Lebouteillier, Jacques, Pierre
Biographie
Né vers 1780 à Coutances (Manche), fils de Lebouteillier, Pierre, François, Michel et de Lecomte, Geneviève. Il demeurait dans une maison de la butte de l’Etoile, en face de l’arc de triomphe, et, le 29 juillet, pendant la retraite vers Saint-Cloud des 1er et 3e régiments de la garde royale, il fut pris à partie par les troupes qui s’enfuyaient. Le certificat suivant établit les circonstances dans lesquelles il fut blessé et devait mourir des suites de ses blessures le 17 décembre 1830. « Nous, soussignés, certifions et attestons que le 29 juillet 1830, journée mémorable, à la retraite des gardes royaux qui effectuaient leur retraite sur Saint-Cloud, le 1er régiment et le 3e de ladite garde campèrent sur la butte de l’Etoile, en face l’arc de triomphe, en face de la maison de la malheureuse veuve Lebouteillier. Un officier lui demanda un verre d’eau et après le lui avoir servi, ils sont entrés en grande confusion et ont rempli la maison, le jardin et la terrasse, en demandant à boire et à manger. De suite le défunt Lebouteillier et son épouse ont fait du mieux qu’il leur était possible pour les servir. Mais, malgré leur bonne intelligence, [les gardes royaux] voyant qu’ils ne pouvaient être servis assez vite ont commencé à se servir eux-mêmes et sont descendus à la cave chercher le vin en bouteille ainsi que la bière, qu’ils passaient à leurs camarades sur la pelouse. Dans cette malheureuse distribution, Lebouteillier, se trouvant dans l’escalier de ladite cave, fut précipité par eux en bas de cet escalier rapide et très profond, où il fut blessé dangereusement [aux] reins, puisqu’il est mort quelque temps après. Il était ancien officier de marine et, très dur au mal, n’a pas fait attention que cette chute lui causerait une mort prochaine. » Signé, le 15 avril 1831 : Mamony ; chevalier Dubuc ; veuve Ravel. Il mourut le 17 décembre suivant. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de l’arrondissement de Saint-Denis. Les causes de son décès furent sans doute contestées au sein de la Commission des récompenses nationales et les droits aux pensions, refusés. Il laissait une veuve, Guillemin, Marie, Madeleine, née le 8 décembre 1793 à Sainte-Croix-du-Mesnil (Orne) (elle-même fille de Guillemin, Pierre et de Lemoinne, Louise, Henriette), et cinq enfants tous nés à Paris, et dont l’aîné avait sept ans : Aglaé (Adélaïde sur les listes de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830), Marie, le 9 novembre 1823, Marie, Anastasie, le 21 septembre 1826, Ferdinand, Denis et Charles, Eugène, le 9 octobre 1827, Nathalie, Elisa le 31 décembre 1828. Le maire de Passy délivra, en date du 13 septembre 1831, un certificat d’indigence à la veuve. Les époux s’étaient mariés en 1824 à Survie (Orne). A titre de cas exceptionnel, la veuve et les cinq enfants reçurent (sous le nom de Lebouteillier), par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il demeurait 43, butte de l’Etoile, hors barrière en 1830 ; sa veuve et ses enfants, à la même adresse en 1831. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes de l’arrondissement de Saint-Denis auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 113 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/61 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIIIe arrondissement, arrondissement de Saint-Denis, cas exceptionnels de veuve et cas exceptionnels d’orphelins.