Laforest, Charles, Philibert
Biographie
Né en 1803 à Blace (Rhône). Médecin à l’hôpital Saint-Louis. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement (sous le nom de Leforest, Charles, Philibert sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIe arrondissement. il y a in Archives de la préfecture de police AA 383 in dossier Delaunay, Clément, Prosper, un Laforest aîné, demeurant à l’hôpital Saint-Louis, qui apostilla, le 18 octobre 1830, le récit que fit Delaunay, Clément, Prosper de sa participation aux envoya à la Commission des récompenses nationales pour faire valoir ses droits à une récompense nationale. Ce récit était ainsi rédigé : « Le 26, indigné des fatales ordonnances, j’achetais autant de livres de poudre que je pus m’en procurer et le lendemain j’en distribuai une portion à ceux de mes voisins qui m’en demandèrent. Le 28 au soir, je donnai presque toute la poudre qui me restait aux hommes armés qui parcouraient mon quartier et je contribuais avec eux à la déroute des gardes royaux qui s’étaient établis depuis le matin sur le boulevard et la porte Saint-Denis. De retour de cette expédition, je m’occupais à construire les barricades et passais la nuit à soutenir l’enthousiasme des braves qui n’attendaient que le jour pour porter le dernier coup à la monarchie. Le lendemain 29, je quittais ma femme enceinte et mère déjà d’un enfant de huit mois et, revêtu de mon habit de garde national, je partis avec un peloton de vingt-cinq hommes pour me rendre avec eux à la Bourse, qui était alors le lieu du danger. Le général Dubourg nous conduisit ensuite à l’Hôtel de ville et je fus chargé par lui d’une commission plus périlleuse peut-être que tous les combats auxquels je pris part. Une heure après deux barils de poudre et des balles avaient été apportés, il fallait en faire la distribution et empêcher des milliers d’hommes animés par la colère et par le vin de se précipiter dessus, la pipe à la bouche. Je parvins à maintenir l’ordre... Cette opération terminée, un élève de l’Ecole polytechnique nous conduisit aux Tuileries et, après un combat meurtrier, j’eus le bonheur d’y entrer un des premiers. Enfin, de retour à l’Hôtel de ville, je fus chargé d’aller m’emparer de la direction générale des Postes. Je passais la nuit, je contribuais au départ des malles et je les escortais jusqu’à la barrière. Le samedi, je me rendis au poste de l’hôpital Saint-Louis et je plaçais moi-même le drapeau national sur la tonnelle qui domine cet asile de l’infortune, malgré les efforts de l’agent de surveillance. Telles ont été mes actions, messieurs. Jugez-les. J’ai l’honneur etc. »