Leconte, Jean-François, Elisabeth

Biographie


Né le 2e jour complémentaire de l’an VI (18 septembre 1796 ; mais le 18 septembre 1798 dans son acte de mariage et in Archives nationales F/1dIII/36 et in Archives nationales F/1dIII/38 A) à Paris, fils de Leconte, Pierre, Jacques, François et de Porcher, Françoise, Constance. Journalier du port travaillant pour des marchands de bois Gallais, Girard, Brunot, Pascal, femme Louap Chaffort ou Thibault, gagnant cinq francs par jour. Il fut blessé par des coups de feu reçus, quatre à la jambe droite et deux à la cuisse gauche, le 29 juillet à la caserne de Babylone, rue Traverse. Il fut soigné à l’hospice Necker. Le 20 août 1830, cet hospice lui délivrait le certificat suivant : « Je, soussigné, chirurgien en chef de l’hospice Necker, certifie que le sieur Leconte, Jean-François, Elisabeth est à cet hospice depuis les événements de juillet pour plusieurs blessures qu’il a reçues à l’affaire de la caserne de Babylone. Quatre de ces blessures existent à la jambe droite et deux à la cuisse gauche. Elles ont pour la plupart traversé les membres de part en part ; néanmoins le malade est dans un état assez satisfaisant ; seulement le pied droit ne peut poser sur le sol que vers sa pointe, ce qui occasionne une claudication, constituant une espèce d’infirmité qui pourrait se prolonger peut-être fort longtemps et empêcher le malade de se livrer à ses occupations comme ouvrier sur les ports. » Il était en outre porteur du certificat suivant : « Je, soussigné, docteur médecin de la faculté de médecine de Paris, demeurant rue de Sèvres n° 133, quartier Saint-Thomas-d’Aquin, (ancien) Xe arrondissement, certifie que depuis le 3 du mois d’août j’ai donné mes soins à deux des enfants de Elisa, Eugénie Mathieu, femme de Jean-François, Elisabeth Leconte, blessé le 29 juillet à la prise de la caserne de Babylone de six balles, deux à la jambe gauche et quatre à la jambe droite, pour lesquelles il est entré à l’hospice Necker, où il est encore ; que la maladie des enfants n’a pas permis à la dame Leconte de travailler et que sa situation nécessite des secours. » Signé, le 7 septembre 1830 : Pioget, médecin, demeurant 133, rue de Sèvres. Le maire du (ancien) Xe arrondissement, sur l’attestation de Ferdinand, jardinier, demeurant 10, rue Neuve-Plumet et de Olivier, jardinier, demeurant 3, rue Plumet, lui délivra un certificat d’indigence, indigence résultant des blessures reçues le 29 juillet et de ses charges de famille. Il reçut (sous le nom de Lecomte, Jean-Fr., Elis. sur les listes du Constitutionnel) un secours de cinquante francs en septembre et un autre (sous le nom de Lecomte, Jean-François) de cent francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Le 9 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, comparurent : Moulin, Charles, vannier, demeurant 43, rue des Vieilles-Tuileries ; Olivier, Jean, Charles, jardinier, demeurant 3, rue Neuve-Plumet ; Baugat, Honoré, ouvrier ..., demeurant 12, avenue de Breteuil. Ils attestèrent parfaitement connaître Leconte, Jean-François, Elisabeth et savoir que « les blessures qu’il a reçues aux deux jambes et par suite desquelles il boite proviennent de coups de feu reçus le 29 à l’affaire de la caserne Babylone, rue Traverse ». Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. La nature de ses blessures était ainsi décrite par le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, en date du 19 mars 1831 : « A été atteint, dans les journées de Juillet, de blessures par arme à feu, l’une à la jambe du côté gauche, de la partie interne et inférieure vers l’externe, à travers les chairs seulement ; l’autre à la jambe du côté droit, de sa partie inférieure et externe vers l’interne toutes deux guéries avec quelques difficultés dans les mouvements des membres. » Il fut admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés et reçut une indemnité de six cents francs versés sur deux ans. Le 20 avril 1831, il comparut devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, avec d’autres témoins, pour déclarer « pour vérité et notoriété publique et sous la foi du serment qu’il est à leur connaissance personnelle que le sieur Benjamin Barraut (sic) […] a été blessé d’un coup de feu sur la place du Carrousel, en combattant avec les braves le jeudi 29 juillet 1830 et qu’il est mort par suite de cette blessure le 18 août suivant ». Il comparut, le 11 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, pour attester « que le sieur Valerienne Briant (sic), ciseleur, demeurant à Paris, rue Neuve-Plumet n° 4, après avoir été blessé le 28 juillet 1830 place de