Laugier, Adolphe

Biographie


Né le 29 juin 1803 à Paris. Employé au Figaro. Un rapport de la mairie relatait ainsi sa participation aux combats : « Fut un de ceux qui mirent le feu au poste de la Bourse et brisèrent les réverbères de la rue Montmartre le 27. Le 28, il reçut au bureau du journal le Figaro, à la rédaction duquel il était attaché depuis longtemps, plusieurs exemplaires du Temps et du Journal du commerce et en fit lecture aux citoyens qu’il appelait aux armes. Dans la rue de Cléry, il emprunta d’un homme qui se retirait du combat le fusil et l’habit de garde national qu’il portait et fut user quelques cartouches contre les gardes royaux. Puis il se mit à la tête d’un peloton et vint tirailler sur la troupe qui se trouvait dans la rue Bourbon-Villeneuve. De là, il se rendit à la rue Montmartre, où il organisa la défense. En cet endroit, il sauva la vie à deux soldats que le peuple voulait fusiller. Le jeudi 29, il se mit à la tête des jeunes gens du Jardin des plantes et les conduisit à la caserne de Babylone, où il prit une part active à l’action. Dans la rue des Vieilles-Tuileries, il fit prisonniers plusieurs gendarmes, qu’il ramena sur la place Saint-Sulpice et put arracher ainsi à la mort qui les attendait. Le 30, il fut envoyé à La Force pour contenir les révoltés. Il fit partie du détachement qui alla faire une reconnaissance au bois vers Auteuil et recueillir des gardes royaux qui fuyaient de Saint-Cloud à l’aide de déguisements. Sa belle conduite lui a fait donner par ses concitoyens le grade de lieutenant. » Il fit, quant à lui, le récit suivant de sa participation aux combats : « Attaché à la rédaction du Figaro depuis la naissance de ce journal, j’avais toujours poursuivi avec plaisir la famille jésuitique des Bourbons et ses dignes interprètes, les ministres, dont l’un, M. Corbière, avait récompensé les importants services de mon père, en le remerciant de ses fonctions de chef de bureau au ministère de l’Intérieur, à cause des opinions qu’il professait ; journaliste, j’étais au courant des intentions de ce parti prêtre, qui voulait tout étouffer sous son éteignoir politique ; mais, tout en croyant aux projets de destruction de la charte, je ne pouvais croire à l’émission des fatales ordonnances. Dès lors, j’appris que nos rédacteurs en chef allaient signer cette protestation, premier signal de la rébellion. J’eus le malheur de ne pouvoir les imiter mais je cherchai plus tard à me dédommager. Dès le mardi soir, je sortis dans la ferme intention de faire ce que j’avais fait en 1821, dans les troubles du mois de juin, et lors des novembrisades, et dans l’espoir d’être plus heureux, c’était la troisième tentative. A 5 heures, je me trouvais rue Saint-Honoré. Je rencontrai des imprimeurs près de l’Oratoire et les engageai à ne pas faire ce que nous avions fait dans les premières résistances contre le gouvernement mais à repousser la force par la force. Dans ce moment, une charge de gendarmes nous sépara. Je rentrai chez moi et, après mon dîner, je courus dans la rue Saint-Paul, où je vis des enfants, armés de sabres et de haches et coiffés de casques, fuir devant de prétendus pelotons de cuirassiers, que je ne pus apercevoir. Continuant mon chemin, je remontai la rue Saint-Louis et me dirigeai vers le café du Cirque olympique ; un bataillon de la ligne campait devant les théâtres et défense était faite aux soldats de communiquer avec les citoyens. Plusieurs de mes amis me parlèrent de la conduite qu’ils se proposaient de tenir, le lendemain, partageant ma manière de voir sur les moyens dont il fallait, cette fois, faire usage. Je quittai cette place, gagnai le boulevard Montmartre pour me rendre à mon journal et savoir des nouvelles de nos deux signataires de la protestation, Bohain et Roqueplan. Je sus qu’ils étaient en sûreté. On me dit que le poste de la Bourse était pressé par des jeunes gens, qui redemandaient un prisonnier. J’y courus. Peu après mon arrivée, les gendarmes firent feu. Alors l’exaspération fut à son comble. Une personne était tombée. On voulut les attaquer mais nous n’eûmes pour armes que des torches, et le