Lair, Samuel

Biographie


Né le 11 janvier 1796 à Bayeux (Calvados). Médecin, reçu le 13 octobre 1823 à la faculté de Paris. Le Supplément à la Galerie historique des contemporains, imprimée à Bruxelles de 1817 à 1820, et complément de toutes les autres biographies, tome second, paru à Mons, chez Leroux, libraire-éditeur, 1830, pp. 118-119, donne les indications biographiques suivants sur les premières années de la vie de Lair, Samuel : « Lair (Samuel), jeune médecin français de la plus haute espérance. Né en 1796, il fît de mauvaises études dans un collège de province, et rien alors ne pouvait faire soupçonner un talent qui plus tard, appliqué à des études plus sérieuses, devait s'égaler, jeune encore, à ceux qu'une longue expérience a mûris, et faire dans une partie difficile de la science une découverte des plus utiles à l'humanité. La longue patience et les constants efforts de ce jeune savant sont aussi une nouvelle preuve que rien n'est impossible à l'homme qu'un véritable zèle anime, et que dans toute espèce de travaux et d'études il suffit de vouloir fortement pour arriver au but. Sorti du collège, M. Lair, libre de choisir entre l'étude de la médecine et celle de la pharmacie, se livra à l'étude de cette dernière, uniquement par horreur pour les cadavres. Il vint à Paris en 1816 et préférait alors la médecine à la pharmacie ; mais sa situation et la modicité de sa fortune lui offraient un obstacle en apparence insurmontable. Pour le vaincre, M. Lair fit aux élèves ses camarades des cours particuliers de chimie, de matière médicale et de botanique, qui furent suivis par un grand nombre avec autant d'empressement que ceux des professeurs eux-mêmes, tant le jeune répétiteur y montra de savoir, tant sa manière d'exposer ses idées était claire, facile et brillante. Aussi l'année suivante, au concours pour l'internat, il fut reçu à l'unanimité et avec éloges, pharmacien interne, le premier parmi soixante concurrents. Dès lors, tout en remplissant les devoirs que lui imposait le travail pharmaceutique de l'Hôtel-Dieu, il put se livrer en secret à l'étude de la médecine. Nous l'avons vu aux visites du matin, loin de se borner à écrire sur un registre les prescriptions des médecins célèbres qui venaient à l'Hôtel-Dieu, observer curieusement les phases diverses et les progrès des maladies, écouter plus attentivement que les jeunes médecins eux-mêmes les dissertations des chefs, et étudier jusqu'aux moindres détails des opérations qu'il voyait pratiquer. Puis, rentré chez lui il rédigeait tout ce qu'il avait vu et entendu. Il trouvait du temps pour suivre les leçons, disséquer, et faire encore des cours particuliers. Quand le jour ne suffisait pas, le temps du sommeil n'était pas épargné. En 1818. M. Lair obtint à l'École de pharmacie trois médailles d'or pour les trois prix de chimie, botanique et pharmacie. C'est alors qu'il reçut les encouragements les plus flatteurs du célèbre Vauquelin qui l'estimait à l'égal d'un maître expérimenté ; ce savant fit même au jeune lauréat à l'égard de son avenir quelques avances dont une modestie trop timide l'empêcha de profiter. En 1823 M. Lair fut reçu docteur médecin encore avec d'unanimes éloges; son mérite avait, aux examens précédents, paru tel que, pour qu'il pût subir celui-ci sans attendre l'époque fixée par les règlements, on lui fit remise de huit inscriptions sur' seize. A peine reçu docteur, il fut chargé du soin exclusif des malades de la maison de santé du docteur Blanche à Montmartre, et ne contribua pas peu à la prospérité de cet établissement, qu'il abandonna en 1825 pour s'établir lui-même à Paris. En 1827 il présenta à l'Académie royale de médecine qui l'accueillit avec bienveillance, un mémoire sur un nouveau procédé pour guérir l'incontinence d'urine par atonie du col de la vessie. Ce procédé fort simple consiste à irriter le col de la vessie en y portant, soit chez l'homme soit chez la femme, sur l'extrémité d'une sonde ad hoc, de la teinture de