Lefranc femme Fanfernot, Cécile, Julie

Biographie


Née le 4 septembre 1800 à Paris. Fabricante de tapis. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Elle reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement (sous le nom de Lefranc femme Fanfernot sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). A titre de récompense nationale, pour avoir « secouru les blessés avec beaucoup de zèle et de courage », un de ses enfants obtint une demi-bourse dans un collège. Sa médaille lui fut délivrée le 19 juillet, et son brevet le 12 septembre 1831. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, elle reçut, auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Une note du bureau de police, en date du 23 juillet 1831, donnait les « renseignements donnés confidentiellement » suivants la concernant : « La femme Fanfernon (sic), décorée de la médaille de Juillet sous le nom de Lefranc, désignée comme servant d’intermédiaire entre les conjurés, est chargée de transmettre la correspondance. Elle s’occupe en ce moment d’un écrit sur tout ce qui s’est passé depuis la Révolution de Juillet au Palais-Royal et à la police ; elle est en correspondance intime avec le sieur Jacquemin (voir Jacquemin, Antoine, Achille), commissaire de police au faubourg Saint-Antoine ; on a vu une de ses lettres dans laquelle la femme Fanfernon l’entretient de leur ancienne liaison et de l’ouvrage qu’elle se propose de publier. Les conjurés comptent beaucoup sur ce commissaire, contre lequel il ne faudrait cependant pas prendre encore de mesures ; cette correspondance devant nous être communiquée et présente, dit-on, beaucoup d’intérêt. » Nous empruntons au Dictionnaire du mouvement ouvrier de Maitron, la notice biographique la concernant et ainsi rédigée : « Ancienne catholique, elle fut décorée de Juillet pour les actes de courage et de patriotisme qu’elle accomplit lors des événements de juillet 1830. Le 22 novembre 1831, elle fut arrêtée pour avoir, par des cris séditieux, provoqué à la rébellion : prouvant qu’elle avait pris la défense d’un vieillard maltraité par des agents pour avoir tenu des propos peu flatteurs à l’égard du gouvernement, elle fut très vite acquittée. En 1831, lors d’une réunion de la famille saint-simonienne (rue Taitbout), Julie prit la parole : regrettant ses “gestes de violence” en juillet 1830, elle demanda à se consacrer dorénavant à une vie d’amour en se convertissant à la religion saint-simonienne. Cette républicaine ardente répondait ainsi à la demande expresse d’Enfantin et d’Olinde Rodrigues, de renoncer explicitement à ses convictions politiques pour prononcer sa profession de foi saint-simonienne devant le “degré des industriels” (ex-“degré des ouvriers”) en janvier 1832. Les mêmes insistèrent publiquement sur le caractère selon eux exemplaire de son histoire individuelle. Rejetée par ses parents toute jeune, elle fut capable, paraît-il, dès l’âge de quatorze ans, de faire vivre plusieurs familles du travail de ses mains. Elle raconta aux saint-simoniens comment, ses instruments de travail lui ayant été volés à son domicile pendant une maladie, elle dut travailler dans les champs pour récupérer son fils, qu’elle avait été contrainte de placer en nourrice à la campagne. “Julie, commenta Olinde Rodrigues, veut constater la puissance industrielle de la femme, de la femme livrée à ses propres ressources, et, par sa propre énergie, se développant au milieu de ce monde qui, avant sa naissance, lui avait fermé les portes.” Après les divisions de la famille saint-simonienne, Mme Fanfernot se tourna vers le fouriérisme. Elle participa à un essai de phalanstère dirigé par Alexandre Baudet-Dulary près de Rambouillet (Seine-et-Oise). Enfin, elle tenta avec le fouriériste Eugène Stourm de créer un journal de sciences sociales intitulé l’Etincelle. Mais son projet n’aboutit pas, faute de moyens. Le fils de Julie Fanfernot, Ernest, boursier du gouvernement en récompense de la bravoure de sa mère en juillet 1830, partagea à Bourges l’éducation de “l’élite de la classe des privilégiés” et devint auteur dramatique. Il envoya à Enfantin, en 1863, trois brochures qu’il avait publiées au sujet de la propriété littéraire, accompagnées d’une lettre d’envoi rappelant le souvenir de son enfance au contact des saint-simoniens. » L’ouvrage donne les sources intéressantes suivantes : Bibliothèque de l’Arsenal, fonds Enfantin, ms.7854/65 ; Le Globe, 11 janvier 1832 ; Le Féminisme dans le socialisme français de 1830 à 1870, Thibert, Marguerite, Paris, Giard, 1926. Elle demeurait 13, rue du Roule en 1830 ; à Anthony (Seine) en 1831 mais à Auteuil en 1831 sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/35 A. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives nationales F/1dIII/33 état des places et faveurs accordées par le gouvernement, à la suite de la révolution de Juillet et des événements qui s’y rattachent et en considération de la part qu’y ont prise les impétrants ou leurs familles (sous le nom de Fanfernot dit Fernot) ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1cI/33 pièce 657.

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