feu fut mis au corps de garde. Les pompiers vinrent pour l’éteindre ; on les empêcha d’approcher. Je comptais aller dans la rue de Richelieu. Il était alors 10 heures moins le quart. Lorsque des décharges nous forcèrent à nous séparer. Nous nous retirâmes par la rue Joquelet les uns, d’autres par la rue Notre-Dame-des-Victoires. Je fus de ce nombre et apportai au Café des variétés une giberne que j’avais prise sur la place la Bourse. J’allai ensuite dans la rue Montmartre, où des citoyens cassaient des réverbères. Je me joignis à eux et les aidai de mon mieux. A minuit, je rentrai chez mon père, pour le tranquilliser. Le mercredi 28, je me rendis à mon journal ; quelqu’un me donna des exemplaires du Temps et du Journal du commerce, m’engageant à les répandre. Plusieurs camarades reçurent de moi ces journaux, avec l’invitation de les lire dans les rues. Lecteur ambulant, je me mis plusieurs fois sur des bornes, appelant les citoyens aux armes, jusqu’au moment où une décharge vint sur le boulevard disperser mon auditoire et arrêter ma lecture. Je résolus de me procurer des armes mais, rue Montmartre, n° 167, où je connaissais plusieurs personnes, on ne put m’en procurer. J’espérais être plus heureux autre part. Je fus au Café des variétés, rendez-vous des journalistes, où je trouvais des personnes aussi malheureuses que moi de ne pas prendre une part plus active aux événements. Je vis, en ce moment, passer un courrier, en face, sur le boulevard ; il allait très vite, je pensai que cela pouvait être important. Je courus l’arrêter ; je remarquai un M. de Livry, qui me suivit. Ce courrier était expédié à M. Aguado, pour affaires de commerce. Nous le laissâmes continuer sa route sous escorte. Peu de minutes après, une voiture traversa le boulevard, allant du côté du boulevard Poissonnière. J’entendis dire que c’était M. Saulot Baguenault. Je courus avec M. Lafontaine arrêter ce partisan forcené de l’autorité de Charles X. Il descendit de voiture, fut rassuré par nous et nous lui promettions de prendre soin de son équipage quand nous entendîmes jeter la voiture à terre et servir de premier obstacle à la barricade du côté de la rue Montmartre à la rue du Faubourg. M. Lafontaine l’accompagna. J’empêchai deux soldats de la ligne qui portaient des soupes à leurs camarades d’être maltraités (plus fort que l’homme avec lequel je fus obligé de me colleter, je l’empêchai de porter la main sur ces soldats ; un de mes amis, M. Frédéric Soulié, vint à moi et me dit : “Ces soldats de la ligne, que tu protèges, viennent de tirer sur le peuple aux Petits-Pères. – C’est possible, mais nous devons faire cette distinction, elle nous servira”), mais, fatigué de ne pas me battre quand j’entendais des coups de fusils, je me dirigeai vers la rue de Cléry. Un homme se retirait du combat. Père de famille, il ne voulait plus se risquer. Il me prêta son fusil et son habit de garde national et je fus user quelques cartouches contre les gardes royaux. Privé de munitions, je cherchai à en trouver et, rencontré par des hommes du peuple, ils consentirent à me donner une douzaine de cartouches si je voulais les accompagner rue Bourbon-Villeneuve, près la rue Saint-Denis. Je les accompagnai (preuve de l’acharnement des troupes, à la porte Saint-Denis, les gardes royaux se placèrent dans le haut de la rue ; obligés de replier sur le boulevard, un d’eux mit trois fois en joue une vieille femme, munies de paniers pleins de provisions, qui avait obtenu des troupes la permission de traverser de la rue Bourbon-Villeneuve à la rue Sainte-Appoline. Il renonça à tirer je ne sais par quel hasard) et, mes munitions une seconde fois épuisées, je me rendis chez ce monsieur qui demeurait dans un hôtel rue du Sentier et lui remit son fusil et son habit, comme il me l’avait fait promettre. Il m’apprit que la ligne allait attaquer la rue Montmartre. Je m’empressai d’y courir et je fis tous mes efforts pour organiser les moyens de défense au n° 167. Je fis porter des pavés jusqu’au haut de la maison. L’affluence était grande. J’empêchai au n° 172, des hommes armés de tirer sur un avoué qui, appuyé sur sa