Leblanc de Marconnay, Hyacinthe, Roch

Biographie


Né le 20 janvier 1794 à Paris. Capitaine. On trouve plusieurs traces de sa participation aux combats de Juillet. La première, dans Souvenir glorieux du Parisien, précis historique des journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830 : « M. Fontaine, médecin, rue Saint-Martin, n° 345, [n° 245 in La Liberté reconquise ou histoire complète et détaillée de la révolution de Paris en juillet 1830, J.-B. Ambs, troisième édition revue et corrigée, Paris, Terry jeune, libraire, Palais-Royal, galerie de Valois, n° 185, 1830, p. 236] ancien chirurgien major des tirailleurs de l’ex-garde, ayant été à l’île d’Elbe, avait établi une ambulance dans sa maison où, aidé de quelques dames qui lui faisaient de la charpie, il donna des secours à plus de 60 blessés de ces mémorables journées. L’un d’eux, blessé au bras, l’examinait attentivement ; il lui dit : “Vous avez été attaché à l’armée ? – Oui, répond le docteur. – Alors, faisant relever son pantalon, il s’écria : vous m’avez déjà taillé cette jambe à Wagram ! – Je me le rappelle, dit le docteur : ceci vous prouve que les braves se retrouvent partout, et que nous, qui avons voué notre vie à l’humanité souffrante, vous nous retrouvez également partout pour vous secourir, je suis fier d’être encore en état de vous offrir mes services.” Alors ces deux braves s’embrassèrent et mêlèrent leurs larmes ensemble. Ce trait mérite d’autant d’être connu, que le docteur Fontaine, repoussé de l’ancienne administration, parce qu’il avait été à l’île d’Elbe, végète à Paris dans une honnête indigence. Ce fait nous a été communiqué par M. Leblanc de Marconnoy, jurisconsulte, ancien lieutenant de la garde nationale, qui se distingua tant par sa bravoure que par son activité, à l’affaire du 30 mars 1814, et qui, pendant huit jours et huit nuits, a pris une part très active à nos glorieux succès. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ve arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Il signa, comme « décoré de la médaille de Juillet, alors lieutenant commandant, actuellement capitaine rapporteur du 3e bataillon » le certificat suivant en faveur de Bourla, Benoît, Alexandre : « Les soussignés certifient que pendant les mémorables journées de juillet 1830 M. Bourla, Benoît, Alexandre, architecte, demeurant à Paris, rue Albouy n° 7, ancien officier de la garde nationale, aujourd’hui l’un des adjudants du 4e bataillon de la Ve légion, a rendu de grands services dans ces glorieuses journées tant par le zèle et l’activité qu’il a déployés pour la défense de nos droits que pour le maintien de l’ordre et le triomphe de nos libertés ; que le 28 et le 29 juillet, après avoir fait fermer les ateliers sous ses ordres et encouragé ses ouvriers à une résistance au pouvoir arbitraire, il a prodigué des secours aux blessés et fait pratiquer des barricades pour arrêter la marche des satellites de l’oppression ; que, le 29 au matin, il s’est présenté à la mairie de son arrondissement pour offrir ses services et demander des ordres pour organiser des postes de sûreté dans Paris, rétablir la garde nationale et rassembler des citoyens à l’effet de garder la capitale, abandonnée à ses propres forces ; que s’étant réuni au conseil municipal, présidé par M. Villemain, faisant alors les fonctions de maire, les offres de service et la demande de M. Bourla furent acceptés et encouragés ; qu’il est à notre connaissance que le poste de la rue des Vinaigriers, faubourg Saint-Martin, fut établi par lui dans la matinée du 29, qu’il distribua des armes et des munitions à ceux de ses concitoyens qui n’en n’avaient pas et qu’il fut tout à la fois chef et soldat. Chargé de veiller à la sûreté de ses concitoyens, d’après les ordres qui lui furent donnés, il