Lallemant, Jean-Baptiste
Biographie
Né vers 1791 à Sedan (Moselle). Ancien militaire, devenu bijoutier. En 1836, sans ouvrage, incapable « de continuer le rang qu’il tient comme garde national » dans la VIe légion, depuis pourtant 1820, il sollicita un secours ; les renseignements de police indiquaient à son sujet qu’il était homme de peine dans une fabrique d’orfèvrerie, célibataire, garde national zélé, dans une position peu heureuse et tenant une conduite régulière. Il reçut un secours de cinquante francs en 1837. En 1838, il était ouvrier bijoutier en chambre et, manquant souvent d’ouvrage et dans une position « peu heureuse » selon l’administration, reçut un secours de trente francs, puis une gratification de vingt francs pour l’anniversaire de la Révolution. Il reçut de nouveau un secours de vingt francs en 1839, de soixante-cinq francs en 1840, de quarante francs en 1841. En 1842, de nouveau sans ouvrage, il sollicita de nouveaux secours, rappelant que, garde national depuis 1820, il « n’avait manqué aucune alerte pour rétablir le bon ordre dans la capitale » ; les renseignements de police précisaient sur son compte : « Ouvrier bijoutier manquant souvent d’ouvrage sans cependant qu’il y ait de sa faute, sollicite en ce moment une place de gardien au Père-Lachaise. Lallemant est un ancien militaire qui fait partie de la garde nationale, dans laquelle il s’est fait remarquer par son zèle, notamment pendant les journées des 5 et 6 juin, où il a fait le coup de feu. Le seul reproche qu’on puisse lui faire c’est de trop aimer les femmes. » Il reçut un secours de soixante-cinq francs en 1842, de vingt-cinq francs en 1843, de quarante francs en 1844, de quarante francs en 1845, de vingt-cinq francs en 1846, de quarante francs en 1847, de la même somme en 1849. En 1850, « réduit à la plus profonde misère », à cause de la faiblesse de sa vue, qui lui laissait à peine la faculté de se conduire et l’empêchait de se livrer à un quelconque travail, il sollicita un secours et obtint quarante francs en 1850, puis soixante francs au début de l’année 1851 et la même somme à la fin de l’année 1851. En 1852, les renseignements de police rapportaient sur son compte : « Complétement paralysé, et ne peut quitter son lit. Il a une nièce qui passe jours et nuits à ses côtés. Ce brave homme est dans une grande misère et mérite à tous égards de l’intérêt. » Il reçut un secours de soixante francs en 1852, à titre de médaillé de Juillet. Il demeurait 2 ou 11, rue Henry, cour Saint-Martin, une chambre d’un loyer annuel de cent vingt francs de 1836 à 1842 ; 24, rue de Malte puis 72, rue de Ménilmontant en 1845 ; 50, rue de Ménilmontant en 1847 ; 48, avenue de Saxe en 1850 ; 15, rue de la Vierge en 1851 ; 21, rue Rousselet en 1852. Archives de la préfecture de police AA 369, Proposition d’accorder à 143 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 233-237, en date du 9 août 1852 ; Archives nationales F/1dIII/60.