terrasse, refusait d’ouvrir sa porte cochère, qui devait servir de refuge au peuple s’il était forcé de se replier. J’empêchai encore des citoyens de se porter à des voies de fait contre un monsieur soupçonné à tort d’être un espion mais qui, perdant de son naturel, engageait le peuple à ne pas s’exposer. Un soldat de la ligne et son frère durent encore à mon influence sur ces groupes armés leur conservation. Harassé de ma journée, je me rendis, à minuit, chez mon père, n’ayant alors pour arme qu’un fleuret. Je fus arrêté au cri de La charte et la liberté ! à la barricade de la rue Mandar et je passai devant le marché des Innocents puis le palais de justice, où campait un détachement de la ligne. Arrivé dans notre quartier, je ne vis plus rien. Le jeudi 29, je fus prié par les jeunes gens du Jardin des plantes qui avaient entendu parler de ma conduite de la veille et qui connaissaient mes opinions, de me mettre à leur tête. Nous courûmes à Babylone. Je plaçai mes compagnons d’armes rue de Sèvres dans la maison d’un perruquier. On prétendait qu’une colonne ennemie arriverait dans cette rue. Ennuyé de ce poste, je me rendis dans la rue Traverse et je vins prendre part à la dernière tentative contre la caserne. J’entrai. Je vis tuer le major en face le marchand de vins, qui fait le coin de la rue illisible serencle ? (c’est pas Serpente en tout cas) Un Suisse tomba, percé de coups de baïonnette, à la borne à droite en entrant par la rue Plumet. Je me trouvai dans l’intérieur avec un bon nombre de patriotes, qui prirent des pantalons, des souliers, et se déchirèrent de petits lambeaux d’habit rouge. J’eus aussi ma décoration. Je descendais la rue des Vieilles-Tuileries quand je vis des gendarmes. Alors j’étais à la tête d’un peloton ; je courus sus, leur criant de se rendre ; ces soldats désarmés ne demandèrent pas mieux et, après avoir passé dans la rue du Vieux-Colombier, où les habitants nous couvrirent d’applaudissements, nous arrivâmes avec nos prisonniers sur la place Saint-Sulpice, où nous eûmes peine à empêcher les nôtres de massacrer ces malheureux. Nous les conduisîmes par l’Estrapade à la caserne Mouffetard, où je me trouvais fort bien accueilli par les femmes de ses prisonniers et par eux-mêmes. J’étais avec les élèves de l’Ecole polytechnique. J’en connaissais un, Brongniart (voir Brongniart, Victor, Frédéric) ; un autre avait la figure enveloppée et se trouva mal, de besoin. De là, je me rendis à la rue Mouffetard. Des soldats du 15e léger me prièrent de leur servir d’escorte, ce que je fis ; puis allai vers la rivière. Au coin de la rue Planche-Mibray et des Arcis, deux coups de fusil furent tirés. Je vis porter un homme mort, qu’on allait jeter à l’eau. On m’apprit qu’il avait blessé à mort deux enfants, on l’avait puni. De la Grève, on nous envoya aux Tuileries. Après d’inutiles efforts pour faire sortir ceux qui s’enivraient dans l’hôtel des Pages, ancien hôtel des Gardes à pied, j’allais vers la grille des Tuileries. Là, Brongniard (voir Brongniart, Victor, Frédéric) tomba de cheval, fatigué ; on le porta chez Michel, le restaurateur. Je retournai dans mon quartier, me reposer. Le 30, ce vendredi je me dirigeai sur la place de Grève. On m’envoya à La Force pour contenir par la force les révoltés. M. … de la Salle commandait. Ensuite, je fis partie du détachement envoyé à la barrière des Bonshommes. Désigné pour pousser une reconnaissance dans le bois, vers Auteuil, je recueillis des gardes royaux qui fuyaient Saint-Cloud, à l’aide de déguisements. Un homme, sorti du milieu des arbres, se jeta à genou, demandant grâce. J’empêchai que ma troupe tirât sur lui. Le malheureux m’avoua être un garde royal, qui s’était échappé de Saint-Cloud. Il me promit de me conduire dans une maison où l’on fabriquait des cartouches pour les troupes royales. Cet homme me donna des détails sur l’esprit des troupes, qu’on avait passées en revue au nombre de treize mille cinq cents hommes. [Je le] remis à la garde de Passy. Sur la route de Saint-Cloud, nous arrêtâmes des espions. Un, confié à deux de mes hommes, voulut se sauver en sautant du parapet sur la jetée ; il fut atteint de deux coups de feu, qui le tuèrent. Je rentrai dans Paris. Le soir, on me donna le mot d’ordre pour circuler dans Paris. J’étais horriblement fatigué, ma jambe gauche souffrait d’un éclat de pavé que j’avais reçu le mercredi rue de Cléry. En passant par les postes, je leur donnai des nouvelles. Je lus le journal au corps de garde de la place Maubert, à celui de la Pitié on me fit faire un rapport sur ce que j’avais appris sur la route de Saint-Cloud. Ce rapport, envoyé par M. Feté illisible, chef du poste, à l’état-major, fut inséré, à mon grand étonnement, dans le numéro 1 du journal Le Patriote. Je le lus le dimanche 1er août, par exemplaire affiché à la porte Saint-Denis. J’ai monté des gardes, fait des patrouilles et ai eu le bonheur d’être nommé lieutenant à cause de ma conduite. » Il fit partie avec Delestre (président du jury), Condé Louis-Philippe Antoine, Chanonat Pierre Adolphe, Dufresne Olivier Claude, Grün Sébastien Jacques, Herfort François Joseph, Leuillier Antoine Pierre, Maës Nicolas Joseph, Mercier Célestin Joseph Valentin, Paris Théodore Marie Augustin, Parquet Charles Egalité, Prévost Henry François, Vayron François Benjamin, Vitry Pierre Hippolyte, Vitte Joseph Marie, des seize membres composant le jury de la Commission des récompenses nationales pour le (ancien) XIIe. Il était alors indiqué comme étant secrétaire de l’Ecole de pharmacie. Il fit partie, pour le (ancien) XIIe arrondissement, des vingt-quatre jurés (deux par arrondissement) spécialement nommés pour apprécier les droits des membres mêmes de la Commission des récompenses nationales à une récompense. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Il était sans doute l’un des délégués de la Commission des récompenses nationales pour la banlieue. Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 29 décembre 1830, à neuf voix pour la croix, aucune voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 29 janvier 1831, ne contient pas de faits nouveaux autres que ceux déjà relatés dans le rapport de la mairie. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il signa le certificat suivant en faveur de Pinette, Joseph : « Le sieur Pinette s’est bien conduit à la caserne de Babylone. Ce brave citoyen a pris une part très active à la prise de cette caserne et mérite d’être récompensé. » Il apostilla, comme lieutenant de voltigeurs au 4e bataillon de la XIIe légion, la demande de Cuvillon faite auprès de la Commission des récompenses nationales pour obtenir un emploi de sous-aide chirurgien major. Il comparut, le 21 mars 1831 et en tant que « rétaire de l’Ecole de pharmacie, demeurant 7, rue de Seine-Saint-Victor », devant le maire du (ancien) XIIe arrondissement, pour attester Cedelle, Antoine était « dans une position de fortune nécessiteuse, que pendant deux mois il n’a point travaillé, par suite d’accidents qui lui sont survenus et l’ont obligé de garder le lit, qu’en outre le salaire de la profession qu’il exerce ne lui suffit pas pour subvenir aux besoins de sa femme et de sa fille qui sont entièrement à sa charge et le réduisent à un état voisin de l’indigence ». En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Si la loi du 13 décembre 1830 instaura les récompenses de Juillet, une ordonnance, en date du 30 avril 1831, voulut changer les règles de la distribution et stipuler, entre autres, que la Croix de Juillet porterait gravée la légende Donné par le roi des Français, que la couleur du ruban serait bleue avec des lisérés rouges et que les citoyens décorés de la Croix de Juillet prêteraient serment de fidélité au roi des Français, et d’obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. Cette nouvelle ordonnance souleva des protestations chez les décorés de Juillet. Ces derniers trouvaient en effet cocasse de prêter serment à un roi qui, lui, n’avait pas combattu sur les barricades ! Et le journal la Révolution de demander : « Que parlez-vous donc de serment à des gens qui vous ont fait ce que vous êtes, et qui seraient plutôt en droit de vous demander compte de vos promesses...? » Alexandre Dumas, quant à lui, dans ses