Langevin, Louis, Aimé, Prosper
Biographie
Né vers 1796 à Paris (ancien) IIIe arrondissement. Marchand de vins. Il s’illustra à la porte Saint-Martin. Le 11 octobre 1830, il sollicitait ainsi une place de garçon de bureau auprès du général Lafayette, commandant en chef de la garde nationale : « A la glorieuse époque de juillet 1830, j’ai tenu la conduite d’un véritable Français. J’ai organisé les barricades de mon quartier. Nommé chef du poste par mes voisins, j’ai contribué au bon ordre que, dans ce quartier isolé, des malveillants auraient pu troubler. Enfin mon activité et mon zèle pour le triomphe de la bonne cause m’ont obtenu l’estime de mes concitoyens, qui, d’un commun accord, m’ont promu au grade caporal dans le noble corps dont vous êtes le digne chef. Sans doute cette satisfaction de ma conscience suffirait à mon bonheur si ma position domestique n’y mettait obstacle ; je ne réussis point dans mon commerce et je ne puis élever convenablement mes enfants, qui sont encore en bas âge, si je n’obtiens pas de votre généreuse protection une place de garçon de bureau ou de concierge, qui, en vertu de votre influence, serait à votre disposition. » Sa pétition était apostillée des signatures de (pour les noms lisibles) : Laperteu..., propriétaire ; Vandresamme ; général de Lacroix, baron de Boegard (voir Lacroix de, baron de Boegard, Irénée) ; Michel, le capitaine de sa compagnie, qui ajoutait : « Je certifie que le sieur Langevin est caporal dans la compagnie par l’estime de ses voisins et que, toujours exact à ses devoirs, il a fait jusqu’ici son service avec tout le zèle et le dévouement d’un bon patriote. Je regrette vivement de n’avoir pas été témoin de sa conduite dans les derniers jours de juillet puisque cela me prive du plaisir de lui exprimer ici, au nom de tous ses voisins, la reconnaissance que chacun lui doit. Si la conviction morale suffisait pour délivrer un certificat, je ne balancerais pas un instant à attester les faits énoncés dans la pétition ci-contre. » Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Ve arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il était porteur du certificat suivant : « Lors des événements de juillet lorsque la France était dans une agitation alarmante que dis-je dans un désordre complet, le sieur Louis, Prosper Langevin, animé du meilleur zèle et suivant les traces d’un citoyen rempli d’honneur, a fait dans l’intérêt de l’indépendance et de la noble cause de la liberté ce qu’une personne sage, prudente, courageuse eût dû faire en pareille circonstance. Les faits suivants attesteront d’une manière irrévocable ce que nous avons l’honneur de vous exposer et d’attester sur notre honneur. Le 28 au matin, vers 11 heures, sans cependant le préciser, il a combattu d’une manière digne d’éloges à la porte Saint-Martin, ayant essuyé les feux du 3e de la garde avec d’autres régiments qu’on ne peut ni préciser ni reconnaître, attendu que dans des combats partiels toutes les troupes sont pêle-mêle. Il a également sous sa direction et surveillance fait construire des barricades pour s’opposer au choc des insurgés de ligne, c’est-à-dire 50e et autres, dans la rue Carême-Prenant et endroits adjacents. Il a toujours redoublé de zèle, d’activité et de courage pour prouver que dans son cœur il n’existait point de germe de faiblesse et de pusillanimité. Les sacrifices notables qu’il a faits pour administrer des secours à ceux qui étaient dans le plus grand besoin et pour lesquels il n’a jamais réclamé la moindre indemnité prouvent combien il serait à désirer qu’un pareil citoyen ne fût point oublié dans la distribution des croix qui va bientôt se faire. » Signé, le 6 août 1831 : Laperteu..., propriétaire, demeurant 12, quai Jemmapes ; Maillant (voir Maillant, Louis, Jean), blessé et médaillé de Juillet, demeurant 16, rue Carême-Prenant ; Gatinot, propriétaire, demeurant 16, quai Jemmapes ; Pornay (voir Pornay, Hippolyte, François), blessé de Juillet, demeurant 8, rue Carême-Prenant ; Collet (voir Collet, François, Marin, Edouard), décoré de Juillet, demeurant 9, rue du Delta, qui précisait que le patriotisme de Collet lui était connu depuis longtemps et qu’il « n’avait pu que faire preuve de patriotisme dans les journées de Juillet » et qu’il avait « contribué au succès de notre indépendance » ; Verdon, capitaine commandant une compagnie du 4e bataillon de la Ve légion, qui ajoutait certifier que « M. Langevin a fait preuve de patriotisme dans les premiers jours de notre révolution et qu’il a fait son service avec exactitude dans la compagnie que j’ai l’honneur de commander ». Il était indiqué sur les fiches de la Commission comme sans fortune. Il demeurait 14, rue Carême-Prenant, dans la quartier du faubourg du Temple en 1830 ; 14, quai Jemmapes en 1831. Archives de la préfecture de police AA 397.