Langlois, Charles, Constant

Biographie


Né le 16 juillet 1805 à Compiègne (Oise). Garçon Limonadier. Il reçut cinquante francs de secours en novembre 1830 auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il adressa la lettre suivante à la Commission nommée pour la vérification des pertes éprouvées par les particuliers dans les journées des 28 et 29 juillet, et y relatait la conduite qu’il avait tenue pendant les événements : « Le sieur Charles Langlois, demeurant rue de Rohan n° 27, a l’honneur de vous exposer que dans les événements qui viennent de se passer, le café de M. Picard, marchand limonadier au café du jardin des Tuileries, a été pillé et dévasté entièrement. Dans ces pertes, j’ai eu le malheur d’y perdre pour une valeur d’au moins cent cinquante francs environ en effets d’habillement, tels que veste, bas, bottes, pantalons et différents autres effets, tel qu’il a été attesté par le sieur Picard lui-même. Nous n’avons rien pu sauver puisque l’on nous mit dehors du jardin, le mardi 27. Nous n’avons pas perdu de temps, moi et mon épouse ; toute la nuit du mardi au mercredi, ainsi que plusieurs voisins pourront l’attester, nous avons harcelé toutes les troupes et nous avons pu faire un massacre dans leurs rangs. Car nous avons provoqué une fusillade, en leur jetant pierres et pavés, bouteilles, tout ce qui se trouvait sous la main. Le lendemain, mercredi, je me rendis au roulage, situé rue Hauteville, où nous nous fîmes donner des armes à plus de cent personnes et nous achetâmes de la poudre et des balles et nous nous dirigeâmes aux Petits-Pères, où de là la Banque fut enlevée par nous, ainsi que la garde nationale à 2 heures. Ensuite, nous nous mîmes en marche pour le Châtelet et l’Hôtel de ville et sur notre passage nous fîmes rendre le poste de Saint-Eustache, occupé par les pompiers, qui ne voulaient pas rendre leurs armes. C’est moi qui puis me flatter d’avoir arraché des mains du factionnaire le fusil dont il était armé. Arrivés dans les rues qui avoisinaient l’Hôtel de ville, vous savez ce qui s’est passé. Depuis le matin, je n’avais pas rentré chez moi et je pensais bien que la maison était en danger, ainsi que ma femme et mes enfants. Au centre de l’état-major, je parvins, non sans péril, à rentrer à mon domicile, où de nouveaux périls nous attendaient car à plusieurs reprises le jeudi l’on voulait mettre le feu à la maison du chapelier, disant que nous avions donné à entrer aux gardes royaux. C’est là où le massacre et le carnage a été des plus épouvantables. Au plus fort de l’affaire, ma femme descendit, ainsi que peuvent l’attester les voisins, pour donner à boire à nos braves, harassés de fatigue, et ma femme y reçut par la maladresse de quelqu’un un coup de sabre qui heureusement n’eut pas de suite pour le mal qu’il avait fait. Je puis, sans me flatter, vous faire part, ainsi que peuvent l’attester toutes les personnes de la maison, d’avoir sauvé la vie, en donnant mes habits et une casquette à un artilleur de la garde, qui était caché sur la cheminée. Je vous prie, messieurs, d’avoir égard à notre position, en qualité d’ouvrier et sans ouvrage car depuis que les Tuileries ne sont plus occupées l’on ne fait plus rien. » Le 11 septembre 1830, il fit une lettre à la Commission des récompenses nationales pour attirer son attention sur la situation faite à son père : « […] Le sieur Langlois, son père, ancien piéton de la sous-préfecture de Compiègne, a été par l’injustice du sieur Borel de Favencourt, ex-sous-préfet dudit Compiègne sous l’ancien gouvernement, remercié de sa place il y a environ six mois, au bout de vingt-quatre ans de service, tel que peuvent au besoin l’attester toutes les personnes notables de toute la ville. Il n’a eu aucune pension, comme l’avaient eu ses prédécesseurs et collègues, sur le dire du sieur Borel que les piétons étaient supprimés vu la nouvelle organisation des postes dans tous les villages du département. Le gouverneur adopta un moyen par lequel tout individu à raison d’une somme de trois cents francs alloués pouvait se faire facteur rural pour faire le service. Ledit sieur Langlois parvint assez difficilement à obtenir une de ses places mais la modique somme allouée à ses emplois, formant environ quinze sous par jour, ne pouvait suffire à entretenir un père de famille. Il fut obligé, il y a quelques mois, d’abandonner sa place et, aujourd’hui, il a un dérangement total dans la tête, qui ferait penser à une espèce d’aliénation, qui lui prend assez souvent. Je réclame que l’on daigne avoir égard à ma position, il n’a que moi comme fils qui puisse lui donner des secours ainsi qu’à sa famille. En me donnant sitôt qu’il serait possible un emploi quelconque, soit comme concierge ou garçon de bureau, ou employé dans quelque administration, ayant travaillé dans le notariat et à la sous-préfecture de Compiègne, je peux remplir ces emplois. En ayant égard à notre position, vous obligeriez deux pères de famille et un ancien serviteur du gouvernement. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il fut admis, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, dans la 1re catégorie de la 2e classe des blessés avec une indemnité de trois cents francs versés sur une année. Il reçut sa médaille le 19 juillet 1831, et son brevet le 18 août de la même année (sous le nom de Langlois, Constant, Eléonore sur le registre de récépissés des médailles et brevets). En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, en tant que décoré, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il demeurait 27, rue de Rohan, maison du charcutier (mais 230, rue Saint-Honoré in Archives de Paris VK3 24 dans le registre qu’il signe, in Archives de Paris VD6 92 et in Archives nationales F/1dIII/34 ; petite rue d’Avoye ? Saint-Honoré in Archives de Paris VK3 25 dans une liste de citoyens proposés pour la médaille, liste qui est corrigée à la main ; mais 27, rue de Rohan in Archives de Paris VK3 25 liste alphabétique des décorés de la médaille de Juillet ; sans doute par erreur 37, rue de Rohan in Archives de Paris VK3 28) en 1830-1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 91 liasse 2 ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Bordereau des sommes payées aux décorés de la croix et de la médaille de Juillet, non blessés, pour l’indemnité qui leur a été accordée à l’occasion de l’anniversaire des trois jours, par décision de la Commission des récompenses nationales en date du 23 juillet 1831 ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, liste des blessés indemnitaires de la 1re classe, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831, idem liste des médaillés du (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VD6 121 n° 2 mairie du (ancien) 1er arrondissement, liasse 7, liste des secours aux combattants ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, (ancien) Ier arrondissement (sous le nom de Langlois, Constant, Eléonor ; le prénom de Charles étant rayé), idem même référence liste alphabétique des décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 28, Commission des récompenses nationales de 1830, listes de noms de combattants bénéficiaires de secours pécuniaires, Ier arrondissement (ancien) ; Archives de Paris VK3 47 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement.

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