cantharides desséchée. Au bout d'un petit nombre d'opérations, cinq ou six au plus, renouvelées à trois jours de distance, le col de la vessie reprend sa contractilité naturelle, et fait suffisamment ses fonctions pour que la maladie cesse entièrement. La même année il a publié la première édition de son mémoire sur un nouveau mode de traitement des ulcères, ulcérations et engorgements du col de l'utérus. Dans ce premier mémoire, il avait pour but uniquement de démontrer par des observations nombreuses que beaucoup d'affections ulcéreuses et réputées squirrheuses, pouvaient se guérir par l'usage sagement combiné des applications répétées de sangsues au col même de l'utérus, de cataplasmes émollients et résolutifs maintenus dans le vagin, de douches surtout, d'abord émollientes, ensuite résolutives, administrées sur la partie malade, au moyen d'un instrument en forme d'entonnoir dont la douille a de trente à quarante pouces de longueur, et est percée de deux trous d'une ligne de diamètre. Ceci est la partie du traitement qu'il a créée ou perfectionnée, et elle n'exclut pas les autres moyens tels que bains dérivatifs, purgatifs etc. Dans la seconde édition qu'il a présentée à l'Institut pour le concours établi par M. de Monthyon, étayant ses premières observations par des faits très nombreux d'anatomie pathologique, il rapporte les résultats de cinq cents ouvertures faites par lui-même. Indépendamment des lumières que ses recherches jettent sur les maladies de l'utérus en général, elles lui ont fourni l'occasion de rencontrer dans une ovaire de la cholestérine bien cristallisée, substance qui, avant lui, n'avait pas été rencontrée dans cet organe. Enfin il rapporte plusieurs nouvelles observations qui démontrent que l'on doit peu employer l'amputation et la cautérisation du col de l'utérus, et que dans la plupart des cas où l'on a employé l'amputation, on pouvait arriver à un bon résultat par les moyens infiniment plus doux qu'il propose, et qu'il a employés avec succès sur un grand nombre de malades. Si maintenant on songe au nombre considérable de femmes atteintes d'affections semblables à celles auxquelles M. Lair a appliqué ses nouveaux moyens curatifs, on ne peut nier que sa découverte ne soit un éminent service rendu à la science et à la société. Parler maintenant de son désintéressement et de ses vertus privées semble étranger au genre de cet ouvrage. Aussi bien M. Lair est notre ami, et en louant la noblesse de son caractère et sa rare générosité, nous serions suspects de faveur et d'exagération, lors même que nous resterions bien au-dessous de la vérité. Nous disons seulement qu'il a mérité la confiance d'une foule de familles distinguées, et que parmi les jeunes médecins de son âge nul n'a, une clientèle plus nombreuse et mieux choisie. D. M. » Le 14 octobre 1830, Lair, Samuel adressait la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « Je vous prie de vouloir bien m’admettre au nombre des personnes qui sollicitent la décoration nouvelle promise aux services rendus à la liberté pendant les immortelles journées. Quoique légèrement blessé deux fois, je ne parlerai de mon accident que pour regretter que tout mon sang n’ait point été versé pour la patrie. J’étais, lundi soir, au Palais-Royal, au moment où la tempête a commencé et, dans les groupes qui se sont formés à 9 heures, personne, je crois, n’a prononcé avant moi les mots de résistance, de charte, de liberté. Le mardi, à 5 heures et demie du soir, la première décharge des gendarmes réunis devant le Palais-Royal a étendu à mes côtés, rue Saint-Honoré, un malheureux que tous mes secours non point empêché de mourir immédiatement, une balle tirée lui avait fracturé le crâne. Obligé de quitter la place, ce ne fut pas du moins sans crier vengeance et sans secourir ou donner des ordres pour secourir les blessés qui étaient près de moi. Je passai la nuit à parcourir les boulevards et à exciter les groupes qui criaient Vive la charte ! Le