Laurent
Biographie
Son fils, François, Jules, né vers 1819 à Metz (Moselle), déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur la participation de son père à la révolution de Juillet. Il adressa en effet, le 28 mars 1848, la lettre suivante à la Commission : « Laurent, François, Jules, père de famille, ouvrier carreleur, demeurant à Paris 25, rue Traversine, a l’honneur de vous exposer que selon les certificats ci-joints il a payé de sa personne dans les journées mémorables de Février pour la défense de la patrie, ainsi que le fit son père en 1830, où il fut blessé si gravement que plus tard il en est décédé ; il était décoré de la médaille de Juillet. Dans la position la plus fâcheuse, faute d’ouvrage, il se recommande à vous, messieurs, pour lui accorder la récompense que vous jugerez à propos selon ses services dont il a tant besoin et il vous en sera bien reconnaissant. » Il joignait plusieurs certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le citoyen Laurent s’est joint à nous dans la nuit du 23 au 24 février pour défendre les barricades de la rue de la République (ci-devant rue Rambuteau) et que par sa fermeté et son courage il a beaucoup contribué à la défense de ces barricades. » Signé : Levebvre, ouvrier en instruments de mathématiques, demeurant 22, rue de la République ; Jacquot, mécanicien, demeurant rue de la République ; Renaud, garçon paveur, demeurant 23, rue Guérin-Boisseau. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le nommé François, Jules Laurent m’a accompagné pendant les deux mémorables journées de Février, il s’est comporté en homme de courage. » Signé, le 25 février 1848 : Besnard, E., sous-lieutenant à la 2e compagnie du 3e bataillon de la XIIe légion de la garde nationale. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le citoyen Laurent, François, Jules a donné en plusieurs circonstances les preuves de son courage et de son humanité. » Signé, le 26 février 1848 : Hennequin, capitaine. Sa demande fut ajournée, Laurent ne s’étant pas présenté aux convocations de la Commission, la dernière en date du 17 octobre 1848, la lettre revenue avec la mention Parti on ne sait où. Il était père de trois enfants dont l’aîné était âgé de cinq ans en 1848. Laurent, François demeurait 25, rue Traversine en 1848. Archives de la préfecture de police AA 397. Il apparaît en effet sur la liste des transportés de juin 1848, liste établie par l’université de Bourgogne : Né vers 1819 à Metz (Moselle), carreleur, demeurant 10, rue Traversine dans le quartier du Jardin-du-Roi, arrêté le 26 juillet 1848, condamné à la transportation le 5 septembre 1848, parti du Havre le 23 septembre 1848 pour la citadelle de Pot-Louis, gracié le 25 décembre 1848. Il serait le fils de Laurent, Laurent, qui est né lui aussi à Metz (Moselle) ?