prit un détachement de douze braves pour aller en reconnaissance, dans la nuit du 30 au 31 août jusqu’au bout de La Villette sur la route de Flandres. Depuis ce jour, M. Bourla est resté attaché à l’état-major de la Ve légion jusqu’au 10 août et, pendant ce laps de temps il a eu à organiser les postes de sûreté pour le maintien de la tranquillité et que sous les ordres de M. le major Hirne (voir Hirne, Jean, Protais, Théodore), remplissant les fonctions de colonel provisoire de la légion, il a été chargé d’organiser le service et de faire des rondes de jour et de nuit [manuscrit détruit] de l’arrondissement. Qu’enfin, chargé de rassembler les braves défenseurs de la patrie afin de les conduire à Rambouillet, il a, par son exemple et les proclamations qu’il fit dans le quartier, fait prendre les armes à un nombre considérable de braves citoyens et qu’il les dirigea vers le point indiqué par la proclamation. Il fut chargé de plus par les autorités civiles de distribuer des secours en argent pour procurer des moyens d’existence aux ouvriers et familles sans travail. Il sut, dans toutes ces missions dont il a été chargé, se distinguer par son zèle et son patriotisme en rendant de grands services tant pour le maintien de l’ordre, la défense de nos droits et l’organisation de la garde nationale. » Il apostilla ainsi un certificat délivré par Hirne (voir Hirne, Jean, Protais, Théodore) en faveur de Loyer, Eugène, Athénaïs : « Je, soussigné, alors lieutenant et maintenant capitaine rapporteur de la Ve légion, également décoré de la médaille de Juillet, certifie que les faits rapportés au certificat d’autre part sont à ma connaissance et qu’ayant été à la mairie pendant les journées de Juillet et celles qui les ont suivi j’ai été à même d’apprécier le zèle, l’activité et la fermeté du capitaine Loyer dans toutes ses circonstances. » Il s’exila au Canada, sans doute vers 1834, et on trouve sur le site du Dictionnaire biographique du Canada, la notice biographique suivante le concernant : « Leblanc de Marconnay, Hyacinthe, Poirier, écrivain et journaliste, né le 20 janvier 1794 à Paris, décédé dans cette ville le 17 février 1868. La famille de Leblanc de Marconnay, dont la noblesse remonte au début du xvie siècle, est d’origine poitevine. Fils probable d’un ancien page de la famille d’Orléans, Hyacinthe-Poirier est reçu apprenti à la loge franc-maçonne Clémente Amitié de Paris en 1820 et maître neuf mois après. En 1828, il a atteint le 32e degré. Le frère Leblanc change d’ailleurs d’obédience maçonnique puisqu’il passe du Grand-Orient (1820–1827) au Rite écossais (1827–1834) pour revenir au Grand-Orient (1834–1868). Neuf de ses publications montrent son activité au sein des loges. Sans doute arrivé au Canada en 1834, Leblanc de Marconnay commence sa carrière en publiant un récit de l’élection du comté de Deux-Montagnes, qui avait été entachée d’irrégularités à l’automne de 1834. A cette occasion, Jean-Joseph Girouard et William Henry Scott, représentants du parti patriote, avaient été élus alors que Frédéric-Eugène Globensky et son beau-frère, James Brown, s’étaient désistés devant leur peu de chances de gagner. Ces derniers avaient empêché les sympathisants de Girouard et de Scott de voter à Saint-André-d’Argenteuil mais, à Saint-Eustache, ils avaient dû se replier avec les hommes qu’ils avaient amenés. Leblanc de Marconnay loue le courage et la ténacité des Canadiens favorisant le parti patriote. Ce récit, publié en partie dans la Minerve du 17 novembre 1834, où il est rédacteur depuis le 5 septembre, parut ensuite sous le titre de Relation historique des événements de l’élection du comté du lac des Deux Montagnes en 1834 [...]