Landion, Jean-Philippe
Biographie
Né le 12 mars 1797 à Paris. Serrurier. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement (sous le nom de Laudion, Jean-Philippe sur les listes du Moniteur universel). En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il fut un des témoins (c’est à peu près sûr que c’est lui) interrogés au cours du procès intenté en diffamation par Perier (voir ce nom), ministre de l’Intérieur, et Vivien (voir Vivien, Alexandre, François, préfet de police, contre Paulin et Bascans, directeur des journaux le National et la Tribune, qui les avaient accusés d’avoir embrigadé des ouvriers pour assommer les manifestants, le 14 juillet 1831. Le National avait publié, le 15 juillet 1831, sur les désordres de la veille et au cours desquels des ouvriers avaient été embrigadés et payés pour assommer les manifestants, un article ainsi conçu : « Jusqu’ici du moins le ministère avait assez compté sur la force armée et la garde nationale pour ne s’appuyer que sur elle ; mais il a senti qu’il lui fallait une milice plus digne de lui. Toute la journée on a embrigadé dans le faubourg Saint-Antoine, au vu et au su de tout le monde, de soi-disant ouvriers sans travail ; on leur promettait trois francs par tête pour assommer les jeunes gens qui se désignaient eux-mêmes aux coups en portant la cocarde au chapeau et des rubans de juillet à la boutonnière. On ne manquera pas de dire demain dans le Moniteur que c’étaient de simples et bons ouvriers, cédant là leur seule indignation et au bon sens ; mais ce que nous avançons ici, nous le prouverons devant le tribunal, si l’on ose nous attaquer, et nous en portons le défi. Les 1.500.000 francs de la police ont servi aujourd’hui à payer les assommeurs, quand il y avait dix mille hommes sous les armes et que les environs de Paris étaient garnis de troupe. » Les débats révélèrent qu’il avait été condamné à l’âge de quatorze ans à trois ans de détention. Il témoigna avoir bien été embauché : « Le 14 juillet, je fus invité à aller chez le sieur Souchet ; je pensais que nous devions soutenir les intérêts du gouvernement de Juillet. Nous voulions nous opposer à ce qu’on vînt faire des émeutes. Avant notre départ, deux commissaires de police se présentèrent et dirent que la police était loin de nous autoriser à faire ce que nous voulions faire ; qu’elle défendait les rassemblements. » A l’issue du procès et après de multiples témoignages qui confirmèrent l’article, les deux accusés furent acquittés. Il était devenu fort à la halle le 3 août 1831. En 1832, sa veuve, David, Marie-Louise, « chargée d’un enfant et prête d’accoucher, dénuée de tous moyens », sollicita l’admission de son aîné dans une « institution crée pour les orphelins des décorés de Juillet ». Le ministère lui répondit qu’il n’existait « point de maison d’éducation où les enfants des combattants de Juillet soient admis à titre gratuit. Un seul établissement, l’Ecole de Charonne, paraît avoir été affectée à l’éducation de ces enfants, mais les élèves n’y sont admis qu’au moyen du produit d’une souscription recouvrée par une société philanthropique présidée par M. le duc de Choiseul, pair de France. Le gouvernement n’ayant aucune influence sur cette institution, sa recommandation pour y faire entrer votre fils serait complétement inutile. » Sa veuve reçut un secours de quarante francs en 1849, à titre de veuve d’un décoré de la Croix de Juillet. Il demeurait 12, rue d’Aligre en 1831 mais 6, rue d’Aligre in Archives nationales F/1dIII/36 ; sa veuve, même adresse en 1832 ; sa veuve, 17, ou 97, rue Sainte-Marguerite dans le faubourg Saint-Antoine en 1849. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIIIe arrondissement (sous le nom de Liandion, Jean-Philippe) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/9/1156 ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes, idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 27 février 1850, minutes 100-104 ; Cour d’assises de la Seine, procès du National et de la Tribune, embrigadement de faux ouvriers le 14 juillet ; préventions de diffamation envers MM. Casimir Perier et Vivien, Grenoble, imprimerie de Barnel, décembre 1831 ; La Gazette des tribunaux, 30 novembre 1831, 1er et 2 décembre 1831.