Lebras, Auguste

Biographie


Né vers 1810. Poète, il publia son premier recueil de vers à dix-sept ans, se battit sur les barricades de 1830 et, sous le titre de Trois journées du peuple, publia une pièce de vers relative à la révolution de Juillet. A la suite des troubles qui marquèrent la plantation d’un arbre de la liberté, le 14 juillet 1831, il fut avec Larive, Achille (voir Larive, François, Joseph, Achille, Mauduit) décoré de Juillet, V. Prêtot (voir Prêtot, Victor, Nicolas) médecin et décoré de Juillet, S. Duval (ou Duval, E. le lendemain) décoré de Juillet, Villain de Saint-Hilaire décoré de Juillet sous-intendant militaire adjoint et homme de lettres, Bocage (voir Bocage, Pierre, François) artiste de la porte Saint-Martin et décoré de Juillet, August. Boniface (voir Boniface, Augustin, Jules), décoré de Juillet et courtier de commerce, Lebras, Auguste (voir Lebras, Auguste ?), homme de lettres, Ternot, Lacroix décoré de Juillet, H. de Comberousse homme de lettres et membre de la Société des auteurs dramatiques, l’un des signataires de la pétition suivante adressée au National et parue le 15 juillet 1831 dans ses colonnes : « Les soussignés, qui n’ont fait partie d’aucun rassemblement et étaient entrés dans le café des Ambassadeurs, aux Champs Elysées, où ils étaient assis tranquillement et prenaient de la bière, pendant que la force publique dispersait une foule de citoyens qui avait traîné un arbre jusque sur la place de la Concorde, déclarent qu’investis dans ce café par une troupe furieuse, ils ont été victimes de la plus illégale arrestation, comme les autres personnes qui étaient entrées avant ou après eux. Ils signalent comme coupables d’avoir présidé à cette odieux abus de la force brutale M. le général Tourton et un adjoint du maire du (ancien) Ier arrondissement, qu’on leur a dit être M. Lafontaine 1, et comme ayant provoqué la violence inouïe de ces messieurs, le sieur Dagneau, garde national à cheval, traiteur, rue Saint-Germain-des-Prés, Au Petit Rocher de Cancale. Les soussignés publieront une relation détaillée de l’expédition de ces singuliers amis de l’ordre. Ils s’empressent de déclarer qu’ils n’ont eu qu’à se louer des procédés de M. Froidefond, chef de bataillon, et de l’impartialité de M. le commissaire de police, qui les a fait mettre tous en liberté aussitôt après l’interrogatoire, qui en effet ne pouvait que tourner à la confusion des auteurs ou complices de l’attentat qu’ils dénoncent provisoirement au tribunal de l’opinion publique. » Le lendemain, les mêmes, et auxquels s’ajoutait Serres, artiste à la porte Saint-Martin, firent parvenir la pétition suivante : « La scandaleuse et illégale arrestation opérée sur nous hier par une force désordonnée est un fait tellement grave qu’éclairés par les conseils de nos amis et de jurisconsultes distingués, nous nous sommes décidés, pour obtenir plus de publicité et une justice plus éclatante, à en faire l’objet d’une pétition à la Chambre des députés. Cette pétition sera remise à la députation de , qui en suivra la discussion. » D’origine bretonne, il publia aussi Les Armoricaines. Ami de Victor Escousse, il écrivit avec lui Raymond, qui, représenté pour la première fois le 23 janvier 1832, fut un échec complet et devait sans doute pousser les deux hommes à se suicider. Un soir, à l’aide d’un fourneau à bois, ils décidèrent de s’asphyxier. Une des amies de Victor Escousse, jeune actrice de dix-neuf ans, Eugénie Sauvage, et qui vivait sur le même palier que lui, en rentrant chez elle vers minuit entendit des râles. Elle courut chercher le père de Victor, lui dit son inquiétude, mais, en entendant les râles, celui-ci crut son fils avec une femme et refusa de s’inquiéter. Le lendemain matin, inquiet cependant le père retourna à la chambre de son fils et fit sauter la porte de ses gonds : Victor Escousse et Auguste Lebras étaient étendus, rigides, sur le lit, et se tenaient par la main. Vigny s’inspira sans doute de ce drame pour composer Chatterton. Le National, 15 juillet 1831 ; Le National, 16 juillet 1831 ; Gérard de Nerval et son temps, P. Gascar, Gallimard 1981 ; L’affaire Lacenaire, Demartini, Aubier, collection historique, Paris, 2001, p. 216.

1.

Le lendemain, le journal devait rectifier que le magistrat municipal qui avait opéré cette arrestation n’était pas Lafontaine mais Bégé, adjoint au maire du (ancien) IIe arrondissement, auquel était venu se joindre un autre adjoint Gabillot.

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