Langlet, Charles
Biographie
Né le 20 novembre 1798 (mais le 2 novembre 1798 in Archives nationales F/1dIII/39 ; le 1er novembre 1798 in Archives de Paris Vbis1K4 2 sur le récépissé de remise de la médaille, qu’il signe, la source est donc sûre) à Prouvais (in Archives de Paris Vbis1K4 2 sur le récépissé de remise de la médaille, qu’il signe, la source est donc sûre et in Archives nationales F/1dIII/39) (Aisne). Mécanicien ou serrurier (serrurier in Archives de Paris Vbis1K4 2 sur le récépissé de remise de la médaille, qu’il signe, la source est donc sûre). Il donnait lui-même les indications biographiques suivante : « En 1814, apprenti serrurier, à l’affaire de Paris, avec le fils de son maître, à la barrière de Ménilmontant, reçut des cartouches des blessés pour les porter aux combattants, à qui il les a distribuées ; un moment après, il a reçu une balle à la cuisse droite et un coup de sabre sur le sourcil gauche. Il fut guéri par ses parents. En 1820, il partit de Paris pour aller conduire la mécanique des bâtiments à vapeur de l’Etat au Sénégal. En 1821, il fit la campagne de Galam à trois cents lieues dans l’intérieur de l’Afrique, à bord du bâtiment l’Africain. Arrivé à la destination, une pièce principale de la mécanique vint à casser. Quoique bien malade il inventa un moyen de la supprimer en la remplaçant par d’autres pièces, qu’il fit sur les lieux, sans quoi le bâtiment et l’équipage tombaient au pouvoir des naturels du pays, avec qui l’on avait la guerre. A son retour à Saint-Louis, il a reçu des félicitations extraordinaires de la part de M. Le Coupé, gouverneur du Sénégal, ainsi que de M. Leblanc, commandant de flottille, qui venait régulièrement tous les dimanches à l’hôpital, en me comblant d’espoir et de promesses. Quelque temps après, il partit pour la France et me laissèrent très malade dans la colonie. A son retour à Paris, il avait lieu d’espérer une marque distinctive et il ne lui a été parlé de rien. Il a réclamé simplement les frais de route, qui lui ont été accordés de suite, à raison de deux francs et vingt-cinq centimes par lieue de Bordeaux à Paris. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIe arrondissement. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, […] certifions parfaitement connaître le sieur Langlet, Charles […] pour un homme de bonne vie et mœurs et bon citoyen, lequel a pris des armes à des gardes royaux qu’il désarma pour s’en servir ensuite contre eux. Il a donné dans les journées des 27, 28 et 29 juillet des preuves de son dévouement et de son patriotisme, s’étant avec honneur et distinction vaillamment battu. De plus, il a monté pendant plusieurs jours la garde à la Chambre des députés ; ensuite il fit les campagnes de Saint-Cloud et Rambouillet. Enfin, il a combattu et contribué par son héroïque courage au succès de la cause nationale, celle de la liberté de sa patrie ! Attestons qu’il s’est trouvé à l’affaire de la rue des Prouvaires, à celle de la Grève, où il a eu le pouce et le poignet foulé d’une balle qui a cassé le bois de son fusil, lorsqu’il tirait, et à celle qui eut lieu rue de Richelieu, au coin de celle Saint-Honoré. Il fut le premier à monter à l’assaut dans la maison du marchand de bas, où ils trouvèrent huit à dix gardes royaux cachés dans un grenier. Ils ne durent leur vie qu’audit sieur Langlet, qui empêcha ses compagnons d’armes de les massacrer, en leur observant qu’ils étaient sans armes. » Signé, le 23 août 1830 ; Desgranges, son logeur, 11, rue de la Heaumerie ; Bernard, coiffeur ; Prise illisible ; Desgranges, orfèvre ; Demptos, officier de santé, demeurant 14, rue de la …annerie ; Chazal, coiffeur ; Servatius (voir Servatius, Mathias ?). Son pouce droit, déboité en arrière et couché sur le poignet fut remis immédiatement par un médecin qui se trouvait sur les lieux. Plus tard, il se rendit à l’Hôtel-Dieu pour se faire panser. Il reçut un secours de quinze francs, le 16 août 1830, un secours de quinze francs, le 20 septembre, à la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il fut nommé porte-drapeau de