Laugier, Marcellin

Biographie


Né vers 1780 à Tarascon (Bouches-du-Rhône). Commissionnaire ou homme de peine. Il fut blessé d’un coup de feu reçu à la jambe gauche, le 29 juillet, place Saint-Germain-l’Auxerrois, alors qu’il se portait, armé d’un bâton ferré, à l’attaque du Louvre. Il mourut des suites de l’amputation, le jour même à l’hôpital de la Charité, selon un certificat délivré par l’hôpital. Le dossier d’examen des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le certificat suivant établissait les circonstances de son décès : « Je certifie que le nommé Marcellin Laugier est tombé en ma présence place Saint-Germain-l’Auxerrois, frappé d’un coup de feu parti du Louvre, sur lequel il se portait, armé d’un bâton ferré, le 28 juillet à 4 heures du soir ; que, presque mourant, je l’ai fait transporter chez moi n° 41, où pendant vingt-quatre heures je lui ai donné les soins qu’exigeait sa position ; que le lendemain je l’ai fait transporter avec d’autres citoyens blessés à l’attaque du Louvre, de chez moi à la Charité, où j’ai appris qu’il était mort de ses blessures. » Signé, le 23 février 1831 : M. S. Leclerc, demeurant hôtel du Nord, 41, place Saint-Germain-l’Auxerrois. Suivait la signature de Deligny, Gustave, tapissier. On trouve aussi dans son dossier le certificat suivant : « Je, soussigné, certifie que le nommé Laugier, Marcellin a demeuré pendant quatre ans dans ma maison dont j’étais propriétaire ; que toujours il a eu l’estime de tous ceux qui l’ont connu et qu’il a rendu le dernier soupir en combattant pour la liberté de son pays. » Signé, le 17 octobre 1830 : Panet illisible. Suivaient les signatures de : Baron ; Laguillette ; Lagoane ; Féré. Le 2 avril 1831, devant le maire du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Flamand, Jacques, Louis, propriétaire, demeurant 13, rue Notre-Dame-des-Champs ; Baron, Pierre, marchand de vieux meubles, demeurant 272, rue Saint-Jacques ; Guillon, Guillaume, Poncien, maître maçon, demeurant 20, rue du Battoir-Saint-André ; Chapelle, Jacques, Philippe, Antoine, chapelier, demeurant 229, rue Mouffetard. Ils attestèrent que Laugier, Marcellin « en combattant pour la liberté dans les journées de Juillet a reçu le 28 dudit mois sur la place de l’Auxerrois à l’attaque du Louvre, un coup de feu à la jambe droite, qui a exigé sa translation dans l’hôpital de la Charité, où après avoir enduré l’amputation de la jambe blessée il est décédé environ le vingt-huitième jour à dater de son entrée à l’hôpital (sic) ». Laugier laissait une concubine, Lamotte, Jeanne, née le 27 mars 1777 à Nemours (Seine-et-Marne), avec laquelle il vivait depuis 1821, femme de ménage, et sur laquelle le préfet de police recueillit des renseignements « tous favorables à sa moralité », indiquant qu’elle gagnait cinquante centimes par jour et qu’elle avait été « longtemps malade du chagrin que lui a causé la perte du sieur Laugier, qui avait été autrefois gendarme puis commissionnaire au coin de la rue, lorsqu’il fut tué ». Elle présenta les deux certificats suivants. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que madame Lozier (sic) demeure rue Saint-Jacques n° 272, qu’elle occupe une chambre de quatre-vingts francs , qu’elle me doit quatre termes sans le courant, que j’ai eu des égards pour eux parce qu’ils ont été volés et que je les crois d’honnêtes gens. » Signé, le 11 mars 1831 : Duperche, propriétaire de ladite maison. Le second certificat, ainsi rédigé : « La nommée Jeannette Lamotte est une excellente personne, que nous connaissons depuis quinze années. Elle a été à notre service à différentes reprises. Ce n’est que le mauvais état de sa santé, qui l’oblige à se recommander aux personnes bienveillantes. Elle est sans moyen d’existence. Son travail seul pourrait la faire vivre, et malheureusement cette excellente fille est plus de la moitié de l’année malade. Nous regrettons beaucoup de ne pouvoir plus l’employer mais elle n’a plus la force pour faire l’ouvrage. Vous pouvez, monsieur, faire prendre des informations dans la maison, toutes les personnes vous attesteront qu’elle mérite toute votre bienveillance. » Signé : Candac ou Caudac, concierge du mont-de-piété, rue des Petits-Augustins. Elle reçut un secours de cent vingt francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel, un secours de vingt francs, le 31 mai 1831, à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Elle fut pensionnée de cinq cents francs et se vit accorder, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. A cette époque, Lamotte, Jeanne devait dix-huit mois de loyer et avait reçu son congé. Le nom de Laugier (M. Laugier) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Laugier demeurait 272, rue Saint-Jacques, une chambre au loyer annuel de quatre-vingts francs (mais de soixante francs in Archives nationales F/1dIII/33) ; sa veuve, une fois 252, rue Saint-Jacques et trois fois (dont par exemple in F/1dIII/38 B et Archives nationales F/1dIII/33) bien 272, rue Saint-Jacques en 1831 in Archives nationales F/1dIII/37 mais bien 272, rue Saint-Jacques in Archives nationales F/9/1157. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 81 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du XIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 111 ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Demandes de récompenses et de secours, et recommandations (1830-1831) ; Archives de Paris VD6 623 n° 8, (ancien) XIIe arrondissement, liste des personnes tuées dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, ou mortes par suite de blessures reçues dans lesdites journées ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (sous le numéro 584) ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement ; Archives de Paris VK3 36, liste de veuves, d’orphelins, d’ascendants de citoyens tués en juillet 1830 (ancien) XIIe arrondissement (une liste de morts de cet arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/33 relevé des informations prises par la préfecture de police sur les personnes désignées et aussi Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/61 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, veuves des citoyens tués dans les journées de Juillet (seize veuves) ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIIe arrondissement, veuves ; Archives nationales F/9/1157, dommages de Juillet, objets généraux (1830-1834), état des renseignements demandés à M. le préfet de police sur les dénommées ci-après ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 83, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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