l’Hôtel-de-Ville, a reçu le lendemain cinq blessures graves à l’affaire de la caserne de Babylone et qu’il est mort par suite de ces blessures à l’hospice Necker le 15 août suivant ». Il apostilla la lettre de Beaugas, Honoré, que celui-ci fit parvenir au roi, le 23 juillet 1831, pour tenter de faire valoir ses droits à la décoration, pour laquelle ses droits avaient été négligés par la Commission des récompenses nationales. Son nom est, comme décoré de la Croix de Juillet, sur une liste de décorés sur laquelle devait être choisie une députation de vingt-quatre décorés de la Croix de Juillet et de vingt-quatre décorés de la médaille de Juillet pour assister, à la Bastille, aux cérémonies qui devaient marquer le premier anniversaire de la révolution de Juillet. Il y reçut sa croix le 27 juin et son brevet le 18 août 1831, sans qu’apparaisse la date de la prestation de serment, pourtant obligatoire (il apparaît par erreur dans le contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet auprès de la mairie du [ancien] Xe arrondissement in Archives de Paris Vbis7K4 4, mais son nom est rayé). Il témoigna des blessures reçues par Briant, Valérien, qui demeurait dans la même rue que lui et fut blessé mortellement à la prise de la caserne de Babylone. Il signa comme « blessé à Babylone », le 11 septembre 1830, le certificat suivant en faveur de Foursin, Louis, Auguste, Victor : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Foursin, Louis, enfant de troupe, âgé de dix-neuf ans, s’est distingué les 27, 28 et 29 juillet 1830, qu’il fut blessé le 29 à l’affaire de Babylone, étant près d’une pièce de canon, où il resta constamment, battant la charge d’une main, faisant signe de l’autre à ses camarades. Malgré un coup de feu, il ne cessa qu’à la suite d’une perte considérable de sang. » Il avait épousé, le 4 mai 1820 à Paris, Mathieu, Agrapine, Elisa, Eugénie, blanchisseuse, née le 9 germinal an VIII (30 mars 1800) à Cléry (Somme) ; sur l’acte de mariage, Leconte, Jean-François, Elisabeth est indiqué comme jardinier ; Mathieu, Agrapine, Elisa, Eugénie est indiquée comme fille de feu Mathieu, Jacques, Julien (décédé le 5 février 1819 à Brest, dans le Finistère) et de Label, Marie-Louise, sa veuve, et comme demeurant avec sa mère, 13, rue Saint-Maur. Il avait trois enfants, Antoine, Nicolas, Marie, né le 12 janvier 1825 à Paris, Joseph, Jean, né le 6 janvier 1826 à Paris, François, Auguste, né le 17 janvier 1828 à Paris. En juillet 1833, pour la revue que le roi devait faire de la garde nationale, à l’occasion de l’anniversaire de la révolution de Juillet il fit partie (sous le nom de Lecomte), pour le (ancien) Xe arrondissement des dix décorés de Juillet choisis par le maire de cet arrondissement parmi ceux qui ne faisaient pas partie de la garde nationale, pour assister à la cérémonie, sur une estrade réservée en face de celle du roi (voir la liste à Harpin, Jean-Baptiste) ; il reçut aussi, à titre de décoré de Juillet, une gratification de vingt-cinq francs à l’occasion de l’anniversaire de la révolution ; il était toujours ouvrier sur les ports sur les listes de la mairie. En juillet 1834, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut une gratification de quinze francs à titre de décoré non pensionné (il signe bien Leconte sur les listes d’émargement). Il reçut, en 1835, un secours de cinquante francs. En juillet 1835, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut une gratification de sept francs et cinquante centimes à titre de décoré non pensionné. En 1836, il sollicita d’être compris sur la liste des décorés de Juillet qui devaient recevoir un secours à l’occasion des fêtes anniversaires. En juillet 1836, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut une gratification de cinq francs, à titre de décoré non pensionné (il signe par contre Lecomte sur les listes d’émargement). En juillet 1837, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut une gratification de cinq francs et trente centimes, à titre de décoré non pensionné. En mars 1848, « simple journalier manquant de travail depuis six mois, chargé de famille et ayant son épouse malade depuis un ans », dans une position « des plus désastreuses », il sollicita un secours. Il reçut, le 8 août 1850, un secours de soixante francs, à titre de décoré de la Croix de Juillet, mais se plaignit de n’avoir reçu que quarante francs. La remise de la somme fit l’objet de la lettre suivante entre les différents services de l’administration : « Quand à la demande confidentielle que vous me faites, voici ce qu’il résulte des recherches que j’ai été obligé de faire. Nous avons eu en effet