son but. » Il fit partie lui-même de la sous-commission chargée d’examiner les droits à une récompense honorifique des élèves de l’Ecole polytechnique, devenus, la rentrée suivante, élèves ingénieurs des Ponts et Chaussées et des Mines à Paris ; cette sous-commission était composée de, outre lui-même, Zeiller (voir Zeiller, Antoine, Jacques, Eugène), Bouniceau (voir Bouniceau, Pierre). Il signa, à ce titre, le 14 mars 1831, le rapport suivant de cette Commission : « Les soussignés, anciens élèves de l’Ecole polytechnique actuellement élèves ingénieurs des Ponts et Chaussées et délégués par la Commission des récompenses nationales pour nous enquérir de ceux de nos camarades qui ont droit auxdites récompenses avons reconnu, après des renseignements scrupuleux auprès de tous nos camarades que les élèves dont les noms suivent ont combattu en uniforme dans les journées de Juillet : MM. Vogin (voir Vogin, Pierre, Auguste), Zeiller (voir Zeiller, Antoine, Jacques, Eugène), Berthier (voir Berthier, Charles), Bouniceau (voir Bouniceau, Pierre), Lannoy (voir Lannoy Raignault de, Camille, François), Cassanac (voir Cassanac, Jean, Gustave), Verger (voir Verger, Guillaume, Jules), Peujot (voir Peugeot, Armand, Constant), Lacroix (voir Lacroix, Jean, Charles), Diday (voir Diday, Pierre, Augustin, Henri, Maurice), élève de l’Ecole des Mines, Thoyot (voir Thoyot, Jean, Joseph), élève des Ponts et Chaussées, De plus, que MM. Bormet (voir sans doute Bonnet, Joseph, Gustave) et Guerre (voir Guerre de Saint-Odille, Paul, Adrien) ont pris une part très active en uniforme aux journées de Juillet, mais sans combattre. Deux élèves, MM. Berthelin (voir Berthelin, Louis, Charles) et Pinsonnière (voir Girard-Pinsonnière, Osithe, Edmond), sont sortis de force de l’Ecole, le 27 au soir, pour prendre les ordres des députés de l’extrême gauche et sont restés dans Paris, occupés à organiser la résistance dans différents points de la capitale. Les élèves dont les noms suivent nous ont déclaré avoir combattu dans les journées de Juillet mais n’ayant eu pour témoin aucun de nos camarades, nous n’avons rien pu préciser à leur égard. Ce sont MM. Mougel (voir Mougel, Dieudonné, Eugène), Remise (voir Remise, Félix, Auguste, Edouard), Baumgarten (voir Beaumgarten, André, Gustave, Adolphe), Collin (voir Collin, Alexandre, Pierre, François), François (voir François, Jean, Jules), Martha (voir Martha, Félix, Victor), Boulanger (voir Le Boulanger de Bois Frencourt, Charles, Hippolyte, Escar), ces trois derniers, élèves de l’Ecole des Mines. » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 29 mars 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Sorti le 28 à 10 heures, décidé avec les autres à défendre la Chambre des députés, pensant que la révolution ne se ferait pas aussitôt. A fondu des balles pendant la nuit du 28 au 29. Le 29, commandant un peloton a Babylone, en uniforme, fut blessé. A Rambouillet avec Pomaret (voir Rousset de Pomaret) commandant la VIe légion. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 29 mars 1831, à sept voix pour la croix, aucune voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il demeurait 25, rue du Dragon ; à l’Ecole des Ponts et Chaussées en 1831. Le Constitutionnel, 3 août 1830 ; La Gazette des écoles, n° 68 dimanche 8 août 1830 ; Histoire de la révolution de Paris depuis le 26 juillet jusqu’au 31 août 1830, Paris, chez Philippe libraire, rue Dauphine, 20, 1830, p. 211 (sous le seul nom de Lacroix) ; Souvenir glorieux du Parisien, précis historique des journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830, par P. G. Prosper L***, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, chez l’auteur, place Saint-André-des-Arts, n° 26 et chez les principaux libraires, p. 108 (sous le seul nom de Lacroix) ; Les Barricades immortelles du peuple de Paris, relation historique, militaire, anecdotique des journées des 26, 27, 28 et 29 juillet 1830 et du voyage de Charles X jusqu’à son embarquement, par P. C., Paris, Leroi, 1830, p. 397-398 (sous le seul nom de Lacroix) ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VK3 17, Témoignages, rapports, notes sur les élèves de l’Ecole polytechnique ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 29 mars 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 29 mars 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 402 in dossier Mercier, Joséphine.

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