Mémoires, ajoutait la précision suivante : « Le droit acquis à la place de Grève, au Louvre et à la caserne de Babylone, est antérieur à tous autres droits : on ne peut, sans tomber dans l’absurde, supposer la décoration donnée par un roi qui n’existait point à cette époque, et pour la personne duquel, nous l’avouons hautement, nous ne nous battions point alors. » Une réunion eut lieu, à ce sujet, le 6 mai 1831, dans la salle de la Grande Chaumière, passage du Saumon, qui réunit un millier de décorés. Elle fut présidée par Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), avocat et qui représentait le (ancien) VIIe arrondissement. Avec au bureau : Lamoure (voir Lamoure, Auguste), représentant le (ancien) Ier arrondissement ; Arago (voir Arago, Etienne, Vincent), représentant le (ancien) IIe arrondissement ; Trélat (voir Trélat, Ulysse), représentant le (ancien) IIIe arrondissement ; Moussette (voir Moussette, Paul, Benoît), représentant le (ancien) IVe arrondissement ; Higonet (voir Higonet, Guillaume, Philippe, Joseph), représentant le (ancien) Ve arrondissement ; Bastide (voir Bastide, Jules), représentant le (ancien) VIe arrondissement ; Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), représentant le (ancien) VIIe arrondissement ; Villeret (voir Villeret, Antoine, Médéric ), représentant le (ancien) VIIIe arrondissement ; Gréau (voir Gréau, Anne, Louis), représentant le (ancien) IXe arrondissement ; Cavaignac (voir Cavaignac, Godefroy, Jacques, Eléonore), représentant le (ancien) Xe arrondissement ; Raspail (voir Raspail, François, Vincent), représentant le (ancien) XIe arrondissement ; Bavoux (voir Bavoux, François, Nicolas), représentant le (ancien) XIIe arrondissement ; Geibel (voir Geibel, Antoine, Benoit), représentant le (ancien) XIIIe arrondissement (arrondissement de Saint-Denis) ; Dumas (voir Dumas, Alexandre), représentant le (ancien) XIVe arrondissement (arrondissement de Sceaux). Voici comment Le Constitutionnel, du 7 mai 1831, rapporta le déroulement de cette réunion : « Les citoyens désignés pour la décoration de Juillet avaient été invités à se rendre aujourd’hui à la Grande-Chaumière, passage du Saumon, pour délibérer sur plusieurs questions relatives aux dispositions de l’ordonnance du 30 avril, qui détermine la couleur du ruban, décide que ces mots donné par le roi seront inscrits sur la décoration et prescrit un serment aux citoyens désignés. La réunion était très nombreuse. Un projet de résolution a été mis aux voix, article par article, et adopté sans discussion et sans réclamation. Voici l’acte proposé à l’approbation de l’assemblée : “Considérant que le serment en France ne peut être demandé que par une loi ; que nul article de la loi du 13 décembre 1830, qui a institué la décoration de Juillet, ne prescrit de serment ; que reconnaître au gouvernement le droit d’imposer une condition quelconque en dehors de la loi du 13 décembre 1830 ce serait lui reconnaître celui de modifier arbitrairement cette loi, et par conséquence de refuser les décorations acquises ou d’en distribuer de nouvelles sans le concours de la Commission ; que le roi, comme représentant de la nation, peut remettre aux décorés de Juillet, qui alors la recevraient de sa main, l’étoile qu’ils doivent porter mais que rien de l’autorise à la donner en son nom ; que ces mots donné par le roi, changeraient la nature de la récompense, qui cesserait d’être une récompense nationale, pour devenir une faveur royale ; que les faits à raison desquels la décoration a été instituée sont antérieurs à l’existence même du gouvernement du roi ; que le seul serment à exiger, en ce cas, serait celui de fidélité aux principes qui ont mis les armes à la main et valu la décoration nationale. Par ces motifs, les citoyens présents à la délibération s’engagent à ne pas se soumettre à la condition du serment, qu’ils considèrent comme illégale. Ils s’engagent, en outre, à porter immédiatement, après la décision prise par l’assemblée, la décoration spéciale, telle qu’elle a été fabriquée sur le modèle donné par la Commission.” La commission qui avait rédigé cette déclaration étant