mercredi, j’étais à 7 heures du matin à la porte Saint-Denis où je vis flotter le premier drapeau tricolore ; j’y lus, au milieu des groupes, les journaux patriotes. J’y retournai à 1 heure, au moment où les blessés allaient y abonder. J’étais sans fusil, il fallut encore quitter le champ de bataille, d’où j’emmenai trois blessés. Ce même jour, sept autres furent reçus chez moi, tous y furent pansés, nourris et tant qu’il y eut une bouteille de vin dans ma cave ou une pièce de cinq francs dans mon secrétaire, secours de l’art, argent, aliments furent non seulement prodigués chez moi aux blessés mais encore à tous les braves qui dépensaient si généreusement leur temps et leurs personnes pour sauver la patrie. Le jeudi, mon quartier fut mis dans un état de défense des plus imposants ; toutes les maisons étaient garnies de pierres jusqu’aux combles, des fusils à beaucoup de fenêtres, les plus imposantes barricades, tout cela a été fait dans tout Paris sans doute et c’est que partout des hommes dévoués et courageux se sont mis en avant pour donner l’impulsion et personne, je crois, ne s’y mit plus que moi dans mon quartier. Ce jour-là, ma maison n’a pas désempli de blessés ou de travailleurs qui venaient y manger ; ce jour là aussi, j’ai rendu quelques services à deux élèves de l’Ecole polytechnique, chez moi et à la prise des Tuileries. Enfin, j’étais à Saint-Cyr lorsque le retour de l’avant-garde patriote nous donna l’assurance que la famille royale avait quitté Rambouillet. Pendant et depuis ces grandes journées, j’ai donné des soins à plus de cinquante blessés, je n’ai demandé de signature à aucun d’eux, d’abord parce que je n’ai pas jamais songé à tirer aucune récompense des soins que je leur ai donnés et qu’ils auraient pu croire que mes services étaient intéressés. Si aujourd’hui je me mets sur les rangs pour obtenir une récompense c’est à la reconnaissance, aux sollicitations d’un des plus braves que j’ai cédé. » Il joignait trois certificats. Le premier : « Je, soussigné, élève de l’Ecole polytechnique, atteste qu’ayant été légèrement blessé au bras le jeudi 29 juillet, j’allais chez M. le docteur Samuel Lair, demeurant rue du Faubourg-Montmartre n° 8, pour être pansé et que j’ai été témoin que non seulement il soignait avec le plus grand zèle les blessés qui se présentaient chez lui mais encore qu’il leur distribuait de l’argent, qu’il excitait le zèle de ses voisins pour qu’ils se défendissent bien en cas d’attaque et que, dans sa rue, il encourageait les ouvriers qui travaillaient aux barricades, en leur distribuant de l’argent, du vin, des vivres et en leur lisant les proclamations que la presse produisait. » Signé, le 8 août 1830 : Barreau, F. (voir ce nom). Le deuxième : « Je, soussigné, élève de l’Ecole polytechnique, certifie avoir trouvé chez le docteur Samuel Lair, rue du Faubourg-Montmartre n° 8, les secours les plus prompts et les plus généreux pour un jeune ouvrier blessé que je lui fis amener. La maison entière du docteur Lair avait adopté, sur sa parole, un genre de défense très bon pour empêcher le passage dans la rue des troupes les mieux disciplinées ; par ses soins, la maison était hérissée de pierres et de défenseurs et la rue partout dépavée. Plusieurs fois, le docteur Lair alla, par son exemple, encourager le peuple assemblé sous ses fenêtres, en lui prodiguant son vin et de l’argent. Il s’exposa plusieurs fois dans les postes les plus périlleux dans les alentours du Louvre et des Tuileries, où il eut encore le bonheur d’employer utilement ses talents et son art. Il ne fut satisfait qu’après avoir vérifié de ses propres yeux les traces récentes du triomphe universel dans tous les points de la capitale. Et après avoir fait renaître partout la tranquillité dans son quartier il continua avec le même dévouement à prodiguer ses secours aux malheureux que la confiance publique lui amenait. » Signé, le 17 août 1830 : Kerris (voir ce nom). Le troisième : « Je, soussigné, certifie que le docteur