Lefrançois

Biographie


Officier de cavalerie à Saumur en 1831. Guinard (voir Guinard, Joseph, Auguste), lui avait adressé la lettre suivante, en date du 5 mars 1832 : « Mon cher monsieur Lefrançois, je m’empresse de vous envoyer la note que vous m’avez demandée. Dans les procès-verbaux du jury du (ancien) IIe arrondissement, chargé de désigner les citoyens dignes de la décoration ou de la médaille je trouve que dans une de ses réunions, en date du 4 janvier 1831, ce jury, présidé par M. Berger, maire de l’arrondissement et MM. Huet, Moutardier Eugène, Régent, Greverath, Carly, Martinon et Augé, vous a accordé la décoration spéciale. Sa décision, ainsi motivée Pour s’être acquitté avec un entier dévouement et un rare courage d’une mission importante dans les départements du Calvados et de la Manche a été transmise par moi à la Commission des récompenses qui, sur ma proposition, a confirmé cette décision prise par le jury du IIe arrondissement, et votre nom devait être compris dans les premières listes qui a été soumise à l’approbation du roi. Peu de temps après, sont arrivés les tracasseries ridicules des procès politiques, dans lequel j’ai figuré, et, pendant mon emprisonnement, la Commission, pensant que la loi du 13 décembre ne l’autorisait pas à récompenser les citoyens qui s’étaient signalés dans les départements, se contenta d’envoyer à M. le ministre de l’Intérieur un rapport motivé par votre affaire, dans lequel, après avoir relaté sa décision et celle prise par le jury du 2e arrondissement en votre faveur elle appelle l’attention particulière du ministre sur les services rendus par vous dans les départements du Calvados et de la Manche ce rapport doit se trouver dans les bureaux de M. Imbert ou de M. Haussmann ou plutôt il aura été renvoyé soit au préfet du Calvados soit à celui de la Manche. C’est donc à l’un de ces messieurs que vous devez vous adresser et je ne doute pas que, bien que toutes ces affaires soient un peu oubliées, vous ne parveniez à obtenir la justice qui vous est due. Vous leur rappellerez qu’on ne peut invoquer contre vous l’article d’une l’ordonnance qui porte qu’après le 31 décembre dernier aucune demande pour les récompenses nationales ne pourra plus être accepter puisque la Commission des récompenses avait, dès le mois de mai 1831, déposé en votre faveur une demande au ministre et que si la décoration ne vous a pas été accordée en même temps que le grade de sous-lieutenant c’est que la Commission a voulu se renfermer dans la stricte exécution de la loi sur les récompenses nationales qui réservait au gouvernement la faculté d’en appliquer toutes les dispositions en faveur des citoyens qui se sont distingués dans les départements par des actes de courage et de dévouement. Je souhaite bien que mon cher monsieur Lefrançois, que cette note vous soit utile et je vous prie de recevoir l’expression de ma bonne et sincère amitié. » Signé : Guinard. Le 9 mai 1831, depuis la ville de Saumur, il faisait parvenir la lettre suivante au maire du (ancien) IIe arrondissement, Berger : « J’ai reçu, monsieur, bienveillance et protection de votre part lorsque je me suis présenté au (ancien) IIe arrondissement pour faire valoir mes droits à la décoration spéciale, confiant dans le patriotisme et dans l’obligeance de M. Guinard pour présenter ma demande au jury. Je reçus avec reconnaissance la nouvelle de mon admission au nombre des sujets présentés au roi pour cette décoration et l’ordonnance confirmant ces présentations, c’est avec surprise et peine que je ne vois pas mon nom porté sur la liste. J’ai écrit à M. Guinard pour le prier de faire valoir mes droits pour une récompense accordée par une Commission sous votre présidence ; c’est avec une confiance égale que je m’adresse à M. Berger. Je n’insisterai pas sur les sommes d’argent que j’ai prodiguées pour remplir la mission délicate dont m’avait chargé le général Gerard, le 2 août, qui était, de porter des ordres dans les départements de la Manche et du Calvados. C’est au risque cent fois pour moi de succomber que les 29 et 38 juillet j’ai protesté, les armes à la main, et les citoyens se reposaient sur leurs lauriers, si chèrement achetés que par suite de ma mission en date du 2 août j’arborai quelques heures après le drapeau à Valognes et à Cherbourg. Ces ordres du général Gérard me furent donnés par le président de la commission, le général Fabvier et ce fut sur ma demande, appuyée de M. Laponneraye, député, que fut nommé un commissaire extraordinaire pour les départements. Ayant déposé aux archives militaires, ici, les recommandations que j’avais de MM. Dupont de l’Eure, Guizot et Broglie, ministres à l’époque, et celle du général Lafayette je prierai une personne à Paris de vous présenter la copie signée des sous-intendants militaires si vous jugez nécessaire. J’espère, monsieur, de votre juste équité, que vous voudrez bien présenter ma demande de nouveau. Je l’espère surtout depuis que votre caractère s’est fait connaître honorablement aux habitants d’une ville où j’ai eu mon domicile pendant quinze années. Recevez, etc. » Le 22 décembre 1831, le conseil municipal de la ville de Saint-Lô (Manche), réuni pour statuer sur les propositions de décorations de Juillet à attribuer en raison de la participation de certains à la révolution de Juillet, prenait sur son compte la décision suivante en réponse à la demande qu’il avait faite le 9 mai 1831 : « Le pétitionnaire expose qu’il a prodigué des sommes d’argent pour remplir la mission délicate dont l’avait chargé M. le général Gerard, le 2 août, qui était de porter des ordres dans les départements de la Manche et du Calvados ; que par suite de cette mission du 2 août, il arbora quelques heures après le drapeau à Valognes et à Cherbourg ; et que ce fut sur sa demande appuyée de M. de la Ponneraye, député, qu’un commissaire extraordinaire fut nommé pour ces départements. » Après avoir examiné la demande, considérant « que le pétitionnaire est inconnu à Cherbourg et à Valognes et que le fait allégué par lui relativement au département de la Manche manque d’exactitude » passa à l’ordre du jour, sans donner suite à la demande, comme à aucune des deux autres demandes. Archives nationales F/1dIII/80, Manche (il signe bien Lefrançois). Mettre à Lefrançois, Henry.

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