Lebeau
Biographie
Le 21 septembre 1830, il adressa la lettre suivante au général Lafayette afin d’obtenir un emploi : « Officier dans le régiment d’Orléans, (depuis 16e régiment de dragons) en 1789, j’ai assisté et coopéré la prise de la Bastille. Par suite à la capitulation de Mayence, j’ai été envoyé dans la Vendée, où j’ai été blessé à l’attaque de Nantes, sous les ordres du général Canclaux et des divers généraux qui y ont commandé pour la république. Lors de la fédération du 10 août, j'ai été député de Nantes pour porter l’acte constitutionnel. Pendant la guerre de la Vendée, mon patriotisme a causé la mort de ma mère, assassinée par les brigands, et la ruine complète de ma fortune, alors assez considérable. Les blessures nombreuses dont mon corps est couvert m’ont forcé à donner ma démission et à me retirer du service sans aucune espèce de pension. En 1815, j’ai servi sous le général Clauzel à Bordeaux, pour des missions particulières dans le Midi. Aussi ai-je été, le 9 décembre 1815, renvoyé, comme constitutionnel, de la place d’inspecteur des convois funèbres que j’occupais à Bordeaux depuis 1809. Depuis cette époque, sans cesse repoussé à cause de mes opinions et de mon amour pour la liberté, j’ai vécu dans la misère et je me suis vu dans l’impossibilité de subvenir aux besoins d’une famille nombreuse. Enfin, aux cris de Vive la liberté ! j’ai concouru dans les journées mémorables de Juillet à opérer la grande révolution qui a placé Philippe Ier sur le trône de France. Pour prix de mon dévouement à la patrie, pour récompense de mes anciens et de mes nouveaux services, je demande aujourd’hui un emploi qui me donne du pain. Je m’adresse à vous, mon général, vous entendrez la voix d’un vieux soldat et vous me ferez obtenir du gouvernement une place qui assure mon existence et celle de ma famille, en proie à la misère. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il demeurait 19, rue de la Vieille-Boucherie en 1830. Archives de Paris, VD6 631 n° 1.