Samuel Lair, demeurant rue du Faubourg-Montmartre n° 8, dont j’ai été à portée d’apprécier la conduite dans les glorieuses journées de juillet dernier, a déployé dans cette mémorable circonstance, le patriotisme le plus énergique et le plus efficace, méprisant le danger, et même deux blessures qu’il avait reçues aux barricades, pour servir avec zèle et ardeur la cause de la liberté. Recueillant les blessés sous la porte cochère de la maison qu’il habite, où il avait établie une ambulance, encourageant et partageant les travaux du peuple, lisant les proclamations dans les groupes, déjouant à plusieurs reprises les complots de la malveillance, mettant son appartement (où il recevait et nourrissait les travailleurs et combattants) en état de défense complète ainsi que le reste de la maison, et dirigeant dans tout le quartier les préparatifs d’une formidable résistance. Enfin, l’ardeur de son zèle pour la cause nationale s’est exercée partout où il y avait des risques à courir et du courage à déployer. » Signé, le 15 août 1830 : Eparvier, O. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. En 1830, il fut nommé chirurgien du 2e bataillon de la IIe légion de la garde nationale. Il signa un certificat pour attester les blessures de François Vaillant. Il signa, le 19 novembre 1830 et en tant que chirurgien à la IIe légion de la garde nationale, le certificat suivant en faveur de Grosjean, Charles, Adolphe : « J’atteste que le nommé Grosjean, Charles, Adolphe, ouvrier sellier, demeurant cour Saint-Guillaume n° 2, s’est conduit en brave pendant les journées de Juillet et si les balles l’ont épargné il n’en mérite pas moins d’intéresser à son sort toutes les personnes chargées de connaître et de récompenser le dévouement à la patrie et les sacrifices à la liberté. Il le mérite d’autant plus que depuis le mois de juillet, et par suite des événements de la dernière révolution, il a été complétement privé de travail et qu’il est ainsi que sa famille dont il est le seul appui dans le plus grand dénuement. » Le 13 juillet 1831, il rajoutait sur son certificat l’apostille suivante : « J’atteste encore que j’ai vu armé le nommé Grosjean, Charles, Adolphe pendant les trois journées. » Il signa, le 20 novembre 1830, le certificat suivant en faveur de Gauvenet, Napoléon : « Je, soussigné, docteur en médecine, chirurgien dans la IIe légion, certifie que le nommé Gauvenet, Antoine, serrurier en voitures, demeurant rue Rochechouart, a été blessé au genou droit, le jeudi 29 juillet à la place de Grève, d’un coup de sabre. Cette blessure, quoique légère, prouve le dévouement de Gauvenet pour la patrie et la liberté et, à ce titre, il a droit d’intéresser les personnes chargées de distribuer des secours aux braves de la grande semaine. » Il est l’auteur d’une Méthode de traitement des ulcères, ulcérations et engorgements du col de la matrice, mémoire présenté à l’Académie royale de médecine, Paris, 1828, chez Crevot et chez l’auteur, d’une Notice sur un moyen de se préserver du cholera-morbus, parue à Paris chez Gabon en 1831. Il demeurait 8, rue du Faubourg-Montmatre en 1830-1831, 15, rue du Faubourg-Montmatre en 1833. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 173 n° 1, et in dossier Vaillant, François ; Archives de Paris VD4 11 pièce 3161 Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes qui ont fait enregistrer leurs titres aux secrétariats de la préfecture de la Seine et des deux sous-préfectures du département de la Seine, jusqu’au 31 mai 1833 ; Almanach des 25 000 adresses des principaux habitants de Paris pour l’année 1832, contenant les noms et demeures de tout ce que Paris renferme de personnes distinguées par leur rang ou par leurs fonctions… 18e année, Dulac, Paris, chez Panckoucke éditeurs ; Archives de Paris VK3 45 in dossier Gouvenet, Napoléon ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 391 in dossier Grosjean, Charles, Adolphe.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.