d’avis qu’il ne convenait pas à des citoyens, surtout à des citoyens de Juillet, d’attacher de l’importance à la couleur d’un ruban, le premier article a été adopté à la presque unanimité. Sur la question de l’inscription Donné par le roi, il a été clairement expliqué qu’il ne pouvait être dans la pensée d’aucun des patriotes de Juillet de refuser la décoration de la main du roi, et que la résolution n’était proposée que dans l’intérêt des principes et de la loi. La troisième question, celle du serment, a été résolue pour des motifs semblables. L’ordre le plus parfait a été observé dans cette délibération. Parmi cette élite des patriotes de Juillet, plusieurs portaient des marques glorieuses de leur courage. On a distingué avec intérêt un vieux citoyen (voir Decombis, Antoine) blessé une première fois, le 14 juillet 1789, devant la Bastille, et blessé de nouveau, le 28 juillet 1830, devant l’Hôtel de ville. Il avait obtenu la médaille commémorative de la victoire du 14 juillet 1789. Toute l’assemblée s’est empressée de rendre honneur à ce vétéran de la liberté. La séance levée, plusieurs des assistants se sont empressés de se séparer du ruban bleu bordé de rouge. Une quête a été faite au profit des détenus politiques. » Il fut l’un des signataires, comme « lieutenant au 12e léger », (voir la liste des signataires à Fribourg, François) de la pétition suivante, qui protestait contre les différentes contestations qui repoussaient les délais de remise des décorations : « Sire, les combattants de Juillet s’attendent depuis longtemps à voir briller sur leur poitrine un signe de liberté et d’honneur. La Commission des récompenses nationales avait arrêté le modèle des décorations et même le ruban, il était rouge avec deux raies noires. Elle avait voulu sans doute, par un signe perpétuel de deuil, rappeler le souvenir de nos braves camarades qui ont succombé dans la glorieuse lutte de la liberté contre le despotisme. Cette décision a reçu son exécution, la croix et le ruban ont été fabriqués et, la Commission ayant terminé son travail, rien ne s’oppose à ce que les décorations soient distribuées dans les premiers jours de mai et que cette distribution soit l’épisode le plus glorieux de la fête de Votre Majesté. Mais, Sire, il n’en n’est pas ainsi : on croit aujourd’hui devoir ôter de la décoration les mots qui la caractérisent, la date de nos immortelles journées, changer la couleur du ruban et prolonger ainsi indéfiniment l’exécution des promesses sacrées. Les blessés et tous les combattants de Juillet sont persuadés, Sire, que vous ignorez ces misérables tracasseries et que jamais vous n’avez eu l’intention de déprécier une récompense acquise au prix de leur sang et d’empoisonner ainsi la joie qu’ils éprouvent de recevoir de votre main un signe si glorieux. Ils vous supplient, Sire, de donner des ordres pour que rien ne soit changé aux dispositions arrêtées par la Commission et déjà exécutées et de fixer le jour le plus prochain pour cette distribution. Ils sont, Sire, de Votre Majesté, les très fidèles sujets. » Il fut élu, en 1830, lieutenant à la XIIe légion de la garde nationale mais destitué après les événements des 5 et 6 juin 1832. Il apostilla ainsi et comme « décoré de Juillet, ex-lieutenant de la XIIe légion, 4e bataillon, licencié après les 5 et 6 juin 1832 », la demande d’une pension présentée par la mère d’Olivier, Joseph, François, tué dans les rangs des insurgés pendant l’émeute : « Les faits consignés dans cette demande me sont connus. Le jeune Ollivier reçut deux balles dans la poitrine au côté droit le 5 juin à la hauteur de la rue de la Barillerie. » La demande d’Olivier, née Bellanger, Adélaïde, Albertine, en février 1795 à Saint-Omer (Pas-de-Calais), demeurant 17, rue des Fossés-Saint-Victor, inscrite sur le livre des indigents depuis le 19 avril 1839 fut rejetée. Laugier signa, en 1848 peu après la Révolution de février, le certificat suivant en faveur de Borelly, Pierre : « Je, soussigné, me joins au citoyen Gadon pour attester la présence du citoyen Borelly au massacre du ministère des Affaires étrangères. » Pendant la Révolution de