Laffanour, Alexis

Biographie


Né le 5 août 1788 à Laudun (Gard), de Laffanour, Alexis et de Blanc, Catherine. Ancien capitaine (ou ex-sous-lieutenant), décoré de la Légion d’honneur, condamné à mort, le 8 mars 1824, pour avoir porté les armes contre la France (guerre d’Espagne en 1823), sa peine fut commuée en dix années de prison et dix années de surveillance le 11 août 1824, il fut gracié, le 28 mai 1825 à l’occasion du sacre de Charles X, et sortit de la prison centrale de Melun le 8 juin 1825, avec obligation de séjourner à Laudun et de rester soumis à cinq années de surveillance de la haute police. Le 16 juin 1825, il sollicitait auprès du directeur de la police l’autorisation de séjourner à Paris, expliquant ainsi les raisons qui le poussaient à demander cette autorisation : « […] Mon épouse habite cette ville depuis quelque temps ; j’y ai la plus grande partie de ma famille, assez de crédit et de recommandation pour pouvoir relever un commerce de vins que des malheurs m’ont fait abandonner. Si vous croyez, M. le directeur, devoir me refuser un séjour permanent, j’en demanderais seulement un de quelques mois, qui m’est indispensable pour suivre un procès et le recouvrement des fonds qui me sont dus. » L’autorisation lui fut accordée et Laffanour s’installa, chez son neveu, Porlier, graveur, 8, rue des Cinq-Diamants. Au mois d’août suivant, la préfecture de police donnait au ministre de l’Intérieur les renseignements suivants sur le compte de Laffanour : « […] Il s’occupe de la confection de petits ouvrages en carton. Ses relations sont d’ailleurs très circonscrites et sa conduite jusqu’à ce jour a été des plus régulières. La femme du sieur Laffanour est partie avec son fils pour la Bourgogne, à l’effet d’y recueillir quelques sommes provenant d’une succession. A leur retour, le sieur Laffanour doit se livrer au commerce des vins. » En juillet 1828, le préfet de police continuait d’informer sur le compte de Laffanour : « […] Il résulte des nouveaux renseignements qui me parviennent sur son compte qu’il s’est associé avec un sieur Achard pour faire le courtage des vins et qu’ils demeurent ensemble depuis neuf mois, place de l’Hôtel-de-Ville, n° 8. La conduite du sieur Laffanour est toujours assez régulière ; ses nombreuses relations paraissent n’avoir d’autre but que les intérêts de son commerce et rien n’annonce qu’il doive plus particulièrement fixer l’attention de l’autorité. » En septembre 1828, le préfet informait que « sa conduite continue d’être régulière ». En novembre 1828 : « Il continue à faire le courtage des vins. Sa conduite est régulière et ne paraît devoir en aucune manière fixer l’attention de l’autorité. » En juillet 1829 : « […] Commissionnaire en vins, […] a quitté le logement qu’il occupait rue du Petit-Carreau, n° 32, pour aller résider passage du Saumon n° 1. Cet individu n’a donné lieu à aucun sujet de plainte dans son ancien quartier. » En novembre 1829 : « […] Demeure toujours passage du Saumon, n° 1. Cet individu continue de faire la commission et sa conduite n’a donné lieu à aucune observation défavorable. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il avait délivré, le 15 août 1830, en faveur de Legros, Modeste, les certificats suivants : « Nous, soussignés, volontaires patriotes, certifions à ceux à qui il appartiendra que le nommé Modeste Legros, ancien militaire, demeurant à Paris, rue de Montaigne, n° 20, s’est comporté en brave dans les journées des 28 et 29 juillet dernier, en payant de ses conseils et de sa personne au milieu du feu fait sur nous par les gardes royaux et principalement à la prise de la caserne de la rue Verte, où il ne dut la vie qu’au plus grand des hasards. » Et : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Legros était avec nous au camp de Rambouillet, qu’il nous y a accompagné au premier coup de tambour et que, par ses conseils et son expérience comme ancien militaire, nous n’avons qu’à nous louer de la conduite qu’il y a tenue. » En 1831, il était lieutenant au 8e léger. Il est indiqué comme recevant, comme ancien condamné politique, un secours de quatre cents annuels. Lieutenant au 11e léger, il fut l’inventeur d’une nouvelle giberne « close à auget et conducteur à ressorts » dont il déposa un brevet d’invention de dix ans et un brevet de perfectionnement et d'addition à ce titre conjointement avec Manceaux, François, Jules, le 17 octobre 1835. On trouve dans le Journal du Palais, présentant la jurisprudence la Cour de cassation, volume 7, 1838, p. 626, une trace d’une demande qu’il fit pour obtenir sa mise à la retraite comme militaire : « Vu la requête à nous présentée par le sieur Alexis Laffanour, capitaine au 1er léger, en garnison à Lille, et tendante à ce qu'il nous plaise annuler une décision de