Lauzin, Jean
Biographie
Etudiant en médecine. Il sollicita d’être dispensé du paiement auprès de l’Ecole de médecine des quatre cents francs nécessaires à l’obtention du grade d’officier de santé. Il expliquait l’avoir mérité par sa conduite pendant les combats de Juillet « en contribuant de ses forces et de sa présence à repousser des soldats égarés par un faux point d’honneur et en prodiguant les soins et secours de son art aux victimes tombés à ses côtés après avoir partagé leurs fatigues et leurs dangers et quand la nuit est venue en travaillant de concert avec ses voisins à la construction des barricades ». Sans fortune, étudiant en médecine depuis cinq ans, il avait pourvu « à ses plus pressants besoins en donnant des leçons de première latinité. Aujourd’hui que des connaissances suffisantes en médecine lui permettraient d’exercer son art, où il trouverait une existence médiocre mais honnête et tranquille, il se voit privé de cet avantage par le manque de moyens pécuniaires pour prendre le titre d’officier de santé ». Sa demande était apostillée plusieurs témoins qui attestaient l’avoir vu « dans la journée du 28 juillet donner des secours aux blessés, rue Aubry-le-Boucher » : Carré (illisible), coiffeur, demeurant 45, rue Saint-Merri ; la femme Ledru ; Renevier, marchand chapelier, demeurant 9, rue Mouffetard ; Vandervin, Francis, garde national, demeurant 30, rue de Seine. Et par d’autres témoins qui attestaient qu’il avait travaillé aux barricades : Legoux, marchand boucher, demeurant 2, rue d’Enfer ; Hennetant (illisible), marchand de vin, demeurant 1, rue d’Enfer ; Feaugnet (illisible), demeurant 10, place Saint-Michel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Jules Guyot, membre de la Commission des récompenses nationales certifia les faits avancés par Lauzin et ajoutait : « Je prie monsieur le commissaire chargé d’examiner sa demande d’y avoir égard, il mérite tout l’intérêt de la Commission. » Lauzin fut effectivement dispensé du paiement du droit de visa du diplôme d’officier de santé ; l’observation suivante était inscrite en face de son nom : « La Commission a rendu de lui le témoignage le plus favorable. » Il demeurait 16, rue des Maçons-Sorbonne en 1830. Archives de Paris, VD6 631 n° 1 ; Archives nationales F/1dIII/33, état des dispenses de frais d’études et de réception accordées à des étudiants en droit et en médecine sur les propositions de la Commission des récompenses nationales (sous le nom de Lanzin, Jean) et état des places et faveurs accordées par le gouvernement, à la suite de la révolution de Juillet et des événements qui s’y rattachent et en considération de la part qu’y ont prise les impétrants ou leurs familles (sous le seul nom de Lanzin).