Las Cases, Emmanuel, Pons, Dieudonné, Auguste

Biographie


Né le 8 juillet 1800 (mais le 8 juin 1800 in Archives nationales F/1dIII/39 et surtout dans le registre qu’il signe in Archives de Paris VK3 27, aussi in Nouvelle Biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours) à Saint-Méen (Finistère). On trouve, dans Trois journées d’un bourgeois de Paris, la trace suivante de sa participation aux combats de Juillet : « [Le 29 juillet à l’Hôtel de ville, N.D.A.] Je vis là aussi, avec le plus vif intérêt, le jeune Las-Cazes, qui le matin, disait-on, s’était battu comme un lion dans les rues de Paris. » Dans ses Mémoires, le baron de Vitrolles raconte le fait suivant sur Las Cases, présent au Carrousel, le 29 juillet au moment de la débâcle des troupes royales : « Quelques jours après cette catastrophe, M. de Las Cases, le fils, me peignait le général [Marmont, N.D.A.] de la même manière [tranquille au milieu des balles qui sifflaient autour de lui et tentant d’arrêter le flot précipité de la fuite de ses soldats, N.D.A.]. Ce jeune homme, fanatisé par son séjour à Sainte-Hélène, était dans les rangs des insurgés ; il s’était porté en avant sur la place du Carrousel ; à la vue du maréchal Marmont et au souvenir de ce qu’il appelait sa trahison, il arma son fusil et coucha le maréchal en joue ; mais frappé de cette bravoure, de ce calme au milieu des périls qui le menaçaient, désarmé par son admiration, il posa son arme “laissant, disait-il, à un autre le soin de venger la querelle de l’exilé de Sainte-Hélène”. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Dans l’exposé qui est fait de la conduite de Douelle, Jules, Louis (voir ce nom), on trouve comme indication que ce dernier, le 29 juillet « dès 3 heures du matin, il était au bureau du Temps avec M. Emmanuel Las Cases et reçut des mains de M. Baude une centaine d’exemplaires de ce journal, qu’il s’empressa de répandre dans le quartier populeux des halles pour entretenir l’ardeur de ceux que le manque de chefs décourageait déjà ». Il signa, comme député un certificat en faveur de Jovenet, Edouard. Il prêta son serment de décoré de Juillet, le 23 septembre 1831 à la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il reçut sa croix et son brevet le même jour. Nous empruntons à la Nouvelle Biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours, la notice biographique qui lui est consacrée et ainsi rédigée : « Baron, puis comte de, sénateur français, né à Saint-Méen (Finistère), le 8 juin 1800, mort le 8 juillet 1854. Il avait à peine quinze ans lorsqu’il accompagna son père à Sainte-Hélène, où il écrivit, sous la dictée de l’empereur Napoléon Ier, plusieurs documents importants de l’histoire militaire du grand capitaine. Après dix-huit mois de séjour à Longwood, MM. de Las Cases se virent brutalement séparés de leurs compagnons d’infortune, par suite des incessantes tracasseries de sir Hudson Lowe. Transporté au cap de Bonne-Espérance, où il partagea la captivité de son père, le jeune Las Cases, après avoir erré en Belgique et en Prusse, revint en Angleterre, d’où il obtint, en 1819, l’autorisation de rentrer en France sous un nom supposé. L’année suivante, il alla étudier le droit à Strasbourg, étude qu’il vịnt ensuite achever à Paris. La mort de Napoléon ayant ramené le geôlier de l’empereur à Londres, il courut l’y rejoindre, et lui infligea publiquement un sanglant outrage, sans pouvoir obtenir la satisfaction qu’il en attendait. Un coup de cravache lancé en plein visage méritait une réparation les armes à la main : il n’en fut pas demandé, et M. de Las Cases se vit forcé de rembarquer pour rentrer en France, afin d’éviter les poursuites que la police anglaise dirigeait contre lui. Trois ans après, le 11 novembre 1825, à 8 heures du soir, M. de Las Cases fut l’objet d’une tentative d’assassinat à Passy. Frappé de deux coups d’une arme à double tranchant, l’un à la poitrine, l’autre à la cuisse gauche, le premier fut heureusement amorti par le portefeuille qu’il portait sur lui. Deux Italiens, qui disparurent soudainement, furent accusés de cet attentat. La coïncidence du séjour de sir Hudson Lowe à Paris à la même époque ; son départ précipité dès que la tentative d’assassinat eut été consommée, ont laissé planer de grands soupçons contre l’ancien gouverneur de Sainte-Hélène. M. de Las Cases prit une part active à la révolution de juillet 1830, combattit sur divers points de la capitale, et