Lefrançois, Henry

Biographie


Né vers 1802. Il adressa cette première lettre à la Commission des récompenses nationales : « A Caen le 28 et 29 juillet, douze jeunes gens se dévouèrent à la cause sacrée de la liberté. Ils avaient connaissance des ordonnances du 26 et de la lutte terrible qui venait de s’engager à Paris. Armés, munis de cartouches et portant l’habit de garde national, ils déterminèrent, par cette démarche énergique, plusieurs citoyens à se diriger comme eux sur les postes occupés par la ligne, où on les vit bientôt se partager le service. M. Lefrançois, compris dans le nombre de ces douze jeunes gens, fut constamment l’un des plus dévoués. Le préfet et le général commandant dans la ville venaient d’abandonner leur poste. A Caen, le sang n’avait pas été répandu ; mais on massacrait les citoyens à Paris. M. Lefrançois, éloigné de cette ville qu’il habite depuis quinze ans, se rendit en poste pour voler à la défense de ses amis et se ranger au nombre des soldats citoyens de ces mémorables journées. En arrivant, il se rendit chez l’honorable député, M. de Laponneraye, qui l’accompagna au Carrousel près du général Gerard. M. de Trobriand fut nommé commissaire extraordinaire pour les départements du Calvados et de la Manche. M. Lefrançois prouva dans cette nouvelle occasion avec quel dévouement il voulait servir son pays : reparti de suite et remplissant près de ce général les fonctions d’aide de camp, il monta à cheval pour ne trouver de repos qu’après cinq jours et cinq nuits. Porteur d’ordres et de dépêches pour ces départements, il s’acquitta de cette mission délicate de telle sorte que le témoignage et l’estime de ses concitoyens prolongeront longtemps le souvenir de tout ce qui s’est passé et des dangers qu’il a courus. De Saint-Lô, le général Proteau, commandant la division, se disposait à se rendre à Caen, d’après les ordres qui lui étaient remis. La population, inquiète, s’opposa au départ de cet officier supérieur et ce ne fut que sur les représentations énergiques de M. Lefrançois, sur la déclaration qu’il prenait sur lui toute la responsabilité de cette mesure qu’il fut permis au général de partir. M. Lefrançois a fait arborer les couleurs nationales à Cherbourg et arboré lui-même à Valogne, au milieu d’une population indécise le premier drapeau, portant ces couleurs dans le trajet de trois cents lieues qu’il avait à parcourir il les lui a offertes pour la première fois à la vue de plusieurs milliers de personnes. Il s’adresse avec confiance à la Commission des récompenses nationales chargée de juger sur le mérite pour accorder la croix spéciale. Il espère que ces messieurs verront quelques garanties pour l’avenir en confiant à son honneur de porter une croix aux couleurs qu’il a su faire respecter dans le moment où il y avait du danger à s’en décorer. » Il adressa aussi la lettre suivante au baron Louis, ministre des Finances, afin de solliciter une place de sous-inspecteur dans les Eaux et Forêts : « Gérant une maison de commerce à Paris, je m’étais rendu à Caen, dans ma famille, lors des mémorables événements de juillet. Aux premières nouvelles, on me vit prendre les armes avec les citoyens les plus dévoués, pour conquérir la liberté et défendre nos lois. C’est alors que la population, livrée aux plus grandes inquiétudes, s’en remit à moi pour la représenter à Paris. Aidé du patriotisme à toute épreuve de notre honorable député, M. de Laponneraye, je fis connaître l’état des choses au gouvernement provisoire et partis de suite avec M. le colonel de Trobriand, commissaire extraordinaire et fis près de lui les fonctions d’aide de camp. Envoyé par cet officier supérieur près des généraux Proteau et Galdemave illisible pour faire arborer le drapeau tricolore à Cherbourg et Saint-Lô. C’est en offrant le premier nos couleurs nationales, dans les différentes villes de ces deux départements que j’ai rempli cette mission délicate avec tout le zèle, l’activité et toute l’énergie d’un patriote dévoué ! Un dévouement semblable m’a fait offrir à la patrie de consacrer mes jours pour sa défense. C’est sous la bienveillante protection de MM. Guizot, Dupont de l’Eure, Lafayette et Broglie que je m’étais adressé au ministre de la Guerre, pour lui demander de confirmer ma nomination au poste d’aide de camp. Mais la paix a succédé à la crise qui nous a rendu la liberté, nos frontières n’ont pas été menacées et l’avenir de la France est placé sous la sauvegarde des ministres qu’elle-même a choisis. C’est dans son sein que des citoyens attachés de cœur à nos institutions peuvent concourir à sa prospérité. Fort de mes intentions et du zèle patriotique dont je suis animé, je sollicite, Monsieur, de votre bienveillante justice, une place de sous-inspecteur des Eaux et Forêts. Si j’étais honoré de votre confiance et appelé à justifier de votre choix, ce serait par des services rendus au gouvernement que je voudrais prouver mon dévouement à mon pays. » Sa lettre était apostillée des signatures de six députés, qui le recommandaient au ministre des Finances, dont (pour les signatures lisibles) Laponneraye et Fleury le jeune. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIIe arrondissement. Sa lettre est apostillée de la mention suivante : « Lefrançois n’est qu’un blagueur. » Dans sa séance du 21 avril 1831, le comité des renseignements, chargé de recueillir des informations sur les différents candidats aux récompenses honorifiques et sur les contestations qu’il pouvait y avoir sur chacun des cas, affirmait au sujet de Lefrançois (mais le passage est rayé, soit que le cas fût réglé soit que l’information fût abandonnée) : « Appartient à la province ; renvoyé à son jury départemental. » Il fut nommé, par ordonnance en date du 21 février 1831, sous-lieutenant, sur la demande de la Commission des récompenses nationales, et affecté à l’Ecole de cavalerie de Saumur. Il reçut mille francs de supplément d’indemnité de première mise, par suite de la décision de M. de Montalivet, en date du 26 septembre 1831. Il avait reçu, auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, trois cents francs, comme indemnité de première mise d’équipements. Il demeurait 20, rue Coquenard (mais aussi 8, rue du Gros-Chenêt en 1830) en 1830. Journal militaire officiel, année 1831, premier semestre, Paris, chez Anselin, 1831, p. 235, ordonnance du 21 février 1831 ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Demandes de récompenses et de secours, et recommandations (1830-1831) ; Archives de Paris VK3 29 (sous le seul nom de Lefrançois) ; Archives nationales F/1dIII/33 sous-lieutenants (1831-1833), état nominatif des sous-lieutenants de Juillet envoyés, sur la demande de la Commission des récompenses nationales, à l’Ecole de Saumur, avec indication des destinations qu’ils ont reçues, des sommes qu’ils ont touchées à titre de supplément d’indemnité de première mise et de celles qu’il y aurait encore lieu de leur payer en exécution de la décision prise par M. de Montalivet, le 30 juillet 1832 et aussi état des sous-lieutenants nommés sur la présentation de la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement et dossier sous-lieutenants.

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