Lambert, Jean, Joseph
Biographie
Né en septembre 1802 à Paris. Tourneur en cuivre. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il expliquait en effet qu’il avait combattu en juillet 1830, qu’il souffrait depuis d’une hernie, causée expliquait-il par une chute sur une barricade près du Louvre, mais qu’il n’avait fait aucune réclamation à l’époque parce qu’il ne se trouvait pas dans la nécessité, nécessité à laquelle il était maintenant réduit. Il était porteur de plusieurs certificats délivrés à l’époque. Le premier certificat, ainsi rédigé : « J’atteste que le nommé Lambert est sorti le 28 juillet à 8 heures du matin, sans être armé, est rentré le 29 de 4 à 5 heures du matin ; il était armé d’un fusil. » Signé : Charles, concierge du 54, rue de la Calandre. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le nommé Lambert est entré chez nous armé le 28 entre 1 heure (sic) et en est sorti à 4 heures du matin le 29 et s’est comporté en brave et honnête citoyen. » Signé : Million, principal locataire, demeurant 3, place de l’Hôtel-de-Ville. Le troisième certificat, ainsi rédigé :« Je déclare que ledit Lambert, le 28 juillet à midi et demi, a combattu en courageux citoyen à l’attaque le reste est illisible. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le sieur Lambert s’est conduit près de moi en brave au Louvre. » Signé : Lamel (voir Lamel, Jacques), demeurant 6, rue de la Sonnerie. Le cinquième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, atteste que le 28 juillet dernier, j’ai vu le sieur Lambert, que j’ai l’avantage d’avoir reconnu, courir place de Grève, où le danger paraissait très imminent. Le but de sa démarche de ce jour n’a besoin d’aucune justification. Il volait au-devant de la liberté. » Signé : Murat, ex-employé du tribunal de la police municipale. Le sixième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le nommé Lambert était à la place de l’Hôtel-de-Ville, qu’il n’en est sorti qu’à l’évacuation des troupes, le lendemain à 4 heures du matin. » Signé : Bertrand, témoin oculaire, ne l’ayant pas quitté un seul instant tant qu’a duré l’action illisible. » Le septième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le nommé Lambert, ne pouvant plus se maintenir ni ses compagnons d’armes sur la place de Grève, est monté chez moi, avec plusieurs de ces mêmes braves et que là nous fîmes feu tant que nous eûmes des munitions. Ayant été désignés par les chefs aux soldats force nous fut faite de quitter mon domicile par la quantité de balles qui nous venaient des Suisses qui nous tiraient à bout portant. Alors nous descendîmes chez le marchand de tabac, où nous changeâmes notre manière de défense. Nous y passâmes la nuit et nous sortîmes à 4 heures du matin. » Signé : Boursset, locataire occupant le premier étage du marchand de tabac, 3, place de Grève. Le huitième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, médecin reçu et patenté, demeurant rue de la Barillerie, n° 41, certifie que le 31 juillet dernier à 11 heures du matin, le sieur J., J. Lambert, natif de Paris, âgé de vingt-huit ans, tourneur en cuivre, demeurant rue de la Calandre n° 54, me fut amené par M. André Dupias (voir ce nom), homme de lettres, demeurant dans la même maison. Ce brave homme qui, après trois jours de combats et d’un dévouement au-dessus de tout éloge, alla le 30 encore pour réduire la révolte des prisonniers de La Force, se plaignit à moi de douleurs excessives dans les régions lombaires inguinales, tintements d’oreilles et crachement de sang et après l’avoir examiné j’ai reconnu une volumineuse hernie inguinal au côté droit, infirmité dont peut-être était-il déjà menacé et qui empêchait de continuer son état. Je lui ai prodigué tous les soins nécessaires et je me joint de tout mon cour avec M. Dupias pour supplier qu’on eût égard à sa demande. » Signé : Lepeltier, médecin, demeurant 41, rue de la Barillerie. Il joignait à ces certificats deux nouveaux, qui attestaient de sa conduite en février 1848. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, attestons que le nommé Lambert, Jean, Joseph, […] tourneur en cuivre, ancien combattant, blessé et décoré (sic) de juillet 1830, […] était dans la journée du 23 février dernier de 4 à partie du manuscrit brûlée du soir, dans la barricade de la rue Traversine-Saint- partie du manuscrit brûlée lieu qu’il ne quitta qu’à la suite d’une charge faite par la troupe de ligne de la caserne de Reuilly. Le partie du manuscrit brûlée Lambert était armé d’un fusil et ce ne fut que par l’effet du pur hasard qu’il s’en échappa étant partie du manuscrit brûlée moment bloqué de toutes parts. Sa fuite fut de courte durée car il revint assez à temps pour sauver un retardataire qui, étant tombé en franchissant la barricade, n’eût point échappé à la mort sans le concours de ce brave citoyen, qui ne l’abandonna qu’après l’avoir rendu en lieu de sûreté. Des quatre citoyens qui furent faits prisonniers dans cette place, le citoyen Lambert fut celui qui s’échappa des mains des soldats et vint ensuite sauver la vie d’un de leurs camarades. Ces faits, que sa modestie n’eût point fait connaître, nous nous sommes empressés de les soumettre à votre connaissance afin qu’ils soient appréciés par votre jugement pour lui valoir comme de raison. » Signé : Lemonnier, demeurant 11, rue de Cotte ; Lévi, demeurant 140, rue du Faubourg-Charenton ; Caillat, demeurant 39, rue Traversière-Saint-Antoine ; Masson, tourneur, demeurant 70, rue du Faubourg-Saint-Antoine (le numéro n’est pas certain) ; Dardenne, propriétaire, demeurant rue de Cotte ; Séguien, garde mobile caserné à Reuilly ; Jacquinet, capitaine. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, attestons que le nommé Lambert, Jean, Joseph, ancien tourneur en cuivre, domicilié dans notre commune de Belleville, rue des Amandiers n° 39, (banlieue), était avec nous à la formation des barricades et des postes de la rue des Amandiers, où il a montré la plus grande énergie et un dévouement au-dessus de tout éloge ; il ne se retira que lorsque la tranquillité publique fut entièrement rétablie. Ayant contribué par ses faits à assurer le repos et l’indépendance des partie du manuscrit brûlé nous vous le signalons comme un des citoyens des plus zélés qui aient participé à l’achèvement du désarmement des militaires du 30e de ligne, lesquels il démunit de leurs cartouches et en fit la distribution aux citoyens armés, et ne cessa de protéger ces militaires qu’après avoir employé près d’eux tous les moyens d’humanité que nous lui connaissons. » Signé : Mallet, artilleur ; Larsonnier, tourneur ; Buisson, capitaine ; Chevrier, sergent ; Goulbaut illisible ; Prunier, maître maçon, demeurant 39, rue des Amandiers ; Guener, Charles ; Rousseau, sergent à la 3e compagnie ; Hedlinne, mécanicien, demeurant rue des Amandiers ; Bau..., Eugène, libraire-éditeur, demeurant rue de Ménilmontant. Il fut proposé par la Commission pour recevoir le signe honorifique qui devait perpétuer la mémoire de la Révolution de Février mais qui ne fut jamais institué. Il était marié et père de deux enfants (ou d’aucun dans le même dossier) en 1848. Il demeurait 54, rue de la Calandre en 1830 ; 39, rue des Amandiers extra-muros à Belleville en 1848. Archives de la préfecture de police AA 396.