Laurent
Biographie
Lieutenant de gendarmerie à Louhans (Saône-et-Loire) en 1832. Il sollicita, le 26 février 1832, la décoration pour la part qu’il avait prise à la révolution de Juillet à Lyon : « Le soussigné, ancien officier de cavalerie, ex porte-drapeau du détachement de la garde nationale lyonnaise qui a fait retraite avec le lieutenant-général comte Roquet, dans la nuit du 22 au 23 novembre dernier, actuellement lieutenant de gendarmerie à Louhans (Saône-et-Loire), à l’honneur de vous exposer qu’à l’époque de notre glorieuse révolution de Juillet il fut un des premiers à prendre les armes pour résister à un attentat dont le caractère était la violation de toutes les lois, et le but l’asservissement du pays. Le Jeudi 29 juillet, il fit avec ses nombreux amis parti de la réunion des patriotes qui eut lieu à 6 heures du soir dans le salon du Grand Orient aux Brotteaux. Le vendredi 30 dès 5 heures du matin, il était au Grand Orient où une nouvelle réunion avait été fixée la veille pour arrêter définitivement le mode d’organisation de la force publique et de l’administration. Pendant la séance un grand nombre d’habitants des Brotteaux le prièrent avec instance de s’occuper immédiatement de l’organisation de la garde nationale dans cette localité. Pour répondre à cette marque de confiance et comprenant dans les circonstances graves où on se trouvait toute l’importance d’une prompte détermination, il fixa pour le lendemain, au même endroit et à la même heure, une réunion où tous les citoyens dévoués seraient invités à se rendre en armes afin de procéder sur-le-champ à cette organisation. Le samedi 31, pour donner l’exemple et encourager la population, il était dès le grand matin sous les armes sur la place du pont Morand avec deux de ses amis MM. Olivier et Musy, avec lesquels il se rendit au lieu précisément fixé pour la réunion, où vinrent bientôt se joindre soixante à quatre-vingts patriotes. Immédiatement après l’ouverture de la séance on procéda à la formation d’une compagnie, qui nomma par acclamation pour ses officiers MM. Georges, capitaine, le réclamant, lieutenant, et Olivier (voir Olivier, Alexandre), sous-lieutenant. Il est beau d’observer que l’organisation de cette compagnie eut lieu sous les yeux du maire de la Guillotière et de son premier adjoint, qui étaient accourus pour faire dissoudre cette réunion. Aussitôt l’organisation de cette compagnie terminée, le capitaine se rendit auprès de la commission et établi dans la maison Bontoux, pour lui faire part de ce résultat et prendre ses ordres. Ou même instant, sous le commandement de son lieutenant, elle vint s’établir à l’entrée du cours Morand où elle resta sous les armes pour être prête à agir. Divers postes de sûreté furent placés pour veiller à la tranquillité de tous et au maintien de l’ordre. Le lundi 2 août, ce chef fit arborer le drapeau tricolore sur la place du pont Morand aux acclamations d’une population immense qui faisait retentir les airs ces cris mille fois répété de Vive la liberté ! Le réclamant, par son influence, son courage et sa fermeté, sut paralyser l’action des autorités du gouvernement parjure et assura le triomphe de la révolution dans cette commune. Par ces motifs, il pense avoir droit à être porté sur la liste des citoyens que la Commission pour les récompenses nationales a jugés dignes par la conduite qu’ils ont tenue, par le patriotisme et l’énergie qu’ils ont déployés pendant la grande semaine, de recevoir les récompenses que le gouvernement se propose de leur décerner. Il espère de votre bonté, M. le ministre, que vous donnerez l’ordre à M. le préfet du Rhône de réunir de nouveau cette commission pour qu’elle ait à prononcer sur la justice et le mérite de sa demande. » Sa demande était apostillée ainsi : « Les soussignés certifient véritables les faits énoncés ci-dessus et se joignent au lieutenant de gendarmerie Laurent pour réclamer la récompense due à son zèle patriotique. » Signé : Prévost ; Zindel (voir Zindel, Valter). Le maire de la Guillotière, en légalisant les signatures ci-dessus, attesta la vérité des faits allégués dans la demande présentée par Laurent. Il lui fut répondu que sa demande était posée trop tardivement et que les travaux de cette Commission étaient terminés. Archives nationales F/1dIII/81, Rhône.