vint siéger à l’hôtel de ville. Il assista à plusieurs réunions de députés, notamment à celle qui eut lieu chez M. Laffitte. Elu député par le grand collège du Finistère en 1830, puis par celui de Landerneau, il fit partie de la chambre élective de 1830 à 1848, et s’y fit remarquer par son patriotisme et par ses opinions libérales. Son culte religieux pour la mémoire du grand homme le fit désigner, en 1840, pour accompagner le prince de Joinville, à qui le roi avait confié la mission de ramener de Sainte-Hélène les dépouilles mortelles de Napoléon Ier. Par un décret du 31 décembre 1852, M. de Las Cases fut élevé à la dignité de sénateur. » On trouve dans le Dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889, de Robert et Cougny et repris par le site de l’Assemblée nationale, les indications biographiques suivantes le concernant : « Député de 1830 à 1848, sénateur du second Empire, né à Saint-Méen (Finistère) le 8 juin 1800, mort à Passy (Seine) le 8 juillet 1854, fils du précédent, page de l’empereur en 1815, fut emmené par son père à Sainte-Hélène, où il écrivit, sous la dictée de Napoléon, des souvenirs et des mémoires importants sur l’histoire des guerres de l’Empire. […] Candidat agréable au nouveau gouvernement, il fut successivement élu député du collège de département du Finistère, le 28 octobre 1830, en remplacement de M. de Guernissac, démissionnaire, par 317 voix (618 votants, 906 inscrits) ; puis, le 5 juillet 1831, dans le 2e collège du Finistère, par 71 voix (120 votants, 174 inscrits), contre 49 à M. de Kératry ; le 21 juin 1834, par 71 voix (109 votants, 473 inscrits), contre 25 a M. Blacque-Belair ; le 4 novembre 1837, par 104 voix (179 votants, 229 inscrits), contre 65 à M. Véron ; le 3 mars 1839, par 143 voix (201 votants), contre 58 à M. Véron ; le 5 juillet 1842, par 166 voix (200 votants, 260 inscrits), contre 25 à M. Kervas-Doué ; le 1er août 1846, par 197 voix (285 votants, 332 inscrits), contre 61 à M. de Coëtlogon et 22 à M. de Lacrosse. Orléaniste, M. de Las Cases soutint les ministères, tout en défendant certaines propositions libérales de l’opposition. Le gouvernement le chargea d’une mission diplomatique à Haïti en 1837, et, en 1840, il fut adjoint au prince de Joinville pour aller chercher à Sainte-Hélène la dépouille mortelle de l’empereur. […] Fidèle au ministère Guizot, il vota l’indemnité Pritchard, ne prit aucune part aux événements de 1848, et fut nommé sénateur, par le second Empire, le 31 décembre 1852. M. de Las Cases était chevalier de la Légion d’honneur. Il mourut subitement quelques jours après son mariage. » Il est l’auteur du Journal à bord de la frégate La Belle-Poule, Paris, 1841. Il demeurait 5, rue Saint-Germain-des-Prés en 1823-1824 ; 38, rue Neuve-du-Luxembourg en 1831 (mais 13, rue Neuve-du-Luxembourg dans le registre qu’il signe in Archives de Paris VK3 27 et in Archives de Paris VK3 25 dans une liste de citoyens qui ont mérité la croix, liste qui est corrigée à la main). Trois journées d’un bourgeois de Paris. Juillet 1830, F. B***, officier porte-drapeau de la 9e légion, Paris, imprimerie de Dondey-Duprey, 1830, p. 22 (sous le nom de Las-Cazes) ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VD6 277 in dossier Douelle, Jules, Louis ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VK3 27 Mairie du (ancien) Ier arrondissement, décorations de Juillet, registre et certificat de prestation de serment ; Archives de Paris VK3 46 in dossier Jovenet, Edouard ; Archives nationales F/7/6669 (70-110) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) 1er arrondissement. Souvenirs historiques sur la révolution de 1830, Bérard, Paris, Perrotin, 1834, p. 91 ; Mémoires et Relations politiques du baron de Vitrolles, baron de Vitrolles, Paris, Charpentier, 1884, tome III, p. 404 ; Nouvelle Biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours, publiée par MM. Firmin-Didot frères, sous la direction de M. le Dr Hoefer, Paris, 1854, tome vingt-neuvième, p. 751. On peut lire sur Las Cases (mais est-ce lui ou son frère ?) l’appréciation suivante, en 1830, du maréchal de Castellane, dans son journal : « M. Las Cases, qui a été se promener à Vincennes avec le général Gourgaud, a été, sans services, nommé lieutenant aide de camp du maréchal Gérard. » Journal du maréchal de Castellane, 1804-1862, tome deuxième (1823-1831), Paris, Plon, 1895, p. 388.

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