. On retrouve Leblanc de Marconnay au Populaire pendant les années difficiles de 1837–1838 et à l’Ami du peuple, de l’ordre et des lois à compter d’août 1839. En février 1840, avant même la disparition de l’Ami du peuple, Leblanc de Marconnay est rédacteur à l’Aurore des Canadas. Il quitte le pays au cours de cette même année. D’abord favorable aux Patriotes et à Louis-Joseph Papineau, Leblanc de Marconnay avait pris parti pour les « Franco-Canadiens » afin qu’ils aient une juste représentation à la chambre d’Assemblée, jusqu’au jour où, comme il l’écrivait à sir Charles Bagot dès son retour à Paris, des insensés les ont poussés à la révolte. Même s’il affirme que son but était de montrer que les Canadiens français avaient le droit de conserver leurs institutions autonomes, on ne peut s’empêcher de voir en Leblanc de Marconnay un transfuge et un arriviste pommé. Non seulement il était passé de la Minerve au Populaire avec Léon Gosselin, fustigeant sans vergogne les Patriotes, mais il avait publié dès 1836 une violente diatribe contre Louis-Hippolyte La Fontaine, Edmund Bailey O’Callaghan et Louis Perrault dans la Petite Clique dévoilée [...], les qualifiant d’hypocrites, de démocrates forcenés, d’aboyeurs « cliquocrates », les accusant même de vouloir renverser Papineau. En février 1840, il confie à John Nellson qu’à Montréal les requêtes contre l’union sont l’affaire de La Fontaine, de Côme-Séraphin Cherrier, de Charles-Elzéar Mondelet et de la clique des Patriotes exaltés qui cherchent à reprendre les fils des opérations de Papineau. Il affirme qu’on ne l’a pas invité à participer à ces requêtes, même si le journal qu’il rédige, l’Aurore des Canadas, s’est prononcé contre l’union. Selon lui, c’est sans doute parce qu’on a présumé qu’il serait contre les opérations dans lesquelles on voulait s’engager. Sa dernière publication à Montréal serait une réfutation de l’Histoire de l’insurrection du Canada du chef patriote en exil, parue en 1839, et généralement attribuée à Charles-Clément Sabrevois de Bleury. Il n’est pas surprenant qu’une fois rentré à Paris, Leblanc de Marconnay écrive à Bagot, le 23 octobre 1841, qu’il a été dans les confidences de tous les partis et qu’il retournerait volontiers au Canada si on lui offrait un poste convenable. Il annonce par la même occasion qu’il prépare un ouvrage sur la « Véritable situation des Canadas », ouvrage qui ne semble pas avoir été publié. Leblanc de Marconnay semble avoir participé à des activités maçonniques pendant son séjour au Canada. Longtemps après son retour d’Amérique, il écrira une lettre à la loge Albion de Québec, à titre de secrétaire de la loge Clémente Amitié de Paris, dans laquelle il affirme avoir assisté à quelques séances des loges de Montréal. Franc-maçon et journaliste, Leblanc de Marconnay s’intéressait aussi au théâtre. On lui doit un opéra-comique qu’il fit jouer à Paris en 1831, de même qu’un intermède en deux parties, exécuté en 1835 et 1836 au théâtre Royal de Montréal, et une comédie en un acte, Valentine, ou la Nina canadienne. » Il demeurait 82, rue de Cléry (mais 84, rue de Cléry Archives nationales F/1dIII/35 B) en 1830-1831. Souvenir glorieux du Parisien, précis historique des journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830, par P. G. Prosper L***, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, chez l’auteur, place Saint-André-des-Arts, n° 26 et chez les principaux libraires, p. 70-71, 109 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 334, liste des médaillés de Juillet du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ve arrondissement (sous le nom de Leblanc de Marconnay, Hyacinthe, Poirier) ; Archives de la préfecture de police AA 374 in dossier Bourla, Benoît, Alexandre ; Archives de la préfecture de police AA 399 in dossier Loyer, Eugène, Athénaïs.

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