Le Blanc
Biographie
Marchand de vins au coin de la rue du Chantre et celle Saint-Honoré. Il faisait partie des personnes, soit qui avaient signé un certificat en faveur de Morel, Jean-Baptiste, Adolphe (voir ce nom) soit des personnes auxquelles on pouvait demander des renseignements sur son compte. Il signa, comme propriétaire demeurant 207, rue Saint-Honoré, le certificat suivant en faveur de Laligant, Claude, Blaise : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Laligant, Claude, garçon boulanger, demeurant à Paris, rue Neuve-des-Petits-Champs, n° 64, boulangerie Pecourt, s’est distingué dans les trois mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet dernier, ayant parcouru tous les quartiers de Paris, combattant pour la défense de nos libertés, a été malheureusement blessé par une balle au ventre, au nombril, en face de la rue du Chantre-Saint-Honoré ; malgré sa blessure, n’ayant pas abandonné son fusil, il est entré chez M. Thirion, herboriste, rue du Chantre, n° 27, qui lui a prodigué tous les soins possibles ; environ une demi-heure après, l’ayant remercié, ce brave défenseur a repris son arme et est retourné rejoindre ses camarades qui combattaient encore pour l’honneur de la patrie. S’étant avancé l’un des premiers vers le Palais-Royal, engagea ses camarades à faire respecter les propriétés de Mgr le duc d’Orléans maintenant roi des Français. Etant épuisé de fatigue et la sensibilité de sa blessure (sic), il pria ses camarades de ne pas perdre courage, qu’ils remporteraient la victoire. Peu de temps après, le Palais-Royal a été sous la sauvegarde des défenseurs de la liberté. Quelque temps après, ledit sieur Laligant est rentré glorieusement dans son habitation. Il ne demande aucune rétribution d’intérêt, il désire seulement obtenir une médaille d’honneur pour prix de son dévouement et de son courage ; c’est pourquoi nous lui avons délivré le présent certificat. » Il signa, le 16 mai 1831, cet autre certificat en faveur du même Laligant, Claude : « Je, soussigné, certifie que le nommé Laligant, Claude a été blessé dans la mémorable journée du 29 juillet 1830 en combattant pour la défense de nos libertés, rue Saint-Honoré, en face de chez moi, n° 207 ; que peu d’instants après, malgré sa blessure, il a eu le courage d’aller rejoindre ses camarades qui combattaient encore près du Palais-Royal. Estimons que la conduite patriotique dudit Laligant lui donne des droits à une récompense nationale. » Il signa le certificat suivant en faveur d’Arrachart, Louis, Jules, Benoît : « Nous, soussignés, domiciliés du (ancien) IVe arrondissement de Paris, certifions à tous qu’il appartiendra (sic) que le nommé Arrachart, Louis, Jules, Benoît, est un de ceux qui se sont le plus particulièrement distingués aux mémorables journées de Juillet, où il fut blessé, ce qui est reconnu par le comité des récompenses nationales, qui lui a accordé une indemnité de première classe et la médaille. Attestons que sa conduite est régulière et surtout qu’il n’a pas l’habitude de se livrer au vin ; ce fait est à notre connaissance particulière et nous serions satisfaits si la Commission des récompenses, prenant notre déclaration en considération, lui accordait la décoration spéciale qu’il a justement méritée en contribuant par son patriotisme au succès de la cause des libertés constitutionnelles. » Il faisait partie, comme marchand de vin, demeurant 207, rue Saint-Honoré, d’une liste de Signatures des témoins de la conduite de M. Massot (voir Massot, Théophile), présentée à la suite d’une lettre que Missemblé (voir Missemblé, André, Rose), écrivait pour faire valoir les droits de Massot à une décoration. Il apostilla la demande présentée par Mauger, Joseph devant la Commission des Réclamants. De la même manière, il signa, le 26 novembre 1830, en sa faveur le certificat suivant : « Nous, soussignés, toutes personnes étant domiciliées à Paris, certifions qu’après avoir pris connaissance par une lecture attentive des faits énoncés en la pétition ci-contre […] que M. Mauger, Joseph exerçant la profession de boucher à Paris, y demeurant rue Saint-Honoré n° 215, s’est conduit avec la plus rare intrépidité, que nous l’avons vu un des premiers à la tête du mouvement et toujours les armes à la main pendant les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet dernier, aidant et secourant les blessés jusque sous les balles et les transportant avec le dernier dévouement. Qu’il est en outre à notre particulière connaissance que le 28 juillet à 11 heures du soir, le nommé Mauger, Joseph a été vu enlevant du milieu de la rue Saint-Honoré un malheureux jeune homme qui avait essayé de traverser cette rue, vis-à-vis la rue des Bons-Enfants et qui était tombé au milieu du ruisseau, blessé de trois coups de feu, dont il mourut le lendemain. Les cris déchirants de ce malheureux au milieu de la rue déserte excitaient la compassion de tout le voisinage, qui implorait de la troupe placée à l’entrée de la rue Saint-Honoré la permission d’enlever le blessé, dont les cris plaintifs au milieu de la nuit déchiraient l’âme. La garde, restant sourde aux prières de tout le voisinage et même des femmes qui la suppliaient, et menaçant de faire feu sur quiconque descendrait dans la rue, le nommé Joseph Mauger, n’écoutant que son courage et son humanité, essaya de lui porter secours malgré une mort presque certaine. Parvenant en rampant jusqu’auprès du malheureux blessé, gisant au milieu de la rue et l’attirant doucement à lui, Mauger parvint à lui faire franchir le terrible intervalle qui existait entre le milieu de la rue et sa demeure, où il lui procura les plus généreux secours. Ces secours furent malheureusement inutiles car cet infortuné jeune homme mourut le lendemain chez lui de ses blessures. Tels sont les faits dont nous nous plaisons à lui rendre le témoignage, comme étant particulièrement au vu et au su de notre voisinage. En conséquence de quoi nous estimons que Mauger, Joseph a les plus légitimes droits à la justice de la Commission des récompenses nationales soit pour une place soit pour la croix. » Il demeurait 207, rue Saint-Honoré en 1830. Archives de Paris VD6 173 n° 1 in dossier Laligant, Claude, Blaise ; Archives de Paris VD6 281 n° 1 in dossier Morel, Jean-Baptiste, Adolphe ; Archives nationales F/1dIII/60 in dossier Laligant, Claude, Blaise ; Archives nationales F/1dIII/66 in dossier Massot, Théophile ; Archives de la préfecture de police AA 370 in dossier Arrachart, Louis, Jules, Benoît ; Archives de la préfecture de police AA 402 in dossier Mauger, Joseph.