notre ministre de la Guerre, en date du 5 mai 1839, laquelle a rejeté sa demande de pension ; ce faisant, ordonner qu'il sera fait application au requérant des dispositions de l'article 23 de la loi du 19 mai 1834 ; Vu la loi du 19 mai I834 ; Considérant qu'il résulte de l'instruction que c'est sur sa demande que le sieur Laffanour a été admis, par décision du 25 octobre 1816, au traitement de réforme ; Que, dès lors, il n'est pas recevable à invoquer le bénéfice des dispositions de l'article 25 de la loi du 19 mai 1831, applicable seulement aux officiers éloignés des cadres par mesures arbitraires ou contre leur gré : Art. Ier, la requête du sieur Laffanour est rejetée. » En 1845, il fut admis à une pension de retraite, comme capitaine au 11e régiment d’infanterie légère, après trente années de service, dix ans de campagne soit un total de quarante années de service. En 1849, sa femme infirme et sa fille aveugle, il sollicita sa part sur les cent cinquante mille francs de gratification versés aux décorés de Juillet. En 1850, les renseignements de police le dirent « fort bien représenté sous tous les rapports » et « ami de l’ordre ». Il reçut soixante francs de secours en 1849, en 1851 et en 1853, à titre de médaillé de Juillet. Il touchait un secours trimestriel de cent francs comme condamné politique sous la Restauration, et une retraite de mille quatre cents francs comme militaire. En 1856, il était surveillant au Luxembourg. Il demeurait 8, rue des Cinq-Diamants chez M. Porlier en 1825 ; 8, place de l’Hôtel-de-Ville en 1827-1828 ; 32, rue du Petit-Carreau en 1828-1829 ; 1, passage du Saumon en 1829 ; 27, quai de la Cité en 1835 ; 182, rue de Grenelle-Saint-Germain de 1849 à 1853 ; 36, rue de Vaugirard de 1854 à 1856. Collection complète des lois, décrets, ordonnances, règlements et avis du Conseil d’Etat, Duvergier, tome vingt-cinquième, année 1825, Paris, chez Guyot et Scribe, 1827, p. 227 ; Bulletin des lois, n° 41, ordonnance du roi en date du 28 mai 1825, p. 398 ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, Le Moniteur universel 2 mai 1831 ; Archives de Paris VK3 47 in dossier Legros, Modeste ; Archives nationales F/7/6774 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale (ancien) IIe arrondissement et liste supplémentaire des décorés de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/60 ; Archives de la préfecture de police AA 366, Etat des allocations accordées aux condamnés politiques, résidant à Paris, pour le mois de décembre 1833, idem Etat des allocations accordées aux condamnés politiques, résidant à Paris, pour le mois de janvier 1834 (où il est indiqué comme touchant un secours annuel de 1200 francs), idem Commission des condamnés politiques de la Restauration, notes sur les états de secours, année 1847, idem Etat des allocations accordées pour le mois de janvier 1848 aux condamnés politiques de la Restauration qui résident à Paris (pour une somme de cent francs mensuels payés par trimestre), idem Condamnés politiques sous la Restauration qui résident à Paris, état des secours accordés pour le mois de septembre 1948 (pour une somme de cent francs mensuels payés par trimestre) ; Archives de la préfecture de police AA 368, Etat de répartition des secours, budget de 1851, idem Etat de répartition de secours imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, 1er trimestre 1852, idem Etat de répartition de secours imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852 (secours à divers titres), minute 209, idem Etat de répartition de secours imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852 (secours à divers titres), et afférents aux 3e et 4e trimestres de 1852, minute 263, idem Etat de répartition de secours entre quatre-vingt-sept personnes qui recevaient des allocations sur les crédits spéciaux que les anciens budgets consacraient aux condamnés politiques, 3e et 4e trimestres réunis, minute 265, idem Etat de répartition de secours entre vingt-cinq personnes qui recevaient des allocations sur les crédits spéciaux que les anciens budgets consacraient aux condamnés politiques, 1er trimestre 1853, minute 275 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 43 et minute 46, idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 27 février 1850, minutes 100-104, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199 ; Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, supplémentaire n° 769, 1845, p. 308 ; Journal du Palais, présentant la jurisprudence la Cour de cassation, volume 7, 1838, p. 626 ; Le Spectateur militaire, recueil de science, d’art et d’histoire militaire, tome dix-huitième, Paris, Noirot, 1834, p. 630 ; Bulletin des lois n° 354, 1835, 1re section, p. 84.

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