un Lecomte, Jean-François, Elisabeth et un Leconte, Pierre, Joseph, Philippe. Tous les deux signent ou du moins ont signé Leconte par un N, et, comme au moment de la délivrance des mandats je n’avais plus la décision ministérielle, celui des deux qui devait toucher quarante francs en aura eu soixante et se sera bien gardé d’en faire l’observation. Au reste, cette erreur était facile à commettre dans un moment où nous avions environ douze mille mandats extraordinaires à délivrer pour les blessés de Juin, de Paris et des départements, les services trimestriels de la Ville et du département, sans compter le courant. J’ai manqué en perdre la tête de fatigue et de travail. Mais le plus coupable c’est non pas le payeur de la Ville mais du Trésor, qui ne devait payer qu’après vérification de l’identité, chose d’autant plus facile que la décision était entre ses mains. Pour nous, de vous à moi, l’affaire est comme vous dites délicate. Il n’y aurait que sur une prochaine répartition que l’on pourrait peut-être rendre à César ce qui lui appartient […]. » Il reçut deux secours de soixante francs en 1851, un secours de soixante francs en 1852. Il demeurait rue Malard, chez ses parents, en 1820 ; 137, rue de Sèvres en 1825-1826 ; 34, rue de Sèvres, hors boulevard, en 1828 ; 10, rue Neuve-Plumet en 1830-1831 ; 6, rue d’Estrées en 1833 ; 161, rue de Sèvres en 1834-1837 ; 5, rue Neuve-Plumet en 1848 ; 47, rue de la Croix-Nivert en 1849-1851 ; 1, pourtour du Théâtre à Grenelle en 1852. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Archives de Paris Vbis7K4 1, Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, Xe arrondissement ; Archives de Paris Vbis7K4 3 contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet du Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 524 n° 3, année 1833, idem 1833, (ancien) Xe arrondissement municipal, état d’émargement de la somme de vingt-cinq francs accordée à des décorés du (ancien) Xe arrondissement de Paris à l’occasion des fêtes nationales de juillet 1833, idem année 1834, état de répartition entre MM. les décorés de Juillet du (ancien) Xe arrondissement non pensionnés, idem année 1835, état de répartition entre MM. les décorés de Juillet du (ancien) Xe arrondissement non pensionnés (il signe bien Leconte), idem année 1836 (il signe Lecomte), année 1836, état de répartition de la somme de trois cent dix-huit francs entre MM. les décorés de Juillet domiciliés sur le (ancien) Xe arrondissement, année 1837 ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 (liste des décorés du Xe arrondissement) ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 (liste des médaillés du [ancien] Xe arrondissement) ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, dossiers individuels, Etat des sommes payées aux blessés, veuves, ascendants et orphelins de juillet 1830, du 1er juin au 30 août 1831 ; Archives de Paris VK3 47 in dossier Lenaux ou Lenoux, Pierre (où son nom est sur une liste de blessés du (ancien) Xe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette commission du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/43 in dossier Barreau, Benjamin ; Archives nationales F/1dIII/43 in dossier Beaugas, Honoré ; Archives nationales F/1dIII/47 in dossier Briant, Valérien ; Archives nationales F/1dIII/55 in dossier Foursin, Louis, Auguste, Vittorio ; Archives nationales F/1dIII/62 ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet 1831-1835 ; Archives nationales F/9/1156 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 73, idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 27 février 1850, minutes 100-104, idem Proposition, en date du 18 juin 1850, d’accorder à 194 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant à la somme de 10.390 francs, minutes 110-116, idem 19 juin 1850, lettre en date du 22 octobre 1850, minutes 119-120, idem, Proposition, en date du 6 mai 1851, d’accorder à 153 décorés, médaillés, veuves, combattants et orphelins de Juillet 1830, des secours s’élevant à la somme de 8.025 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 181-184 (sous le nom de Lecomte, Jean-François, Elisabeth), idem Demandes de renseignements sur des décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, 14 décembre 1851, minutes 208-209 (sous le nom de Lecomte, Jean-François, Elisabeth), idem Proposition d’accorder à 91 décorés et veuves de blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 4.970 francs minutes 243-246, en date du 20 novembre 1852 (sous le nom de Lecomte, Jean-François). Voir sûrement Lecomte, Jean-François ?

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