Lambert, Jean-Baptiste

Biographie


Né vers 1768 à Pontoise (Seine), fils de Lambert, Gilles et de Firieu, Marguerite. Ancien militaire, retraité et touchant une pension annuelle de cent soixante francs, devenu imprimeur en indiennes chez Javal. Il se rendit à Paris dès le début des combats et fut blessé vers 11 heures du matin d’un coup de baïonnette, dans l’attaque des Tuileries. Il mourut des suites de sa blessure, le 31 juillet à l’hôpital de la Charité, et fut enterré au cimetière du Montparnasse. Boivin, ex-artilleur de la marine, demeurant 9, passage Navarin, écrivit, dans ces termes, aux rédacteurs du National, pour porter à la connaissance de ses lecteurs les faits suivants concernant Lambert : « Monsieur. Permettez-moi de vous signaler une action que je ne sais comment qualifier. La fille d’un nommé Lambert, imprimeur à Saint-Denis, se présenta samedi à l’hospice de la Charité, où son père, blessé dans le combat de la rue Saint-Honoré et du Palais-Royal, avait été transporté et y décéda. La supérieure osa lui demander 50 francs pour avoir le cadavre de son père, quoiqu’elle apportât un drap, une chemise, et qu’elle s’offrit de payer une bière et de faire enlever le corps par ses frères. Aux cris de cette malheureuse fille, la garde nationale est intervenue heureusement, et elle obtint le corps de son père. Cette citoyenne a, de plus, eu son frère tué au Louvre (l’identité de ce frère reste inconnue…), et ignore ce qu’est devenu son mari, parti pour Rambouillet. Je n’ajouterai pas de réflexions ; je laisse à votre patriotisme connu le soin de signaler un fait de cette nature. » Le dossier d’examen des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Le 24 avril 1831, devant le maire de Saint-Denis, comparut Pichaut, Luc, Laurent (voir ce nom), né vers 1782, imprimeur sur étoffes, demeurant 72, rue Compoire à Saint-Denis. Il déclara avoir parfaitement connu Lambert, Jean-Baptiste et savoir que ce dernier « s’est rendu à Paris, les 27, 28 et 29 juillet 1830 ; que vers 11 heures du matin de la dernière journée, ils étaient ensemble aux Tuileries lorsqu’une charge de cavalerie les a divisés et que le soir il a appris que le susdit sieur Lambert avait été blessé d’un coup de baïonnette dans cette mémorable journée et transporté à l’hôpital de la Charité, où il est mort des suites de cette blessure le 31 juillet ». Comparut aussi Tinthoin, Jean-Jacques, Louis, Julien (voir Tinthoin, Jean-Jacques, Louis, Jules), né vers 1782, chevalier de la Légion d’honneur, propriétaire, capitaine aide de camp retraité, major de la Ire légion de la garde nationale de la banlieue, demeurant à Saint-Denis. Il déclara « avoir également connu ledit sieur Lambert, dénommé et qualifié en la déclaration qui précède, qu’il est à sa connaissance et de notoriété publique que pendant les trois journées de juillet 1830 le sieur Lambert se rendait à Paris et que le 29 il a été blessé et transporté à l’hospice de la Charité, où il est mort le 31 juillet 1830 des suites de sa blessure ». Il laissait une veuve, Adaucourt, Anne, née le 22 avril 1773 (mais le 23 avril 1773 dans son acte de mariage) à Deuil (Seine-et-Oise), couturière en l’an III blanchisseuse à la journée en 1830, qu’il avait épousée le 9 ventôse an III à Saint-Denis ; sur l’acte de mariage, Lambert, Jean-Baptiste est indiqué comme imprimeur en indiennes ; Adaucourt, Anne est indiquée comme la fille de Adancourt Jean-Baptiste, Michel (sic) et de Richard, Marie, Anne, et comme couturière. Elle reçut un secours de cent vingt francs à la mairie, 9, rue de Cléry le 16 août, un secours de cent francs et un autre de cent cinquante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Elle fut pensionnée (sous le nom d’Adancourt sur les listes du Bulletin des lois et in Archives nationales F/1dIII/37 ; faire le changement ?) et à qui fut accordé, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Lambert avait deux enfants, une fille âgée de trente-cinq ans, estropiée et qui ne pouvait marcher qu’avec deux béquilles, et un fils, âgé de dix-sept ans, apprenti chez Langlois, maître menuisier à Saint-Denis. Il laissait aussi une sœur, Anne, Marguerite, née vers 1798, et dont la demande de pension fut rejetée parce que présentée par une personne âgée de plus de dix-huit ans. Cette sœur avait présenté le certificat médical suivant : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Montpellier, médecin à l’hôtel-dieu de Saint-Denis (Seine) et de la maison de répression, située dans la même ville, certifie que Anne, Marguerite Lambert, âgée de trente-deux ans, indigente de cette commune, est affectée de raccourcissement avec atrophie du membre inférieur gauche, que cette affection a été occasionnée par une luxation spontanée de l’articulation coxo-fémorale, suite de convulsions ; que la difformité est telle que cette malheureuse fille ne peut soutenir un travail assez continu pour subvenir à ses besoins. » Signé, à Saint-Denis, le 22 janvier 1828. Le nom de Lambert (J.-B. Lambert) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Il demeurait à Saint-Denis dans l’an III ; 29, rue du Saulger, chez M. Hian, marchand de vin, à Saint-Denis en 1830 ; sa veuve, à Saint-Denis en 1831 ; sa sœur, à Saint-Denis en 1831. Le National, 5 août 1830 ; Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes de l’arrondissement de Saint-Denis auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 112 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 1 (sous le nom d’Adancourt, Anne) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) ; Archives nationales F/1dIII/60 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIIIe arrondissement, arrondissement de Saint-Denis, veuves ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 83, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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