la VIe légion de la garde nationale. En mai 1831, il s’engagea comme sergent au 45e de ligne et devait partir pour la Grèce ou la Morée ; avant de partir, il sollicita quelques secours « pour faire honneur à ses affaires et des besoins qu’exige une route aussi considérable ». Il fut décoré à la fois de la croix et de la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Sa médaille lui fut délivrée le 30 juin, et son brevet le 17 août 1831. Il apostilla, le 23 juillet 1831, la lettre rédigée par Thoury, Joseph pour faire valoir ses droits devant Commission des Réclamants, attestant « la conduite et le dévouement » de Thoury ; Thoury avait évoqué les faits suivants : « La pétition que j’avais adressée en octobre dernier se trouvant égarée, je vous prie d’accueillir la présente et d’en profiter pour faire valoir mes droits à la décoration de Juillet, que je crois avoir méritée par mon dévouement et mes services dans les trois mémorables journées. Le 28 juillet, je me suis battu à la porte Saint-Denis le matin et le soir à la place de Grève, étant embusqué rue de la Vannerie. Le 29, je me suis battu le matin contre la garde royale et les gendarmes ; voyant que nous étions en trop petit nombre pour résister et que les gardes royaux étaient montés dans les maisons, je me suis retiré dans ma chambre, rue des Boucheries et dont les croisées donnent Petite-Rue-du-Rempart. J’y ai fait monter quatre hommes avec moi et nous n’avons cessé de tirer depuis midi jusqu’à la fin de l’affaire, plusieurs balles sont entrées dans ma chambre mais nous avons eu le bonheur de ne pas être atteints, et le feu que nous avons dirigé sur eux par l’avantage de notre position a fait cesser le leur et a peut-être sauvé la vie à plusieurs braves Parisiens. Ces faits étant notoires, j’ai l’honneur de vous prier, messieurs, de m’obtenir la décoration que je crois avoir méritée. » Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de cent vingt francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il reçut, en tant que décoré et blessé, un secours de cinquante francs et un habillement soit bourgeois soit de garde national (pour une valeur de soixante francs), sur les fonds de la Commission de la souscription nationale, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution de Juillet. Il fut nommé sous-officier, sur proposition de la Commission des récompenses nationales et affecté au 45e de ligne. Il reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement, une gratification, en tant que décoré, de vingt-cinq francs le 27 juillet 1833, de cinq francs en 1834, de douze francs en 1835, de quatre francs et trente-cinq centimes en 1836 (mais de cinq francs in Archives de Paris VD6 524 n° 3, année 1836 ; il est indiqué curieusement sur la liste d’émargement qu’il dépendait du [ancien] IVe arrondissement), de cinq francs et trente centimes en 1837, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution de Juillet. Il reçut un secours de cinquante francs en 1849 et en 1850, un secours de soixante francs en 1851, à titre de médaillé de Juillet. Il demeurait 11, rue de la Heaumerie, chez Desgranges, logeur, en 1830 (sur son dossier, dans une lettre qu’il signe et dans un certificat des habitants in Archives de Paris VD6 278, donc sûr et aussi in Archives de Paris VD6 360 n° 5, III, Enregistrement des bons délivrés etc.) ; 22, rue Jean-de-l’Epine en 1831-1834 (in Archives de Paris Vbis1K4 2 sur le récépissé de remise de la médaille, qu’il signe, la source est donc sûre) ; 11, rue de la Sonnerie en 1831 (in Archives de Paris VD6 3, donc sur une liste qui accumule les erreurs mais aussi in Archives nationales F/1dIII/39); 3, rue des Mauvais-Garçons en 1835-1836 ; 13, allée des Veuves en 1837 ; 15, allée des Veuves en 1849 ; 17, allée des Veuves en 1850-1851. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du VIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 75 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 278 ; Archives de Paris VD6 356 n° 5 ; Archives de Paris VD 6 356 n° 6, Etat nominatif des décorés de Juillet qui ont pris part aux gratifications accordées à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet en 1831, 1833, 1834, 1835, 1836, Etat (1833) des décorés de Juillet du VIe arrondissement qui ont reçu sur leur demande la somme de 25 francs, que M. le préfet de police, par sa lettre du 26 juillet 1833, a autorisé M. le maire à leur compter, Noms des décorés de Juillet non pensionnés entre lesquels ont été répartis les trois cent soixante-quatorze francs et quatre-vingt-dix centimes attribués au (ancien) VIe arrondissement par la lettre de M. le préfet de la Seine du 30 juillet 1834, Liste des décorés de Juillet non pensionnés qui se sont présentés pour participer à la répartition des quatre cents francs attribués au (ancien) VIe arrondissement suivant mandat de pareille somme reçu le 28 juillet 1835, Liste nominative de MM. les décorés de Juillet non pensionnés entre lesquels ont été répartis les quatre cents francs attribués au sixième arrondissement par un mandat de M. le préfet de la Seine du 27 juillet 1835, Etat nominatif des décorés de Juillet non pensionnés entre lesquels a été répartie la somme de cent cinquante-deux francs attribuée au (ancien) VIe arrondissement par la lettre de M. le ministre de l’Intérieur en date du 27 juillet 1836, Année 1837, Etat des décorés de Juillet du (ancien) VIe arrondissement qui sont venus se faire inscrire pour participer s’il y a lieu à la gratification qui pourrait être accordée à l’occasion des fêtes de Juillet, Etat émargé (1837) par les décorés de Juillet du (ancien) VIe arrondissement qui ont participé à la gratification accordée par M. le ministre de l’Intérieur à l’occasion des fêtes anniversaires de 1830 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, I correspondance du préfet, enquêtes, liste nominative de MM. les décorés de Juillet non pensionnés entre lesquels ont été répartis les trois cent soixante-quatorze francs et quatre-vingt-dix centimes attribués au (ancien) VIe arrondissement par la lettre de M. le préfet de la Seine du 30 juillet 1834, idem liste nominative de MM. les décorés de Juillet non pensionnés entre lesquels ont été répartis les quatre cents francs attribués au (ancien) VIe arrondissement par mandat de M. le préfet de la Seine du 27 juillet 1835 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, VII Répartition des fonds de la souscription nationale, Etat nominatif des blessés qui, étant décorés de la croix ou de la médaille, ont reçu, à l’occasion de l’anniversaire de Juillet un secours de cinquante francs et un habillement bourgeois ou un uniforme de garde national, et de ceux qui, n’étant point décorés, n’ont participé qu’au secours de cinquante francs (sous le seul nom de Langlet) ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, III, Enregistrement des bons délivrés par MM. les membres de la Commission des blessés, contenant autorisation de délivrer des secours aux veuves, orphelins et blessés, sur le fonds de dix mille francs reçu à cet effet de la préfecture par M. Caius, maire du (ancien) VIe arrondissement et sur les souscriptions déposées entre les mains de M. Grondard, trésorier ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, VII Répartition des fonds de la souscription nationale, inscription des indemnités définitives, idem états nominatifs des blessés admis à la répartition des fonds de la souscription nationale, 2e classe et 1re classe ; Archives de Paris VD6 524 n° 3, année 1836, état de répartition de la somme de trois cent dix-huit francs entre MM. les décorés de Juillet domiciliés sur le (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, liste générale de présentation et de nomination de sous-officiers; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) VIe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 43 et minute 46, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 73, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199 ; idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134 ; Archives de la préfecture de police AA 415 in dossier Thoury, Joseph.