Février, il était journaliste, membre du club des clubs. Il était le neveu de Arago, François, membre du gouvernement provisoire. Il reçut un secours de cent francs en 1851, à titre de décoré de la Croix de Juillet. Dans son Dictionnaire, Maitron donne sur son compte les informations biographiques suivantes : « Avocat et journaliste décoré de Juillet, neveu de François Arago. En 1848, il était à la tête d’un bataillon de la 12e légion de la garde nationale, dont le commandant était Armand Barbès. Membre du Club de la révolution du même Barbès, il fut élu le 2 avril 1848 membre du bureau du Club des clubs au sein duquel il fit fonction de trésorier. Il signa à ce titre les principaux textes en émanant. Ceci ne l’empêcha pas de faire partie d’une délégation des modérés du Club des clubs qui rendirent visite à Lamartine peu après les élections d’avril afin de l’assurer qu’ils n’avaient aucunement intention de chercher à renverser le gouvernement par la force. Nommé par Armand Marrast à la Commission des récompenses nationales (ce qui indique qu’il avait été actif dans le mouvement républicain sous la monarchie de Juillet), il n’était pas tenu en haute estime par Marc Caussidière qui le trouvait insuffisamment scrupuleux en matière financière. Il fut le co-auteur avec Amable Longepied d’un intéressant historique du Club des clubs. » L’ouvrage donne les sources suivantes : A. Lucas, Les Clubs et les clubistes, Paris, Dentu, 1851 ; Peter H. Amann, Revolution and Mass Democracy. The Paris Club Movement in 1848, Princeton University Press,1975. Laugier reçut un secours de cent francs en 1852, au titre de décoré de la Croix de Juillet. Laugier demeurait 7, rue de Seine-Saint-Victor en 1830-1831 ; 17, rue des Fossés-Saint-Victor en 1848 ; 17, rue de la Fidélité en 1851-1852. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Commission des récompenses nationales, correspondance (1830-1831) ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 ; Archives de Paris VK3 17, Témoignages, rapports, notes sur les élèves de l’Ecole polytechnique ; Archives de Paris VK3 29, séance du 13 avril 1831 dans laquelle il demande l’ajournement de toute décision à l’égard de Roblin, Louis, Simon, de Desgranges, François, Eléonor, séance du 13 avril 1831 où il demande une mesure d’ajournement contre Bussy, Charles, François, Bernard ; Archives de Paris VK3 33, états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 29 janvier 1831 ; Archives de Paris VK33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 29 décembre 1830, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, propositions honorifiques du 20 janvier 1831, idem un feuillet intitulé Individus qui se sont présentés sans dossier ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants (où son nom est cité pour Dauriac), idem sa propre mention ; Archives de Paris VK3 41 in dossier Brunot de Rouvres ; Archives de Paris VK3 42 in dossier Cuvillon, Jean-Baptiste, Philémon ; Archives de Paris VK3 50 in dossier Pinette, Joseph ; Archives nationales F/1dIII/33 droit des membres de la Commission à la décoration de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/48 in dossier Cedelle, Joseph, François ; Archives de la préfecture de police AA 369, Demandes de renseignements sur des décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, 14 décembre 1851, minutes 208-209, idem Proposition d’accorder à 91 décorés et veuves de blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 4.970 francs minutes 243-246, en date du 20 novembre 1852 ; Archives de la préfecture de police AA 373 in dossier Borelly, Pierre ; Archives de la préfecture de police AA 405 ; Le Constitutionnel, 7 mai 1831 ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, huitième série, nouvelle édition, Paris chez Lévy frères, 1869, pp. 162-166 ; Archives nationales F/9/1154 Protestations ; Les Clubs et les Clubistes, Histoire complète, critique et anecdotique des clubs et des comités électoraux fondés à Paris depuis la révolution de 1848, Alphonse Lucas, Dentu, Paris, 1851, p. 56, 60, 65, 129

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