Lacroix, Jean-François, Victor
Biographie
Né le 4 décembre 1804 à Paris. Marchand de volailles. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Son dossier est annoté de l’observation suivante : « A pris une part très active aux événements de la grande semaine, a tué d’un coup de feu le capitaine commandant la garde royale et se trouve possesseur de sa croix. » Il adressa au roi, le 24 août 1830, une demande afin d’obtenir la Légion d’honneur : « C’est avec une respectueuse confiance que le soussigné vient mettre sous les yeux de Votre Majesté le certificat qui lui a été délivré par les personnes de la garde nationale avec lesquelles il a combattu dans les journées mémorables des 27, 28 et 29 juillet dernier. Si vous daignez, Sire, prendre en considération son dévouement et les services qu’il a été assez heureux de rendre dans ces trois journées, il ose supplier Votre Majesté de le faire porter sur l’état des braves qui devront être décorés de la croix de la Légion d’honneur. S’il obtient cette grâce de Votre Majesté, il la regardera comme la plus glorieuse récompense que peuvent lui avoir mérité sa conduite honorable et les périls auxquels il s’est exposé. » Mais un rapport, en décembre 1830, précisait sur la participation de Lacroix les faits suivants : « Le sieur Lacroix, père de trois enfants, paraît avoir été entraîné à faire une demande de la croix d’honneur et d’une récompense pécuniaire par les sollicitations d’un de ces misérables intrigants, qui ont l’adresse de surprendre les faveurs de tous les gouvernements au moyen de mensonges effrontément soutenus. La situation peu aisée de cet homme a déterminé les signataires du certificat à constater un fait qui ne leur avait été raconté que par le pétitionnaire même. J’atteste qu’aucun officier de la garde ni même de soldat n’a été tué sur le point indiqué par le sieur Lacroix, qui n’était point à l’attaque de l’entrée du jardin des Tuileries et qu’il n’a sans doute passé par cette porte que comme bien d’autres curieux, après qu’il n’y avait plus de danger à courir. La croix d’officier de la Légion d’honneur dont il s’agit me paraît évidemment avoir été prise ou trouvée dans les appartements des Tuileries, où cet homme est parvenu à pénétrer plus tard. D’après ce qui précède, il n’y a pas lieu à décerner de récompenses au solliciteur mais bien plutôt à lui adresser de vives réprimandes pour en avoir aussi effrontément imposé à la conscience publique. » Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il signa le certificat suivant en faveur de Forestier, Denis, François : « Nous, soussigné, habitants du quartier du marché Saint-Honoré et de la rue d’Argenteuil, certifions que le sieur Denis, François Forestier, est un des braves gardes nationaux qui sortit le 28 juillet au matin, armé et en tenue, qu’il s’est rendu à la mairie d’Antin, l’un des premiers, et qu’il ne sortit de ce poste commandé par M. Felvilain, sergent, que lorsque les décharges et les feux de peloton du 5e régiment de ligne les forcèrent de se retirer. De retour chez lui, il fit des barricades et le 29 au matin il arma un imprimeur d’un fusil qu’il avait obtenu avec beaucoup de difficultés des sapeurs-pompiers de la caserne de la rue de la Paix, pour lui servir à se défendre contre les ennemis de notre liberté, vu que le sien était hors d’état de lui servir. Le même soir, il organisa dans le marché des Jacobins un poste, qu’il commanda pendant trois jours. Sa conduite fut digne d’éloges et mérite l’attention de la Commission des récompenses nationales. » En 1830, il était père de trois enfants. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Le 27 juin 1832, caporal des voltigeurs au 1er bataillon de la IIe légion de la garde nationale, ayant pris part à la répression des troubles de juin, il sollicita, dans ces termes, le remplacement de la médaille de Juillet par la Croix de Juillet ou par la croix de la Légion d’honneur pour ceux qui, comme lui, avaient pris part au maintien de l’ordre : « Sire,
»Interprète d’un grand nombre de mes camarades, parmi les gardes nationaux du département de la Seine qui sont décorés de la médaille de Juillet : ceux qui ont pris les armes les 5 et 6 juin sollicitent de Votre Majesté que leur médaille soit échangée soit en Croix de Juillet ou de la Légion d’honneur. Messieurs les capitaines et sergents majors de chaque compagnie affirmeraient ceux des gardes nationaux qui sont dans cette catégorie, qui ont pris les armes les 5 et 6 juin. Ils seront toujours, Sire, comme ils ont toujours été depuis notre glorieuse révolution, les premiers à marcher pour l’ordre, nos institutions et la monarchie de Juillet. En cas de guerre où notre belle patrie seraient menacée, ils seraient encore les premiers à donner l’exemple pour marcher contre les cohortes étrangères et leurs voix patriotiques auraient de l’écho en France.
»Ils attendent, Sire, cet acte de justice et de bienveillance de votre Majesté à leur égard. Je suis, etc. »
Lacroix demeurait 3, impasse de la Corderie au marché Saint-Honoré en 1830-1831 ; 26, rue du Marché-Saint-Honoré en 1831-1832. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 et Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement.