Langlois, Benoît
Biographie
Ancien militaire, ayant servi dix-sept ans. Il était capitaine de grenadiers au 2e bataillon du 1er régiment des volontaires de la Charte. Il adressa une lettre à la Commission des récompenses nationales, par laquelle il sollicitait une décoration, expliquant ainsi sa conduite : « J’ai l’honneur de vous exposer qu’à la tête d’une compagnie que j’avais ralliée c’est moi qui le premier ai arboré les couleurs nationale sur les grilles du parc de Saint-Cloud et à la tête du pont de Sèvres, malgré la vigoureuse résistance qu’opposaient la gendarmerie et les gardes du corps. Après avoir continué de commander et de nourrir à mes frais ces mêmes hommes, j’ai été assez heureux pour en amener au régiment soixante-dix, qui ont formé le noyau de ma compagnie et en font encore partie aujourd’hui […]. » Il joignait à sa lettre plusieurs certificats. Le premier, ainsi rédigé : « Nous, officiers, sous-officiers et grenadiers certifions que M. Langlois, notre capitaine, a été le premier qui a arboré les couleurs nationales aux grilles du parc de Saint-Cloud, à la tête du pont de Sèvres, malgré la mitraille et la fusillade de la gendarmerie et gardes du corps, qui ont pris la fuite en voyant l’intrépidité avec laquelle nous franchissions la grille. Nous certifions en outre que M. Langlois nous a fourni les moyens de subsistance depuis le 28 juillet jusqu’au 6 août 1830. » Signé à Picpus, le 7 août 1830 : Jay, lieutenant ; Laugé, sergent-major ; Blansec, sergent ; Savart, sergent. Le deuxième, ainsi rédigé : « Nous, habitants de la commune de Sèvres, certifions qu’il est en notre pleine connaissance que M. le capitaine Langlois, à la tête de sa compagnie, a été le premier qui ait arboré les couleurs nationales aux grilles du parc de Saint-Cloud à la tête du pont de Sèvres, malgré la mitraille et en présence et malgré les efforts de la gendarmerie et des gardes du corps, lesquels ont pris la fuite du côté du château, voyant avec quelle rapidité ledit Langlois et sa compagnie avait franchi les grilles. » Signé, le 28 août 1830 : Péroux ; Mazière. Le troisième, ainsi rédigé : « Le maire de Chavanay certifie et atteste sur l’honneur qu’en l’année 1815 il organisa une garde nationale mobile et active pour marcher contre l’armée que le duc d’Angoulême avait levée dans le Midi ; que le sieur Benoît Langlois, dont on connaissait les principes de liberté et son horreur pour l’esclavage, qui joignait à cela des connaissances militaires, ayant précédemment servi et portant une honorable blessure à l’un des deux talons, fut nommé capitaine d’une des compagnies du bataillon ; qu’il se rendit avec moi à la sous-préfecture à Saint-Etienne pour avoir des armes et armer ce corps de braves. Il s’y est toujours bien conduit. » Signé, à Chavanay, le 22 août 1830 : le maire de Chavanay, …éoul. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux. Archives de Paris VK3 47.