Langlois, Bernard, Pierre, Alfred

Biographie


Né le 11 janvier 1808 à Caen (Calvados), fils de Langlois, Guillaume, Marin, Louis, traiteur, et de Mariette, Léonore, son épouse. Commis marchand chez Malherbe, négociant rue Thirou (ou rue Sainte-Croix-d’Antin dans le témoignage devant le juge de paix du (ancien) Ier arrondissement) à Paris, libéré du service militaire par tirage au sort comme faisant partie de la classe de 1828. Il fut, le 28 juillet dans la matinée, gravement blessé d’un coup de feu reçu en combattant contre la garde royale, rue Saint-Honoré au coin de la rue des Poulies. Transporté inanimé au 108, rue Saint-Honoré, il mourut une heure après son transfert. Il fut enterré sous la colonnade du Louvre. On trouve dans le supplément du numéro 48 du Courrier des électeurs, le récit suivant de la cérémonie funèbre de l’enterrement des victimes de Juillet sous la colonnade du Louvre : « Il existe, vis-à-vis le Louvre, sous la colonnade, et vis-à-vis l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, une place nue qui était entourée d’une simple barricade en bois : c’est dans un coin de cette place et du côté de la Seine qu’on été ensevelis aujourd’hui d’héroïques citoyens qui ont succombé dans les journées du 28 et du 29. On a creusé deux grandes fosses dans lesquelles quatre-vingts cadavres à peu près ont été placés entre deux couches de chaux vive ; les morts étaient apportés dans de grands fourgons et retirés l’un après l’autre. Un frère a reconnu son frère ; le cadavre était ensanglanté et presque méconnaissable ; cependant le frère de la victime s’est jeté sur ce corps avec des cris et des plaintes : le jeune homme a voulu couper une mèche de cheveux à ce cadavre ; on lui a prêté un couteau, il a coupé les cheveux, il a embrassé son frère, après quoi il l’a abandonné à la fosse qui le réclamait. Les citoyens ont rendu à ces corps tous les honneurs dus aux soldats et aux chrétiens. Il ont déchargé leurs fusils sur cette vaste tombe ; ils ont appelé un prêtre de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois : M. L’abbé Paravey est venu en habits sacerdotaux, et qui a béni la terre des morts ; la garde nationale a reconduit M. le curé jusqu’à sa porte. Quelle guerre ! quelle histoire ! quel peuple ! En ce moment il élève sur le champ de repos une croix de bois sur laquelle on lit pout toute inscription funéraire : Aux Français morts pour la liberté ! » Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Le 28 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) Ier arrondissement (sic), comparurent : Capelle, Henry, né vers 1798, pharmacien, demeurant 108, rue Saint-Honoré ; Sallé, Eugène, né vers 1801, marchand d’étoffes de soie, demeurant 108, rue Saint-Honoré ; Jouvin, Pierre, né vers 1799, tailleur d’habits, demeurant 108, rue Saint-Honoré. Ils attestèrent « que le 28 juillet dernier, dans la matinée ils ont vu apporter dans la cour de la maison où ils demeuraient un jeune homme dont les blessures graves qu’il venait de recevoir en combattant contre les soldats de l’ex-garde royale, rue Saint-Honoré au coin de celle des Poulies lui avaient fait perdre connaissance ; qu’après avoir reçu un premier pansement dans l’ambulance établie dans cette maison il y est mort environ une heure après, et son corps transporté avec les autres morts au Louvre, où il a été enterré ; qu’ayant examiné les papiers dont il était porteur ils ont vu que ce jeune homme s’appelait Bernard, Pierre, Alfred Langlois ». Ses parents, Langlois, Guillaume, Marin, Louis, né le 26 juillet 1765 (bien le 26 juillet 1765 dans son acte de baptême ; parfois mais par erreur le 27 juillet 1765) à Canteleu (Seine-Maritime), et Mariette, Léonore, née le 17 juin 1772 (bien le 17 juin 1772 dans son acte de baptême ; parfois mais par erreur le 18 juin 1772) à Colleville-sur-Mer (Calvados), veuve Larchevêque (in Archives de Paris VK3 55), reçurent un secours le 15, janvier 1831 de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Le docteur Saint-Fresne, médecin à Caen, attesta, le 13 août 1830, que Langlois, Guillaume, Marin était « depuis plusieurs années infirme par suite d’une attaque violente d’apoplexie, que son épouse Eléonore Mariette est habituellement valétudinaire ». Le maire de la ville de Caen attesta, de son côté, que les époux Langlois étaient « sans aucunes ressources et infirmes ». Ils reçurent de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes de cinquante francs. Ils furent pensionnés de trois cents francs. Les parents s’étaient mariés le 16 frimaire an XII à Caen ; sur l’acte de mariage Guillaume, Marin, Louis est indiqué comme le fils de feu Langlois, Jean, mercier et de Pellerin, Marie, Anne et comme étant cuisinier-pâtissier ; Mariette, Léonore est indiquée comme la fille de feu Mariette, Gilles, laboureur, et de feue Nicolle, Marie, et comme étant épicière. Les parents avaient choisi pour les représenter dans les démarches auprès de la Commission des récompenses nationales, Bonnard, négociant, demeurant 5, rue Neuve-Saint-Eustache. Langlois, Bernard, Pierre, Alfred demeurait 2, rue Sainte-Croix chez M. Malherbe. Les parents demeuraient rue Notre-Dame à Caen en 1831. Le nom de Langlois (A.-P.-B. Langlois) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Ses parents demeuraient à Caen (Calvados) en 1830. Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis (sous le nom de Langlois, Guillaume, Menin) ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 (sous le nom de Langlois, Guillaume, Menin) ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 81 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Ve arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 100 ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Commission des récompenses nationales, (ancien) IIIe arrondissement, état des ascendants ayant droit à une pension, idem Etat des paiements faits par M. Ternaux, commissaire délégué des récompenses nationales pour le (ancien) IIIe arrondissement, aux veuves, ascendants et blessés dudit arrondissement, années 1830-1831 (M. Ternaux n’a pris les paiements que le 13 octobre 1830) ; Archives de Paris VK3 55 (elle est indiquée comme devant être pensionnée) ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/61 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (sous le nom de Langlois, Alfred, Pierre, Bernard) ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 83 (sous le nom de Langlois, Alfred, Pierre, Bernard), liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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