Lebeau, Joseph
Biographie
Né en 1815 dans la Meuse. Cordonnier. Il fut blessé d’un coup de baïonnette reçu dans la poitrine le 24 février dans les combats du Palais-Royal et cette nouvelle blessure fut l’occasion de rappeler qu’il l’avait déjà été à l’occasion des combats de 1830 (mais sans qu’on en trouve aucune trace dans les différentes archives). Le certificat médical, établi par le docteur Chereau père, décrivait la nouvelle blessure comme située « à la partie moyenne du muscle grand pectoral gauche, deux centimètres au-dessus du mamelon » et « étroite et profonde d’un centimètre environ ». Le même médecin prescrivit la pose de vingt sangsues aux environs de la plaie puis « des applications d’abord émollientes ensuite résolutives ». Une coupure de presse, dont ne nous est parvenue qu’une partie du titre esse, et comme date treizième année n° 4311, relatait à son sujet sur sa participation à la révolution de Février, à la rubrique Le peuple en action, les faits suivants : « M. Joseph Lebeau, rue Castellane, 12, blessé de juillet 1830, et de nouveau blessé en février 1848, a pris des mains d’un voleur une magnifique toile d’Horace Vernet, au Palais-Royal. Aux Tuileries, il a su préserver des valeurs considérables, et M. de Courtais l’a désigné, avec M. Her, de l’Ecole polytechnique, pour monter sur le caisson qui a transporté les objets précieux des Tuileries aux Finances. Malgré la gravité de sa blessure, il est retourné dimanche à la mairie du (ancien) Ier arrondissement, y déposer le tableau de Vernet. » Il joignait plusieurs certificats à la demande qu’il présenta d’attirer sur lui l’attention de la Commission des récompenses nationales. Le premier était ainsi rédigé : « Je, soussigné, capitaine en premier de la 2e compagnie du 1er bataillon de la Ire légion, commandant le détachement de service au ministère des Finances dans la journée du 25 février 1848, certifie que le citoyen Lebeau, Joseph, âgé de trente-six ans, cordonnier, demeurant rue Castellane, n° 12, combattait dans les journées de février. Blessé à la poitrine par un coup de baïonnette, ce dans cette même journée du 25 février, accompagna les diamants de la couronne et l’argenterie du château des Tuileries, était monté sur le fourgon pendant le trajet au Trésor public, de concert avec le citoyen Herr, Geogres (sic), élève de l’Ecole polytechnique ; qu’il a continué à faire bonne garde pendant la journée et la nuit ; que désigné en qualité de caporal par ses camarades, il a rempli ses fonctions dans les patrouilles intérieures et extérieures qui ont été faites ; que plein de zèle, d’intelligence et de résolution, son concours aura été très utile dans les circonstances difficiles dans lesquelles nous nous trouvions et qu’enfin il n’a quitté son poste le lendemain qu’à cause des vives douleurs que sa blessure lui faisait éprouver et pour se faire soigner. Je me fais un plaisir de rendre cette justice au citoyen Lebeau et je déclare qu’il a bien mérité de la patrie. » Signé Lebardoulat illisible. Le deuxième certificat était signé le 30 juillet 1848, par son lieutenant, Rambaud, qui attestait que pendant les journées de juin Lebeau avait été du côté de l’ordre : « Je, soussigné, certifie que le citoyen Lebeau, demeurant rue Castellanne, n° 12, sergent à la 7e compagnie du 2e bataillon de la Ire légion, a été sous les armes les 23, 24, 25, 26 et 27 juin dernier et qu’il n’a pas quitté la compagnie durant les cinq jours qu’elle est restée au parc de Monceau. Je dois déclarer en outre que le sergent Lebeau a toujours été un des premiers aux diverses prises d’armes qui ont précédé les événements de juin et qu’il a constamment fait son service d’une manière exemplaire. » Il joignait aussi à sa demande le certificat de restitution du tableau de Vernet. En 1848, Lebeau était marié, père d’une fille de neuf ans et avait sa mère, âgée de soixante-dix-sept ans à charge. Il reçut deux cent cinquante francs de la Commission des récompenses nationales. Il demeurait 12, rue Castellanne en 1848. Archives nationales F/1dIII/92.